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Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 279

Publié le 24 juin 2018 par Antropologia

Traces

La literacy anglaise étudie la capacité à lire. Elle est mise à l’épreuve, à la campagne, sur un terrain connu qui présente chaque matin une page nouvelle à déchiffrer. Pour la lire il faut évidemment certaines compétences dont chacun dispose à des degrés divers. Les pieds fins des chevreuils qui parcourent tout l’espace plusieurs fois par jour ne donnent guère d’indications. Plus affirmées en raison de leur poids et surtout plus aléatoires, celles des sangliers qui suivent les chemins parcourus par tous les animaux, des lièvres aux cerfs, mais eux, ils bodiguent, c’est-à-dire que leurs groins creusent le sol à la recherche de vieux glands ou châtaignes, de vers dans les endroits humides ou de larves dans les souches.

Pourtant, ce matin, un animal de belle taille avait laissé un cône de sable et de feuilles. Les marques de ses griffes convergeaient vers son sommet. Comme il m’a été dit que le blaireau recouvrait ses crottes comme le chat, je pense qu’il a laissé la marque de son passage. Mais il faut que je demande à quelqu’un de plus compétent que moi. Je ne suis pas illettré mais le savoir est relatif tout comme la capacité à lire.

Bernard Traimond


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