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Une irrépressible envie de fiscal

Publié le 21 mai 2018 par H16

L’été approche et avec lui, cette période intéressante pendant laquelle, alors que les citoyens, les syndicalistes et les contribuables sont partis se dorer la pilule, le gouvernement va tenter de faire passer toutes les petites saloperies, les petits coups tordus, les petites lois assassines que les Français découvriront, effarés, à leur retour.

Alors que l’année passée, le gouvernement fraîchement nommé entendait toiletter vigoureusement le Code du travail (avec finalement un résultat pour le moins pastel) et l’année encore précédente, on sentait surtout un gros désir de sociétal, les options promettent d’être un peu plus étroites cette année.

Il faut dire que, malgré la flamboyante reprise (mais si) et la baisse palpable et durable du chômage (mais si), l’argent ne rentre pas aussi bien et autant que prévu dans les caisses de l’État qui, ne l’oubliez pas, a un très gros appétit.

Ici, point n’est besoin de s’étendre sur les petits dérapages budgétaires des uns ou des autres et soyons magnanimes : il est par exemple difficile pour nos députés d’être à la fois hyper-pointus dans leurs textes de lois, généralement si bien ficelés, et au top sur la gestion des finances de leur Assemblée. Compte tenu du rythme de galérien auquel ils sont astreints pour réformer la France « dans des proportions jamais vues » (puisqu’ils vous le disent), il était inévitable que le budget de fonctionnement de l’Assemblée dérape de 20 millions d’euros (une broutille), qui seront épongés en tapant dans la « réserve » (qui restent, quoi qu’on puisse dire, les poches du contribuables puisque c’est de là que l’argent provient toujours).

Et si l’on ne se penche donc pas trop sur les petites sorties de routes ici ou là, il reste néanmoins quelques soucis de trésorerie plus généraux à régler.

Une irrépressible envie de fiscalEh oui : malgré toute cette flamboyance en pack de douze et ce spectaculaire en shrink-wrap, il faudra bien continuer à ne pas entretenir les routes départementales trouées, y disposer de jolis panneaux « 80 » tout neufs acoquinés à de tout nouveaux radars mobiles, à ne pas renouveler les matériels antédiluviens de l’armée, à distribuer des prébendes et de l’argent frais aux myriades d’associations sans but qui tètent vigoureusement aux généreuses mamelles républicaines, à produire de la culture française comme on débite de la saucisse industrielle et à éponger les dettes de toutes ces entreprises publiques, para-publiques, EPIC et colégram autres dont le service au public se résume essentiellement à une longue suite d’emmerdes gluantes.

Or, tout ça voyez-vous, ça coûte un fric fou !

Une irrépressible envie de fiscal

Et dernièrement, il a circulé plusieurs informations cocasses qui pourraient introduire une insolente dose d’optimisme chez les Français. Il importe donc de remettre un peu les pendules à l’heure.

D’une part, le prélèvement à la source est toujours d’actualité.

Non, l’idée complètement idiote de Hollande et sa brochette de clowns à roulettes n’a pas été abandonnée et, pire encore alors que Macron avait toute latitude pour envoyer tout ce projet stupide aux oubliettes, le gouvernement actuel a continué sur la même lancée.

Certes, l’aspect désopilant des explications et des tentatives de camouflage qui entourent le projet n’échappera à personne. D’un tweet à l’autre, le comique de répétition s’installe même avec réjouissance.

« L’objectif du prélèvement à la source c’est que le travail paye : désormais un euro gagné est un euro gagné et on n’aura plus besoin d’épargner pour payer ses impôts » #E1Soir @Europe1 pic.twitter.com/uzdEbrcKEE

— Amélie de Montchalin (@AdeMontchalin) May 15, 2018

Cependant, les dégâts que causeront immanquablement les dizaines de milliers de ratés et les erreurs sur les centaines de milliers de cas particuliers ingérables ne pourront probablement pas être versés au crédit du gouvernement ou de son budget. On peut d’ores et déjà s’attendre à de nouveaux moments de panique budgétaire dans les mois qui suivront la mise en place de l’usine à gaz.

D’autre part, si certains naïfs croyaient bêtement que la taxe d’habitation allait disparaître, ils en seront pour leurs frais.

