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13 Reasons Why (Saison 2, 13 épisodes) : la difficulté de justifier une suite

Publié le 21 mai 2018 par Delromainzika @cabreakingnews


La première saison de 13 Reasons Why n’était pas exceptionnelle mais elle avait le mérite de parler de sujets complexe sur l’adolescence. Disons que même si c’était écrit avec de grosses ficelles et que le message n’était pas toujours digeste, elle avait le mérite de véhiculer aux ados un message intéressant : le harcèlement au lycée, la drogue, l’alcool, et j’en passe. La première saison de la série était adaptée d’un roman, sauf que cette seconde saison est en roue libre puisque nous visons une histoire originale centrée sur le procès engagé à la fin de la saison précédente. On ne peut pas dire que cela soit la structure de saison la plus passionnante. Surtout quand on voit le résultat… L’idée de baser cette saison 2 sur le procès n’est pas forcément mauvaise mais l’on a rapidement l’impression que la série n’a plus rien à raconter sur la vie des personnages en parallèle. L’an dernier, les petites cassettes étaient intéressantes et maintenaient un certain rythme dans la série. Désormais les choses sont légèrement différentes car le rythme est lui aussi très différent. Ce qui faisait donc l’intérêt de la première saison c’était de savoir quelles étaient les mystérieuses raisons du suicide d’Hannah Baker (incarnée par Katherine Langford).

Ce n’était pas spécialement la capacité de la série de capturer avec nuance la vie de nos jours dans un lycée entre sexe, relations, médias sociaux, etc. Tout cela était très nébuleux et pas toujours écrit de façon soignée. La série aimait les gros sabots et avait alors décidé de raconter des histoires de ce genre là sûrement pour se faire mousser par les associations (et créer sa propre association, 13reasonswhy.info). Mais tout cela c’est un peu du flan qui n’apporte rien de neuf sur l’histoire de 13 Reasons Why et surtout qui ne permet pas spécialement de nous amuser autant que le reste. La saison 2 semble avoir du mal à comprendre où est-ce que sont les vraies forces de 13 Reasons Why. Du coup, la série décide d’accentuer les drames, les intrigues, la violence, au point de ressembler à une version légèrement ridiculisée de Riverdale. Mais cela ne serrait probablement pas un problème si la série ne cherchait pas constamment à rester aussi terre à terre. Certes, elle veut parler de sujets complexes, mais elle ne sait pas du tout comment s’y prendre donc le résultat est forcément décevant. On ne parle pas de suicide ou d’agressions sexuelles avec des mots aussi mal choisis que dans cette série.

Mais au fur et à mesure, 13 Reasons Why adore s’enfoncer et les épisodes deviennent alors rapidement ennuyeux. Il est vraiment difficile d’aller au bout de la saison sans jamais s’ennuyer. Plutôt que des cassettes, cette seconde saison est articulée autour d’un procès. Cinq mois après la mort d’Hannah, sa mère Olivia décide de poursuivre le lycée Liberty High pour avoir laissé faire le harcèlement qui a conduit au suicide de sa propre fille. Chaque épisode se construit alors autour du témoignage de l’un des élèves impliqué dans la première saison. La série veut alors s’assurer que les personnages soient toujours aussi hantés par la vie et la mort d’Hannah mais le résultat n’est pas aussi fluide que celui de la première saison. C’est notamment vrai pour Clay Jensen qui a régulièrement des conversations avec une version fantomatique d’Hannah. Pour une série aussi ancrée dans le vrai, terre à terre, je dirais que cette partie est l’une des plus ridicules. 13 Reasons Why n’a pas besoin d’Hannah ou de faire vivre son personnage au travers d’un fantôme. Le procès suffit à en rajouter plus qu’une couche sur l’histoire d’Hannah alors que 13 Reasons Why aurait sûrement été intéressante en se concentrant sur le présent, pas le passé.

Certaines scènes de la première saison sont alors jouées de façon complètement différente cette année et se souvenir de la première saison n ‘est pas toujours ce qu’il y a de plus facile. Notamment le baiser entre Courtney et Hannah dans la chambre de cette dernière. Si l’on se souvient de la première saison, cette seconde (dans l’épisode 2.04) donne un point de vue complètement différent avec le témoignage de Courtney lors du procès. Tout cela rend alors forcément le récit particulièrement confus et l’on s’égare en cours de route, quitte à nous donner envie d’abandonner à plusieurs reprises. Les flash-backs sont ce que la série sait faire de mieux ici, alors que le procès n’est pas la partie la plus maîtrisée. Disons que je pense que les scénaristes de 13 Reasons Why ne sont jamais aller voir un vrai procès. C’est plein de séquences ridicules où les avocats déblatères des choses et d’autres qui n’ont pas toujours du sens et où l’ensemble devient incohérent sur le plan judiciaire. Mais ce n’est qu’une excuse pour raconter plus de choses en flash-backs diront les scénaristes pour se justifier de leurs inepties judiciaires.

Mais tous les épisodes ne sont pas intéressants et certains sont terriblement longs. Il faut bien avouer que des épisodes de 50 minutes c’est probablement trop car la série part vraiment dans des longues séquences qui n’ont pas toujours d’intérêt et/ou de sens. La série veut en plus de ça parler de toutes les pires choses qui peuvent arriver aux adolescents comme si elle avait une To Do List : l’utilisation de stéroïdes, être sans domicile, l’addiction aux opiacés, la détention juvénile, la maladie mentale, les problèmes de comportement et de colère, etc. La série ajoute donc des trucs en plus de ce que la première saison avait déjà réussi à discuter au fil des épisodes. Mais même si parler de la culture du viol et d’agressions sexuelles est un projet ambitieux qui peut fonctionner, je dirais que 13 Reasons Why ne sait pas du tout comment s’y prendre et le résultat est alors sacrement décevant. Finalement, la saison 2 est donc terriblement décevante et j’ai plus passé mon temps à bailler devant qu’à réellement m’accrocher. Surtout que les personnages, déjà têtes à claques l’an dernier, le sont ici d’autant plus. Dommage.

Note : 3/10. En bref, une saison décevante qui ne sait pas trop où est-ce qu’elle veut aller et appuie malheureusement sur tous les poncifs du genre, notamment en caricaturant un peu plus ses personnages.


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