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Les Français se mobilisent à nouveau pour "sauver le bio dans les cantines"

Publié le 23 juin 2018 par Bioaddict @bioaddict
L'association Agir pour l'Environnement appelle les Français à se mobiliser pour pousser les sénateurs à voter l'introduction de 20% de bio en restauration collective (cantines d'écoles, hôpitaux, maisons de retraite,..) d'ici 2022. Une pétition nationale a été lancée. C'est en effet le seul moyen pour que le peuple puisse peser sur les décisions des sénateurs qui auront à se prononcer à partir du 26 juin. ¤¤ L'association Agir pour l'Environnement invite les citoyens Français à interpeller leurs sénateurs pour qu'ils rétablissent le seuil de 20 % de bio dans la restauration collective publique en signant la pétition "Des cantines bio, j'en veux" sur le site cantinebio-senat.agirpourlenvironnement.org. OK
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Produits bio dans les cantines : "un parcours du combattant"

En janvier 2016, les députés ont été amenés à examiner et voter la proposition de loi n°3280 de la députée Brigitte Allain qui pouvait obliger l'Etat et les collectivités à introduire 40% d'alimentation durable et locale (dont 20% de bio) dans la restauration collective publique (cantines scolaires, hôpitaux, maisons de retraite,...). Pour soutenir cette proposition de loi qui fixe un objectif contraignant clair et chiffré pour privilégier les produits bio, locaux et de saison dans les cantines publiques, l'association Agir pour l'Environnement a lancé une pétition nationale dans le cadre de sa campagne "Manger bio et local dans les cantines, c'est possible" et a obtenu plus de 116 000 signatures. La mobilisation des Français a fonctionné puis le texte, a été adopté à l'unanimité à l'Assemblée nationale,... mais a finalement été rejeté en mars par les sénateurs.

Le mercredi 25 janvier 2017, le Conseil Constitutionnel, présidé par Laurent Fabius, saisi par le parti politique Les Républicains, a ensuite censuré l'obligation de fournir 20 % de produits bio et locaux dans les cantines jugeant cette obligation "contraire à la Constitution". Cette décision très impopulaire a poussé le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, le 2 décembre 2017, a revenir sur la promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron réaffirmant l'objectif de passer à 50% de produits bio et locaux en restauration collective d'ici à 2022. Une volonté confirmée par le gouvernement lors des Etats Généraux de l'alimentation en février 2018.

En mai 2018, les députés ont ainsi suivi le gouvernement et ont voté un amendement de la loi sur l'agriculture et l'alimentation (article 11 du projet de loi Egalim "pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable"), fixant à au moins 20% la part de produits bio proposés dans les cantines en 2022.

Et en juin 2018, les sénateurs ont de nouveau rejeté l'obligation d'introduire 20% de produits bio dans les cantines d'ici à 2022 !

"L'adoption d'un seuil de 20% de bio dans les cantines scolaires s'apparente à un parcours du combattant. Par trois fois, les députés ont déjà adopté, depuis 2016, l'introduction d'une part d'alimentation issue de l'agriculture biologique en restauration collective. Par trois fois, une poignée de sénateurs a réussi à bloquer cette mesure" se désole l'association Agir pour l'environnement.

Les Sénateurs, eux, ont 20% de bio dans leur cantine !

"Il est à noter que ces sénateurs, qui s'opposent au fait que nos enfants, malades et personnes âgées, puissent manger bio, ne se refusent pas ce petit extra... Ces hauts dignitaires de la République bénéficient, quant à eux, d'une alimentation à 20% bio lorsqu'ils se sustentent au restaurant du Sénat !!!" fustige Générations Futures. "Nos estomacs ne doivent pas être très différents de la panse de ces sénateurs. Nous avons le droit de bénéficier de repas de qualité, surtout lorsque nous sommes malades ou vieux. La plupart du temps, les repas servis aux personnes âgées dans les EHPAD s'apparentent, faute de moyens financiers, à de la maltraitance alimentaire. A l'hôpital ou dans les écoles, il en va de même. Au pays des chefs étoilés et des guides culinaires, la restauration collective demeure source d'économie potentielle avant d'être un lieu de convivialité et de bien-être !"

En 2017, en France, le bio plafonnait à 2,9 % seulement des achats de la restauration collective. Selon les derniers sondages de l'Agence Bio, aujourd'hui 90% des Français souhaitent que des produits bio soient intégrés dans les cantines.

Et maintenant, on fait quoi ?!

A partir de mardi 26 juin, les sénateurs, en séance plénière, auront à se prononcer une dernière fois sur cette disposition législative imposant le bio dans les cantines. "Nous devons mettre sous pression les sénateurs, dont une minorité agissante a revêtu les habits de lobbyiste au service de l'agrochimie !!!" explique l'association Agir pour l'environnement qui invite les Français à se mobiliser une nouvelle fois pour sauver le bio dans les cantines en signant une pétition sur le site cantinebio-senat.agirpourlenvironnement.org.

"20% de bio dans les cantines, c'est non seulement urgent mais également faisable ! Ce n'est pas plus cher et pas impossible" clament dans une Tribune parue dans plusieurs journaux, dont Bioaddict.fr, Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, et Gilles Pérole, élu local à Mouans-Sartoux (06), initiateur d'une politique alimentaire publique où les 1000 repas quotidiens des cantines scolaires sont 100% bio.

"Nous devons être des dizaines milliers pour obliger les sénateurs à écouter ET entendre" explique Agir pour l'Environnement qui attend une mobilisation forte des citoyens sur ce sujet.

Stella Giani


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