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Salons de massage, Internet… les nouveaux refuges du proxénétisme

Publié le 05 juillet 2008 par Ttiger

Les récents coups de filet des enquêteurs de la Brigade de répression du proxénétisme se sont révélés juteux. L’exploitant de trois bars à hôtesses du Paris mondain amassant nuit après nuit les liasses d’euros de ses clients fortunés ainsi que la gérante d’un salon de massage parisien à “finition sexuelle” ont dû se rendre à l’évidence. Surpris en flagrant délit d’abriter des activités de prostitution, le premier a été écroué, la seconde est mise en examen. Naturellement, les établissements ont fermé leurs portes.

Depuis que le racolage est devenu un délit passible de 3.750 euros d’amende ou deux mois de prison, le plus vieux métier du monde a changé de visage. Les prostituées donnent de moins en moins dans l’ostentatoire des bordures des bois et des contre-allées, préférant exercer leur commerce dans des appartements privés, salons de massage et bars de nuit. En poste depuis trois ans à la direction de la Brigade de répression du proxénétisme (BRP), Guy Parent veille à ne laisser aucun terrain inoccupé par ses enquêteurs. “Si l’on ne surveille pas les salons de massage, par exemple, la prostitution se développera dans ce secteur.”

Salons de massage

Le massage comportant une “finition sexuelle” est une spécialité asiatique. Il fait partie d’une culture qui n’y voit ni honte, ni interdit. D’ailleurs, les salons abritant de telles pratiques ne s’en cachent pas. C’est sur le plus naturel des tons qu’on nous répond, au téléphone, que le massage peut être suivi d’un petit “plus”. Le défilé des hommes qui en sortent, l’air radieux, est un indice sérieux de l’orientation coquine du salon. “Il suffit de compter les clients et de les interroger à la sortie, indique Guy Parent. Certains nous disent combien ils ont payé et à qui ils ont remis l’argent.” Près de 40 % du prix versé par le client est empoché par l’exploitant. “Pour nous, ces filles sont des victimes, elles se laissent imposer des conditions de rémunération indécentes”, déplore le chef de la BRP. Munis de renseignements solides, les enquêteurs passent ensuite à la phase offensive. Ils interviennent en “flagrance”, surprenant les clients en tenue d’Adam et les filles en dessous éloquents, ils découvrent préservatifs, revues porno, écrans vidéo… “La réputation de ces salons cause préjudice aux instituts sérieux”, souligne le policier. De leur côté, les magistrats se montrent sévères à l’égard de cette forme de proxénétisme en constante progression. “Les tribunaux prononcent des amendes et peines de prison mixtes (ferme et sursis). “Les dossiers sont signalés au fisc avant qu’il ne soit trop tard pour saisir les fonds”, indique Véronique Degermann, chef de la section Criminalité organisée du Parquet de Paris. En effet, aussitôt l’argent recueilli, il est renvoyé dans le pays d’origine de l’exploitant (la Chine dans la majorité des cas).

Bars à hôtesses

La prostitution des bars à hôtesses exécute une autre partition. Ici, rien n’est visible et encore moins avoué. L’objectif est de faire consommer le client qui désire avoir une relation sexuelle avec l’hôtesse. Celle-ci tire d’ailleurs l’essentiel de son “revenu” de cette incitation. L’homme “intéressé” par la fille doit atteindre un certain “score” : deux bouteilles de champagne à raison de 300 euros en moyenne la bouteille. L’hôtesse percevra environ 10 % sur le prix des consommations. “Des profits considérables sont dégagés sur le dos de ces jeunes femmes”, déplore Véronique Degermann. Des jeunes femmes dont la motivation essentielle est de gagner de l’argent… La relation sexuelle, payante, a lieu dans l’établissement ou à l’extérieur, dans un hôtel ou un appartement. L’hôtesse fixe le prix de sa “prestation” et garde l’intégralité des sommes.

C’est le groupe Cabaret de la BRP qui repère le manège sexuel, grâce aux rumeurs qui circulent au sein de l’établissement ou en observant les attitudes suspectes de clients et d’hôtesses. Le groupe d’enquête de la BRP prend le relais en investiguant et en procédant aux interpellations, le plus souvent en flagrant délit. “La loi nous oblige à une répétition, il faut au moins deux constatations d’activités pour que l’enquête soit validée, explique Guy Parent. Nous attendons que les clients sortent et les interrogeons. Nous effectuons aussi des perquisitions en pleine nuit.” Plusieurs clients et hôtesses ont ainsi été surpris durant leurs ébats sexuels au sein des trois célèbres bars parisiens.

Appartements privés

Les appartements privés sont aussi le refuge des prostituées de toutes nationalités (chinoises, africaines, brésiliennes, françaises) qui, pour arrondir leurs fins de mois, louent leur “garçonnière” à des collègues. Elles récupèrent ainsi une partie substantielle des gains de charme. Lorsqu’un studio de la rue Saint-Denis est loué 10.000 ou 15.000 euros par mois, les enquêteurs présument qu’il abrite une activité de proxénétisme. Ce “proxénétisme immobilier” est mis à jour grâce aux dénonciations de voisins ou via des informateurs. La prostituée qui agit de la sorte n’est plus une “victime”, elle tombe sous le coup des sanctions du proxénétisme.

Les réseaux internationaux

La priorité des policiers de la BRP est de démanteler les réseaux à connotation internationale (pays de l’Est, Afrique, Asie). Le 18e arrondissement, par exemple, est connu pour ses réseaux de proxénétisme africain, particulièrement surveillé par la police urbaine de proximité. Faute d’atteindre la tête du réseau, ce sont les intermédiaires qui accompagnent les jeunes femmes qui sont arrêtés et sévèrement condamnés. “Nous luttons contre ces structures qui asservissent les femmes physiquement et financièrement”, assure Guy Parent.

La chasse aux webmasters proxénètes

L’Internet est un moyen idéal pour recruter des prostituées, notamment étrangères. C’est la raison pour laquelle les services de la police judiciaire opèrent une surveillance permanente du réseau. L’éditeur d’un site Web, support d’une activité de prostitution, peut être poursuivi pour proxénétisme. L’an dernier, le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné à quatre mois de prison avec sursis un informaticien qui avait créé les sites de plusieurs prostituées. L’article 225-5 du Code pénal assimile à une activité de proxénétisme le fait “d’aider, d’assister ou de protéger la prostitution d’autrui de quelque manière que ce soit”. Si l’éditeur se trouve en Europe, il peut être poursuivi grâce au mandat d’arrêt européen conduisant à l’extradition du ressortissant en direction de la France. “Le webmaster risque 10 ans de prison, rappelle Guy Parent. On en arrête plusieurs dizaines par an.”

De nombreux sites de proxénètes se dissimulent sous des appellations anodines (rencontres, soirées…) rendant leur identification plus délicate. Dès lors qu’il propose des services à caractère sexuel moyennant rémunération, le site tombe sous le coup du racolage. “Le fait, par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d’autrui en vue de l’inciter à des relations sexuelles en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunération est puni de deux mois d’emprisonnement et de 3.750 euros d’amende “, dit l’article 225-10-1 du code pénal. Les tribunaux sont partagés. “Les magistrats qui condamnent ces sites entendent lutter contre la dérive de l’Internet trottoir virtuel”, explique Guy Parent.

Par Laurence Neuer


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LES COMMENTAIRES (1)

Par nana11
posté le 15 février à 14:34
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