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L'art et le cerveau

Publié le 04 juillet 2008 par Boisset
Si, jusqu'à l'âge de 10 ans, tous les enfants sont d'ardents dessinateurs, passé cet âge la plupart d'entre eux abandonnent le dessin en se jugeant incapable dans cette discipline.

Les enfants peuvent passer des heures à dessiner, avec une concentration intense, sans se fatiguer. L'objet de leur dessin est la représentation du monde, à partir des données qu'ils perçoivent, mais contrairement à ce qui se passe plus tard, ils n'ont pas un soucis de réalisme, et ne s'inquiètent pas des détails. Ils élaborent des symboles, en quelques traits.

Et puis vers l'âge de dix ans un renversement se produit. Avec la maîtrise du langage, la mise en oeuvre par l'école des structures logiques et rationnelles .

La partie du cerveau mise en jeux lors des premiers dessins est naturellement celle qui est la plus adaptée à ce type travail à un moment où aucun des deux hémisphères n'est encore dominant, et il s'agit bien sur, en l'occurrence, de l'hémisphère droit. La mise en espace, la visualisation, la vision globale, le tracé des contours, l'absence de soucis du détail, la concentration silencieuse correspondent bien à ce que l'on sait de son mode d'expression.

Vers l'âge de 1O ans, en revanche, les structures dominantes de l'hémisphère gauche se mettent en place, notamment avec l'intensification du programme scolaire. L'approche de la réalité se fait alors quasi systématiquement selon le mode de cet hémisphère, c'est-à-dire par l'identification, de façon analytique et conceptuelle, rapide, logique et rationnelle.

On peut
soit parler, soit dessiner, mais on ne peut pas faire les deux en même temps.

Lorsque l'on cherche à dessiner un objet, la première chose que l'on fait, spontanément, c'est la nommer : "C'est une chaise".
A partir de là l'hémisphère gauche dit : " pour cet objet je possède en mémoire une représentation symbolique", il la propose et cette image vient masquer la vision directe de l'objet.
Cette représentation symbolique vient des dessins de la petite enfance de l'individu. Dès lors, bien qu'en présence de l'objet réel, le dessinateur aura tendance à reproduire le schéma symbolique proposé par le cerveau gauche, il sera déçu par son dessin, le jugera enfantin et risque de ce fait d'abandonner rapidement cette pratique.
Si au contraire on place comme modèle un dessin complexe à l'envers, comme "La mort de Sénèque" de Tiepolo, le cerveau gauche ne saura plus nommer, identifier, ce qu'il voit et va s'avouer vaincu par la difficulté.
L'hémisphère droit, qui aime la complexité, va pouvoir très patiemment s'atteler à la tâche en procédant par contours et proportions d'espaces vides et pleins sans se soucier du sens.

Ainsi, en amenant le cerveau gauche à capituler, en lui refusant l'identification verbale, le dessinateur peut "voir" selon le mode de l'hémisphère droit qui est direct, sans masque cognitif.

Toutefois le passage du mode "gauche" au mode "droit" est difficile au début car l'hémisphère gauche résiste terriblement à se déconnecter. Ce passage en mode "droit", outre la qualité même du dessin, engendre d'autres phénomènes comme la perte de la notion du temps, une concentration extrême et exclusive sans fatigue qui s'accompagne, au contraire d'un sentiment de détente et de bien être difficile à atteindre autrement.

Le livre de Betty Edwards (
"Dessiner avec votre cerveau droit") propose, à qui se donne la peine de faire les exercices qui y sont proposés, d'accéder concrètement à son mode de fonctionnement hémisphère droit.
A voir....

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