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Le gouvernement annonce un plan ambitieux pour développer l'agriculture bio en France

Publié le 06 avril 2018 par Bioaddict @bioaddict
Le ministre de l'agriculture Stéphane Travert vient d'annoncer que le gouvernement va mobiliser 1,1 milliards d'euros dans les 5 prochaines années pour développer l'agriculture biologique en France dans le cadre du plan Ambition Bio 2022. Une augmentation de 62% du budget par rapport au précédent plan "pour répondre à la demande forte des consommateurs et aux attentes sociétales en matière d'environnement et de bien-être animal". Le gouvernement annonce un plan ambitieux pour développer l'agriculture bio en France ¤¤ Baromètre de la consommation bio en France Agence Bio / CSA Research janvier 2018
Avec 1,77 million d'hectares, la France possède la 3e surface bio dans l'Union européenne, derrière l'Espagne et l'Italie. Elle représente le 2e marché biologique, derrière l'Allemagne.

Le marché des produits alimentaires biologiques dépasse 8 milliards d'euros en 2017, en hausse de 16%. La consommation de produits biologiques alimentaires par les ménages est estimée à 7,85 milliards d'euros en 2017. Un dynamisme marqué pour le commerce de proximité (+23%) et le e-commerce des grandes enseignes (+33%).

(Source : Agence Bio)


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La part des terres cultivées en bio en France est pour l'instant d'environ 6%. L'objectif du gouvernement est de passer à 15% d'ici à la fin du quinquennat et de fournir 20 % de produits bio en restauration collective publique d'ici 2022.

Un investissement bienvenu et nécessaire alors même que près de 9 Français sur 10 consomment régulièrement des produits bio et que 85% des Français estiment important de développer l'agriculture biologique, selon la dernière étude de l'Agence Bio (Baromètre consommation Agence Bio / janvier 2018). Pour répondre à l'explosion de la demande, la France importe aujourd'hui près de 30% des produits bio qu'elle consomme. Pour ne pas augmenter les importations, il est nécessaire de mettre en place un vrai plan d'installation d'agriculteurs bio de proximité. "On estime qu'il faudra 60 000 agriculteurs bio supplémentaires en France dans les 6 à 7 ans pour satisfaire la demande" nous expliquait Claude Gruffat, Président du réseau Biocoop, lors d'une interview en février 2018.

"L'ambition du gouvernement est de développer une production et une transformation biologiques innovantes et performantes capables de répondre à la demande forte des consommateurs et aux attentes sociétales en matière d'environnement et de bien-être animal" a précisé le ministère de l'agriculture dans un communiqué.

"Les attentes en matière de productions biologiques sont fortes. Si la concertation sur le nouveau programme peut s'ouvrir aujourd'hui, c'est que le Gouvernement a sécurisé le budget qui va permettre d'accélérer les conversions agricoles. A présent, il importe que tous les acteurs unissent leurs forces pour atteindre l'objectif de 15% de SAU en production bio en 2022" a précisé Stephane Travert.

Cette enveloppe de 1,1 milliard de financements publics, exclusivement consacrés à la conversion en bio, comporte 3 leviers :

1/ Un renforcement des moyens consacrés aux aides à la conversion, avec 630 millions d'euros de fonds FEADER (aides européennes du second pilier) et près de 200 millions d'euros de crédits d'Etat, auxquels s'ajouteront les autres financements publics ;

2/ Un doublement du fonds de structuration " avenir bio " géré par l'Agence bio, porté progressivement de 4 à 8 millions d'euros par an ;

3/ Une prolongation du crédit d'impôt bio, revalorisé de 2 500 à 3 500 €, d'ores et déjà assurée sur la période de programmation budgétaire 2018-2020.

Il faut savoir que les aides à la conversion s'avèrent particulièrement cruciales, car le passage de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture bio s'accompagne souvent d'une chute importante pouvant aller jusqu'à 30 % des rendements. Une exploitation qui se convertit n'est considérée comme bio qu'au bout de deux à trois ans : dans l'intervalle, elle n'est pas éligible aux aides bio.

Si les chiffres sont à la hauteur des besoins et des ambitions, les modalités opérationnelles restent encore à éclaircir

"Cette annonce ne peut que satisfaire les producteurs et productrices bio" se réjouit la FNAB, la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique. "Ces chiffres sont à la hauteur des besoins et des ambitions, permettant de terminer correctement la programmation européenne et sécurise la programmation suivante en donnant aux agricultrices et agriculteurs de la visibilité."

La FNAB s'interroge cependant sur les modalités financières de ce soutien, notamment concernant les 630 millions d'euros annoncés sur le Feader "alors qu'il ne reste aujourd'hui que 40 millions d'euros disponibles pour l'agriculture biologique sur ce budget européen jusqu'en 2020".

" Ce montant de 630 millions d'euros correspond au montant du transfert effectué en juillet dernier entre le pilier 1 et le pilier 2 de la politique agricole commune. Nous voulons donc savoir si c'est bien cet argent qui sera attribué en totalité à la bio ou si l'Etat pense effectuer un second transfert pour financer ce soutien " s'interroge Stéphanie Pageot, Présidente de la FNAB.

Les paiements pour services environnementaux seraient les grands perdants de ce plan ?

"Les annonces du ministère de l'agriculture se concentrent sur le soutien à la conversion alors même que le Président de la République avait mis les paiements pour services environnementaux au centre de ses annonces sur l'agriculture (discours de Rungis du 11/10/17)" explique la FNAB. La suppression de l'aide au maintien annoncée en 2017 reste donc d'actualité. "2,5 milliards d'euros sont encore dépensés chaque année pour soutenir des pratiques agricoles qui font peser sur la collectivité leurs coûts sanitaire, économique et environnemental", précise la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique, évoquant l'impact de l'agriculture conventionnelle.

"Nous nous demandons comment le gouvernement pense viabiliser dans ces conditions un changement de modèle agricole. Nous espérons qu'il y répondra à travers son implication dans la redéfinition de la prochaine PAC" explique Stéphanie Pageot.

Stella Giani


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