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Plus de 90% des Antillais contaminés par un pesticide dangereux, le chlordécone

Publié le 25 juin 2018 par Bioaddict @bioaddict
Les Antilles sont empoisonnées : le chlordécone, un insecticide dangereux utilisé massivement dans les bananeraies jusqu'en 1993, s'est répandu partout. Les sols, les cultures agricoles, le bétail, les rivières, la mer ainsi que les poissons et les coquillages en contiennent. Une étude montre que 92% des Martiniquais et 95% des Guadeloupéens sont contaminés par le chlordécone 25 ans après son interdiction. Le nombre de cancers explosent dans les îles. Plus de 90% des Antillais contaminés par un pesticide dangereux, le chlordécone ¤¤ Les Antilles sont empoisonnées : le chlordécone, un insecticide dangereux utilisé massivement dans les bananeraies jusqu'en 1993, s'est répandu partout. Une étude montre que 92% des Martiniquais et 95% des Guadeloupéens sont contaminés par le chlordécone 25 ans après son interdiction. Le nombre de cancers explosent dans les îles. Plus de 90% des Antillais contaminés par un pesticide dangereux, le chlordécone Pesticides : les dangers pour la santé et l'environnement OK
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Aux Etats-Unis, le chlordécone a été interdit en 1977. Il a été classé " cancérigène possible " par l'Organisation mondiale de la santé en 1979. La dangerosité de ce pesticide, mis au point dans les années 50, est donc connue depuis longtemps. Pourquoi la France ne l'a-t-elle interdit qu'en 1990, laissant encore la possibilité de l'utiliser jusqu'en 1993 ? Pourquoi avoir autant tardé ? Parce que les planteurs de bananes avaient convaincu le gouvernement qu'il n'existait pas d'alternative. Exactement ce qui se passe en France aujourd'hui avec l'herbicide glyphosate. C'était faux : le chlordécone a pu être remplacé par de très efficaces pièges à insectes notamment.

Même les enfants sont contaminés

Une étude de Santé publique France vient de révéler que 92% des Martiniquais et 95% des Guadeloupéens sont contaminés par le chlordécone. La contamination du sang est en moyenne de 0,13 microgrammes/litre en Guadeloupe et de 0,14 microgrammes/litre en Martinique. Les teneurs maximales dans les deux îles atteignent quand même respectivement 18,53 et 15,41 microgrammes/litre.

La population dans son ensemble est contaminée y compris les enfants, en raison de la forte imprégnation de l'environnement et de la nourriture. Légumes, viande, poissons, coquillages et même l'eau des rivières et l'eau de mer près des côtes, sont contaminés.  L'Agence de sécurité sanitaire française (Anses) recommande de ne pas consommer la nourriture locale, une recommandation quasi impossible à suivre pour la population.

Perturbateur hormonal et cancérogène

Le chlordécone est un perturbateur hormonal qui agit à très faible dose. Il peut provoquer des problèmes neurologiques, abaisser la fertilité, perturber le développement des foetus et augmenter le risque de naissances prématurées. Il est suspecté de générer de nombreux cancers de la prostate dans les îles. La Martinique détient le triste record de ce type de cancers avec, chaque année, 227,2 cas pour 100 000 hommes. En 2000, l'Institut national du cancer (Inca), alors présidé par l'actuelle ministre de la santé Agnès Buzyn, avait lancé une étude sur le sujet mais l'avait interrompue, décidant de ne pas y consacrer les moyens nécessaires, malgré la gravité de la situation.

Dans les îles, la colère de la population enfle contre la situation actuelle et l'irresponsabilité de l'Etat. Une pétition circule sur le site www.change.org pour demander la fin de l'empoisonnement en Martinique et en Guadeloupe. Mais le chlordécone y sera encore présent pendant des décennies. Il rappelle l'importance qu'il y a à prendre les décisions qui s'imposent sans céder aux pressions des lobbies.

Zoé Fauré


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