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Didier Calvet, Président de l’Association pour la création littéraire chez les jeunes: « Merci, votre opinion nous a grandement éclairés »

Par Dedicaces @Dedicaces

L'accès à la connaissance des plaisirs du beau littéraire change. Ce qui ne change pas, c'est l'art de nous informer, de nous émouvoir. Les mots gardent leur puissance évocatrice, même si le support change.

Là où l'on peut voir un effet pervers, c'est dans l'écart qui s'amplifie entre la qualité d'écriture, qui devient de plus en plus fonctionnelle, abrégée au point de devenir un métalangage et celle des écrits publiables. Il y a aussi, dans cet accès au contenu " tout de suite, maintenant ", une banalisation de l'écrit, une banalisation de tout l'effort avant d'en arriver à un document publiable. Lorsqu'on allait dans une bibliothèque acheter un livre, on déboursait une somme qui correspondait généralement à nos attentes et on le dégustait jusqu'à la dernière page. Aujourd'hui, on télécharge et, souvent, on lit les premières lignes du document et, insatisfait, on passe à autre chose.

Nous sommes aujourd'hui inondés de contenu et il est de plus en plus difficile de faire des choix. Les éditeurs impriment de plus de plus en plus et les livres deviennent "des produits périssables" davantage chaque jour. La valeur d'un livre se calcule, avant tout, sur l'accès aux médias pour en faire la promotion ainsi que sur l'effort pour que "tout le monde en parle" dans les réseaux sociaux, ce qui va engendrer des ventes quelle que soit la valeur réelle du contenu proprement dit. Cela va s'amplifier avec l'accès au contenu sur un support numérique.

Le numérique est là pour rester et comme le dit la sagesse populaire " On n'arrête pas le progrès ". Les éditeurs de livres, de musique ou de films essaient de s'opposer davantage au numérique plutôt que de l'intégrer correctement dans leurs pratiques commerciales. Pourtant, depuis une vingtaine d'années, l'informatisation a grandement facilité et démocratisé la production des livres : rédaction, révision du manuscrit, mise en pages, etc.

Aujourd'hui, l'existence de ces techniques de production et de diffusion permet à une seule personne d'écrire un livre, de le mettre en pages, de l'enregistrer en divers formats et de le distribuer par Internet, sans avoir besoin d'aucun collaborateur. Maintenant, une seule personne peut remplir les rôles d'auteur éditeur-correcteur-graphiste-typographe-imprimeur-distributeur-libraire !

Par ailleurs, l'impression à petit tirage est moins onéreuse avec l'amélioration de l'impression numérique. D'un autre côté, pour une maison d'édition, le choix d'une distribution sous support virtuel diminue les coûts d'impression et de distribution... Les prix de vente des livres électroniques sont moindres que ceux des livres papier, mais toutefois, il semble bien que la marge bénéficiaire soit plus grande.


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