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Critique Ciné : La Prière (2018)

Publié le 05 avril 2018 par Delromainzika @cabreakingnews

La Prière // De Cédric Kahn. Avec Anthony Bajon, Damien Chapelle et Alex Brendemühl.


Cédric Kahn, à qui l’on doit Vie Sauvage (2014), aime les récits de vie et après avoir raconté cette histoire vraie dans la nature, il en vient à nous parler de comment se reconstruire de façon bouleversante. Mettre en lumière la religion comme un prisme pour ces gens qui sont au fond du gouffre, je dois avouer que c’est sacrément intéressant et cela fonctionne bien mieux que je n’aurais probablement pu l’imaginer au départ. Mais le film a beau parler de foi et de religion, ce n’est qu’un prisme pour parler de fraternité et des liens que l’on peut créer avec les autres. La façon dont le récit se découle est particulièrement intéressant, rendant bien souvent cette histoire particulièrement déchirante. La Prière est alors un savant mélange de tout un tas de choses intéressantes, qui permettent de parler du mal qui peut nous ronger et de comment trouver une façon de le combattre. Ici, on rassemble donc des drogués, alcooliques, qui vont tenter de s’en sortir. Ce n’est pas facile mais ils tentent de s’en sortir et c’est pour cela que l’histoire est d’autant plus dure et bouleversante. Du coup, le film est une histoire d’hommes qui s’entraident afin de se relever d’une période difficile de leurs propres vies.

Thomas a 22 ans. Pour sortir de la dépendance, il rejoint une communauté isolée dans la montagne tenue par d’anciens drogués qui se soignent par la prière. Il va y découvrir l’amitié, la règle, le travail, l’amour et la foi…

La mise en scène de Cédric Kahn parvient à mettre en avant les moments les plus touchants du film de façon intelligente. En voilà un réalisateur atypique tout de même dans le cinéma français, qui ne se laisse pas berner par le monde qui nous entoure et tente alors de faire des choses intelligentes à sa façon. Il propose de se questionner sur notre propre existence et la façon dont nous vivons notre propre vie. Le réalisateur retrouve tout de même ses premiers amours, ce qu’il a pu faire aux débuts de sa filmographie. Côté casting, c’est le jeune Anthony Bajon qui ressort forcément de ce film. Il nous fait passer par différents stades et le scénario ne l’épargne jamais. Mais c’est son interprétation, sans fausses notes, qui rend le film si unique. Je ne serais pas surpris de le voir l’année prochaine nominé dans la catégorie des meilleurs espoirs masculins pour les César 2019. Il le mérite amplement, d’autant plus que le rôle était véritablement complexe et qu’il n’était pas donné à tout le monde de réussir à raconter cette histoire. Cette communauté, sans piège, peut donner envie de s’en sortir (peut-être pas en intégrant une communauté de ce genre qui reste légèrement extrême) mais le tout est sans piège et cela rend forcément le spectacle d’autant plus intéressant à mon goût.

Note : 9/10. En bref, un film bouleversant et magnifique.


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