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Critique Ciné : Faute d’amour (2017)

Publié le 19 février 2018 par Delromainzika @cabreakingnews

Faute d’amour // De Andrey Zvyagintsev. Avec Maryana Spirak et Alexey Rozin.


Après le brillant Leviathan, Andrey Zvyagintsev nous plonge dans l’histoire d’un couple dont l’enfant disparaît. Tout cela permet d’apporter une vraie réflexion sur le couple et le fait que l’amour que l’on donne à ses enfants est toujours important. Faute d’amour nous offre une vision intéressante de la Russie d’aujourd’hui. Notamment sur le fait qu’il y a énormément de disparitions chaque année en Russie et l’implication de ces groupes de gens qui, face à l’ignorance de la police, décide de faire les recherches eux-mêmes. Une fois les vingt premières minutes du film passées, Faute d’amour peut enfin démarrer et c’est là que la recherche de Aliocha, ce garçon de 12 ans, devient le centre même du film et de l’histoire de ces parents qui ont un enfant à sauver. Je trouve assez étonnant ce film alors que je ne m’attendais pas du tout à un film aussi percutant. Gagnant du Prix du Jury lors du dernier Festival de Cannes 2017, il parvient à parler des problèmes de cette Russie poutinienne, dans une histoire encore plus sombre et noire que le sentiment de corruption qu’il avait déjà développé de façon brillante dans Leviathan. Ce cinéaste est brillante et surtout l’un des rares capable de réellement nous plonger corps et âme dans un univers aussi étonnant que celui-ci.

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

Faute d’amour ce n’est pas la Russie de Moscou, c’est la Russie rurale, celle du fond du pays alors que l’on suit sur la route ce couple, brisé, qui va se retrouver pour la cause de leur fils disparu. Afin de ne jamais gâcher quoi que ce soit, Faute d’amour décide alors d’être sobre comme il faut enfin de faire passer de belles émotions. Maryana Spirak et Alexey Rozin forment alors un duo étonnant et charismatique qui sait comment nous embarquer dans l’émotionnel de chacun de façon intelligente et efficace sans tomber dans les poncifs du genre. Le fait que Faute d’amour soit si sobre permet justement de nous plonger un peu plus dans ce monde. De plus, le réalisateur est un grand utilisateur de l’espace. Certaines scènes sont brillantes (notamment celle de la battue dans la seconde partie du film) avec une utilisation de l’espace que jamais, en plans larges puis en plans serrés. Faute d’amour est donc dans la lignée des films précédents du réalisateur, tendant vers le thriller psychologique sans vouloir pour autant tomber dans le psychologisme. C’est paradoxal mais fascinant et Faute d’amour est une belle preuve d’amour au cinéma.

Note : 10/10. En bref, brillant.

Date de sortie : 20 septembre 2017


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