Je l’avais largement expliqué dans un précédent billet et comme prévu, alors que cet impôt s’éteint doucement, une surtaxe s’éveille. De surcroît, foin de s’éteindre, il est déjà question de remettre en cause la fameuse (fumeuse ?) disparition : c’est bien joli de supprimer cette taxe d’habitation, mais ce serait sans compter sur Super-Bruno, le héros de la Justice Sociale en lycra moulant qui se chargera de rappeler que pour ceux qui ont aussi une habitation secondaire, ce serait vraiment trop injuste qu’ils en soient subitement exonérés : ♩ l’égalité en droit pour tous ♫, sauf les riches ♬, faut pas déconner ♪.

La suppression oui, mais pour tout le monde, non.

Il faut dire que cette suppression pourrait entraîner un manque-à-gagner™ de plus de 24 milliards d’euros. Et par les temps qui courent, avec 24 milliards d’euros, on peut en financer, des radars routiers pour ralentir les voitures, des avions qui ne volent pas et des trains qui ne roulent plus !

Une irrépressible envie de fiscal

Malheureusement, même avec ces petits milliards ici ou là, ces petits arrangements ne suffiront pas pour aider à conserver le train de vie de l’État : miracle des miracles, les dirigeants commencent à comprendre que l’augmentation d’impôts tous azimuts ne peut plus être une réponse à tous leurs désirs humides de projets pharaoniques, de réformes minimales sur fond de communication luxueuse et de conservation des prébendes et autres fromages gras de la République.

Oui, vous l’avez compris : à côté du volet « recette » qu’ils s’emploient pourtant à conserver obèse, ils s’attaquent miraculeusement au volet « dépense ».

C’est d’ailleurs saisie d’un effroi d’ampleur biblique que la presse subventionnée nous relate cette nouveauté et commence l’exténuante description de ce qui pourrait advenir si jamais cette pente infâme était poursuivie : « le musée des horreurs » (ces mesures que personne ne veut prendre – sans blague !) vient de rouvrir et ce seraient certaines prestations sociales qui en feraient les frais…

Eh oui : il semble qu’après 50 années d’ouverture des vannes à argent public, après un demi-siècle de distributions tous azimuts, après des décennies à acheter une paix sociale en donnant à Paul l’argent pris de force à Pierre puis à ponctionner Paul pour en redonner une petite part à Pierre pour mieux le taxer ensuite, après des années à éparpiller de la richesse produite aux quatre vents des lubies sociales, politiques et économiques à la mode du moment, il soit arrivé ce moment tant redouté où l’argent gratuit des autres devient si difficile à trouver qu’il faille enfin réduire la voilure, fermer quelques robinets, assécher quelques sprinklers et couper quelques petits tuyaux d’arrosage.

Ouf. Il était temps, pourrait-on croire.

Hélas.

Parallèlement, tout indique que l’esprit français, énarque même, de nos politiciens n’a, malheureusement, pas bougé d’un iota.

À la complète incertitude fiscale qui se dessine encore une fois, tant au niveau des entreprises qui vont devoir composer avec le prélèvement à la source et les nouvelles lignes (et les polices de caractère plus épaisses) sur les feuilles de paie, qu’au niveau des particuliers qui ne sauront pas avant un moment s’ils vont devoir payer ou non cette taxe d’habitation qui a disparu mais oui mais non mais peut-être, il faut ajouter cette compulsion invraisemblable de nos dirigeants à vouloir absolument régenter, réguler et foutre les doigts de l’État partout où ils le peuvent et où il n’a rien à faire :

Dans le code civil, nous allons introduire noir sur blanc la considération des enjeux sociétaux et environnementaux dans la définition de l’entreprise. #CongrèsCJD

— Edouard Philippe (@EPhilippePM) May 18, 2018

Oui : pendant que les entreprises et les particuliers vont se débattre dans un océan d’emmerdes administratives supplémentaires, le gouvernement par la voix de son Premier ministre semble fermement décidé à en ajouter une couche.

Ce pays est foutu.

Mais ce qui ruinera définitivement le pays n’est pas, comme on pourrait le penser, ses syndicats fossiles, son administration pléthorique ou la mentalité de rond-de-cuir gauchiste qui a maintenant diffusé partout dans la société française, non. Ce qui ruinera définitivement le pays, ce seront ses politiciens qui, n’arrêtant pas d’ajouter du malheur au malheur, des lois aux lois et de changer de pied pour danser, finiront par rendre toute initiative impossible.

Immobile, le pays pétrifié sera enfin pacifié de l’intérieur.

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