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Col d'Iraty

Publié le 23 avril 2018 par Alexcessif

     La descente du col d'Iraty, c'était bras tendus sur le guidon là bas très loin de mes petites mains avec les manettes de freins aux bouts des doigts. A plat ventre et assis derrière la selle réglée au point bas, le cuissard à deux centimètres de la roue arrière, je sentais les impacts des gravillons sur le Q à travers la peau de chamois. Le pneu pratiquement dans le sillon fessier noircissait de gomme et entamait le tissu.             Les lacets, où les motards s'empilaient à la queue leu leu derrière les bagnoles, s’enchaînaient à plein badin tandis qu'à la montée, une heure dans le passé, je mettais pieds à terre, trop juste en cuisses, en vigueur et mal secondé par mon 42x19 inapte à la montagne. Accroché à ce vélo devenu un projectile aux freins inefficaces et dans l'obligation de dépasser ce cortège figé, la voiture qui montait et celle qui descendait m'ont laissé une petite place entre leur rétros en serrant les épaules comme en sortant de ma mère 64 ans plus tôt. Les patins fondaient sur des jantes rougies et je me disais que j’aurais dû resserrer cette fourche qui reculait d'un centimètre vers le cadre sur le freinage pour passer de 90 Km/Heures à ... putain chuis trop vite pour ce gauche qui se referme.  Col d'Iraty       J'ai remis du gros (braquet : 50x11) dans la ligne droite de Saint Jean le Vieux où il n'y avait rien de beau à part moi et l'église et j'ai dû freiner sous le radar pédagogique qui m'annonçait un petit 55 chrono. Les cheveux, que je n'avais plus, dressés sur mon crâne sans casque, je suis parvenu vivant, en lambeaux et terrorisé à Donibane Garazi . 
Songeant que la pierre d'ici ne méritait pas que je mette entre elle et mon crâne vide un bout de plastique avec la prétention d'éviter la sanction d'un coup de boule je commandais une bière et un gâteau basque. Quelques caudalies parfumées à la cerise noire et au houblon plus tard, de nouveau chevauchant, j'avais les guibolles tremblantes dans le faux plat à 6% évitant l'herri barnea d'Iroulèguy. Un branleur de 15 ans en VTT et un cyclard fin comme une ablette m'ont humilié et laissé sur place collé au goudron bataillant avec mon dérailleur tout à gauche tortillant de la hanche en danseuse sur des pédales de plus en plus lourdes. 
      Restait plus qu'à rejoindre Banka via Saint Etienne de Baïgorry à allure modeste pour la dernière douche de mes 64 piges et 1 journée bien remplie.

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