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Je suis passé par le parc

Publié le 18 avril 2018 par Desfraises

J'ai terminé ma journée de réceptionniste d'hôtel — commencé dès potron-minet, fini en début d'après-midi. Pris le métro pour atterrir à Cinq Avenues en un saut de puce, glané six emplettes, chocolats, tulipes, Patti Smith et Anna Gavalda, traversé le parc du Palais Longchamp pour rentrer à mon maison-doux-maison.
C'est un itinéraire que j'apprécie particulièrement, pour peu que l'accès de service soit ouvert et me permette de couper « à travers champs ». L'accès fermé, il me faut alors longer les dernières grandes cages vides de l'ancien jardin zoologique, traverser le parking, croiser la route d'un rat insomniaque, faire le grand tour. Fort heureusement, quatre fois sur cinq, les grilles de l'accès de service m'offrent la voie royale, le raccourci.
Nous sommes mercredi, jour des enfants et jour de vacances, double peine pour les parents impatients.
Un garçonnet inspiré ramasse un bout de bois et se fait gourmander par une maman grincheuse qui glapit : « Lâche ça, lâche ça, lâche ça, lâche ça. » Une fillette signale à sa nounou que le rapace en fibre de verre rose bonbon est cassé. Dans l'immense cage abritant des répliques d'animaux, les débris jonchent le sol. Pour ma part, je vois l'oiseau mordre la poussière de guingois depuis belle lurette. Aucun employé des jardins de la ville n'a eu de sympathie pour le volatile déchu devenu déchet.
Je n'ai pas le temps de me poser dans l'herbe au soleil que deux fillettes s'approchent et me proposent de leur acheter des billets de tombola : « Le premier prix, c'est un gros gâteau.
— Un gros cadeau, la reprend sa camarade. Un hoverboard.
— C'est quoi un hoverboard ?,» dis-je.
Les deux gamines me miment l'engin. Plus par sympathie que convoitise, je leur achète deux tickets. Elles courent jusqu'à leur mère pour crier victoire; elles ont plumé de deux euros un nouveau pigeon.
Deux dames bras dessus bras dessous. La mère âgée clopine, la fille tient à la main une pelote de laine. Elles se chamaillent à propos de Facebook qui ceci qui cela.
L'âne apporte sa contribution, il hennit.
Une coccinelle mutante escalade le brin d'herbe, déploie ses élytres, part explorer le monde.

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