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De rien, c'est-à-dire de tout, de Bertrand Baumann

Publié le 20 février 2018 par Francisrichard
De rien, c'est-à-dire de tout, de Bertrand Baumann

J'ai lu dans le dictionnaire: Notules: petites notes écrites en marge d'un texte. Les miennes sont des inscriptions en marge du texte de ma vie, qui me reste inconnu, comme il arrive à tout être humain.

De rien, c'est-à-dire de tout est composé de notules, le genre qui sied bien à Bertrand Baumann, puisqu'il s'agit d'une récidive. Enfin, si l'on peut dire, puisqu'il les a écrites en partie avant qu'Écrit dans le vent ne paraisse...

Ces notules, petite monnaie de sa vie et du temps, parlent de tout et de rien, le tout dans une vie étant fait de petits riens, dont on s'exagère l'importance... Alors l'auteur capture l'instant, comme il pourrait le faire en photographiant:

...saisir, pour lui-même, chaque instant qui file entre mes doigts. Si de cette collection d'instants naît un livre, à la bonne heure !

Bertrand Baumann lit d'abord ses notules dans sa tête avant de les mettre sur le papier et il perçoit les sons comme s'ils étaient prononcés à haute voix, même lors d'une lecture muette. Le résultat est là: elles sont lisibles à voix haute...

Il ne se prétend pas original, mais il l'est, comme tout être humain si on y réfléchit bien: C'est dans le choix et l'enchaînement des idées que l'individu se dévoile, dans le choix et l'enchaînement des mots que réside le style de chacun.

Non seulement il le dit, mais il le fait: Plus la syntaxe générale et les expressions connues sont respectés, et plus l'essence de celui qui parle ou qui écrit a des chances de se manifester. La sienne est de parler de sujets graves, avec une certaine légèreté:

Le sujet pèse, n'y ajoutons pas le poids des mots.

Sans doute est-ce pourquoi il ne s'appesantit pas plus que ça sur ses détestations et qu'il est beaucoup plus prolixe quand il fait part de ses engouements, qu'il s'agisse de Georg Christoph Lichtenberg, de Robert Walser ou de Gerhard Meier.

Et puis il parle d'amour: Sans amour pas d'occasion de se brûler les ailes. Mais pas d'ailes non plus. Et de la rencontre de Mathilda qui a tout changé: avec elle, il n'a jamais su si c'était de l'amour ou de l'amitié. Une amitié si forte, un amour si pur:

Qu'y a-t-il de plus fort que l'amitié? L'amour. Qu'y a-t-il de plus solide que l'amour? L'amitié.

Ce livre? Ce sont ses rêves, ses poèmes, ses citations, ses observations, ses chats, son amour de la vie parce qu'il est vivant, son amour de la vie pour la vie, même s'il n'y parvient pas toujours et qu'il aimerait y arriver plus souvent.

C'est aussi l'humour de celui qui redescend la pente de la vie:

Horizon 80, 90 ans? Je n'ai pas très envie d'explorer ces zones-là.

- Comme si on te demandait ton avis !

Francis Richard

De rien, c'est-à-dire de tout, de Bertrand Baumann, 240 pages, L'Aire

Livre précédent:

Écrit dans le vent (2013)


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