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The Grand Budapest Hotel. La maison de poupée du cinéma

Par Balndorn

The Grand Budapest Hotel. La maison de poupée du cinéma
Tout est rose et mignon dans The Grand Budapest Hotel. Comme si Wes Anderson avait pénétré une maison de poupée. Et si l’on prenait la chose à l’envers ? Et si, à l’aune de The Grand Budapest Hotel, on considérait le cinéma de Wes Anderson comme une gigantesque maison de poupée ?
L’hôtel, décor de cinéma
L’histoire a des allures de conte. Gustave H (Ralph Fiennes), élégant maître d’hôtel à la tenue aristocratique, part en quête d’un tableau volé, aidé de son fidèle assistant, le garçon d’étage Zéro Moustafa (Tony Revolori). On croirait revoir un film d’aventures populaire. Précisément : re-voir. L’originalité de l’intrigue n’intéresse pas Wes Anderson ; lui s’intéresse à la création, à la mise en scènede la fable. Voilà pourquoi ce choix de l’esth-éthique « maison de poupée », associé au décor hôtelier. L’hôtel, au cinéma, abrite les fantasmes les plus bigarrés : rien de plus cinégénique pour Wes Anderson. En transformant les recoins de ces lieux clos en décor fabuleux, le cinéaste dessine un espace propre à la manipulation des personnages : la scène de théâtre.Comme au théâtre, ses personnages évoluent sur un plateau, et ont conscience de leur rôle haut en couleurs. Comme au théâtre, le décor change au gré des scènes. Mais à la différence du théâtre, c’est la caméra qui bouscule les décors. Les cadres loufoques de Wes Anderson et les mouvements faussement bonhommes de sa caméra font sa marque de fabrique. Au-delà d’une signature artistique, ils disent quelque chose de sa relation au cinéma : l’homme aime animer des pantins.
Des pantins aux humains
Replaçons The Grand Budapest Hotel dans la filmographie de Wes Anderson. En 2009 sort Fantastic Mr Fox. En 2018, L’Île aux chiens. Deux films d’animation en stop-motion encadrent donc The Grand Budapest Hotel. La poéthique de l’animation contamine en retour le film en prises de vue réelles, d’où son caractère burlesque.Anderson manipule les acteurs du Grand Budapest Hotel comme les créatures de Fantastic Mr Fox. Le cinéaste compose son film comme un marionnettiste composerait une pièce de Guignol : en enchaînant les saynètes. Chaque scène a une valeur autonome : le cadre, le rythme, la photographie, comme dans un film d’animation, expriment autant que le jeu d’acteurs et les dialogues. Comme si Anderson animait ses acteurs, les façonnait tel de la glaise, les pliait à ses désirs.Classique mise en abyme de la figure du réalisateur de droit divin. Mais avec tellement d’autodérision qu’elle en devient drôle.
The Grand Budapest Hotel. La maison de poupée du cinéma
The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson, 1h40
Maxime
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