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Mozart in the Jungle (Saison 4, 10 épisodes) : l'amour de l'art, l'amour d'être amoureux

Publié le 14 mai 2018 par Delromainzika @cabreakingnews


Alors que Amazon Studios a décidé d’annuler la série après 4 saisons, je dois avouer que j’avais un peu peur d’entrer là dedans. Mais depuis ses débuts, Mozart in the Jungle a su raconter ses histoires avec légèreté et de façon tellement optimiste. C’est un message qui colle parfaitement à ce que la série a toujours voulu faire et je suis content du résultat. Car parler de ce que demande l’art à un artiste est quelque chose de complexe mais Mozart in the Jungle a su faire de son mieux pour en parler calmement. Avec le début de cette saison 4, on laisse derrière la grève de l’orchestre ou encore le voyage italien. Tout cela est derrière nous et le but est maintenant d’aller de l’avant. Le Maestro et Hailey sont plus ou moins ensemble, et c’est sûrement pour cela qu’il y a aussi une ambiguïté : ils sont à des niveaux complètement différents de leurs carrières, ce qui ne permet pas de les mettre sur le même niveau. Les romances ce n’est pas le fort de Mozart in the Jungle ni même ce qui intéresse le plus les scénaristes ici. C’était un truc que la série gardait dans un coin de la tête vers la fin de la saison précédente. Du coup, le coup Rodrigo / Hailey était une sorte de mécanique scénaristique qui permettait d’utiliser les personnages dans des situations différentes des situations professionnelles et personnelles autour de l’art.

C’est aussi un truc qui a permis d’explorer d’autres terrains, notamment de remettre les pendules à l’heure autour de leur histoire et du parcours des deux personnages. Afin de casser un peu les intrigues de la saison précédente, cette année Mozart in the Jungle nous embarque dans de nouvelles aventures complètement différentes. Hailey a mis de côté son instrument afin de suivre une formation de chef d’orchestre avec Thomas Pembridge. Cela permet encore une fois de créer des conflits et de faire ressortir toutes les qualités de la série. Je ne saurais pas trop dire à quoi cette série me fait penser mais il y a un mélange de tellement de choses différentes : du Woody Allen, du Cédric Klapish, un savoureux mélange entre quelque chose de très européen et quelque chose de très américain. C’est peut-être aussi pour cela que Mozart in the Jungle est si indescriptible, car la série ne ressemble à aucune autre et porte des sujets qui ne sont pas ceux que l’on a pour habitude de voir non plus. C’est rafraîchissant tout de même et pile poil ce que j’ai envie de voir dans une telle série. Hailey est donc en pleine connexion avec la musicienne qui dort au fond d’elle et qui n’a pas abandonné dans le but de ressentir pleinement ce qu’elle fait.

Rodrigo de son côté a changé. Il a justement perdu un peu de cet amour au fond de lui pour la musique et accepte alors de jouer le Requiem de Mozart. Tout cela pour gagner de l’argent bien entendu. Mais cela va permettre aussi au héros de se remettre en cause et Gael Garcia Bernal est encore une fois au sommet de son art dans cette saison, permettant d’apporter de la nuance et des éléments différents à un personnage que la série a déjà bien exploité au fil des années. Mais tout cela est réjouissant malgré tout. Avec ces dix nouveaux épisodes, Mozart in the Jungle nous embarque dans de nouvelles aventures différentes des précédentes. Il y a même un petit passage par le Japon qui apporte le dépaysement annuel que cette série aime proposer à ses téléspectateurs. Tout cela permet aussi de créer une zone de confort en dix épisodes pour Hailey et Rodrigo, et ça fonctionne à merveille. Ce qui est dommage malgré tout c’est que l’orchestre soit aussi mal servi alors que la série préfère se concentrer sur des éléments qui ne sont pas toujours aussi percutant que ce qu’elle pourrait faire avec les autres personnages. Notamment quand Mozart in the Jungle tente de justifier la présence de certains personnages secondaires (comme Bob, Betty et Dee Dee) qui n’est pas suffisamment bien justifiée.

La saison 4 de Mozart in the Jungle a donc décidé de bousculer un peu les codes préétablis par les saisons précédentes mais elle garde au fond d’elle l’essence de ce qui la rend si unique et lui permet de rester aussi intacte. C’est réjouissant et je suis déçu que l’on n’ait pas le droit à une saison 5 car je pense que Mozart in the Jungle le méritait amplement.

Note : 6.5/10. En bref, une saison réussie malgré les changements.


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