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CHACONA, 13 enfants c’est vraiment beaucoup !

Publié le 30 juillet 2018 par Dress @lamouka_blog

13 personnes c’est vraiment beaucoup,
J’ai cherché les mots, je me suis retenue, parce que je m’étais promis de ne plus parler de ce gouvernement, de ses frasques qui le fait au final, mais 13 personnes c’est vraiment beaucoup vous savez.
Nous venons de perdre 13 jeunes congolais de la manière la plus absurde, cet article du monde vous édifiera mieux certainement.
13 âmes parties sous le regard honteux et silencieux de tout un peuple, 13 enfants broyés encore une fois par le système, comment vous expliquer ce que je ressens actuellement ? J’ai fermé mes oreilles, j’ai fermé mes yeux et ce n’est que ce matin que j’ai eu la force de lire tous les articles, les posts les tweets sur CHACONA, ce n’est que ce matin que j’ai pris mes armes pour comprendre ce qui se passait. 
Qu’est-ce ce que ce pays a fait de nous ? Qu’est-ce que nous deviendront ? C’est dans cet état que nous laisserons nos progénitures ?

Crédit: Dave Tendresse - Le couloir interminable de l'absurdité de ma patrie

Crédit: Dave Tendresse – Le couloir interminable de l’absurdité de ma patrie

Non, je ne cherche pas de réponses, ce billet est un coup de gueule, un hommage, des cris de larmes d’une fille qui a rouvert sa bouche pour s’immiscer dans les recoins de son pays, des recoins sombres qu’elle s’était promis de ne plus jamais toucher.

Un matin, nous nous sommes réveillés et 13 enfants baignaient dans du sang, 13 enfants venaient brutalement de laisser le monde, les parents, ce matin-là 13 espoirs s’étaient envolés. 

Ils me parlent de bébés noirs, des voleurs etc………. mais honnêtement lesquels le sont réellement ? Je préfère me taire !
CHACONA est l’histoire triste de ce qu’est devenu ma patrie, je prône la fibre patriotique, je monte les armes quand il s’agit de soutenir mon Congo natal, mais là c’est trop pour mon petit cœur, j’ai pleuré, je me suis retournée dans mon lit ce soir, je n’ai pu dormir jusqu’au petit matin parce que 13 personnes c’est vraiment beaucoup.
J’ai pensé aux parents, aux sœurs, aux mères, j’ai eu le cœur tellement serré qu’il me devenait difficile de pleurer ou même de respirer, cette nuit CHACONA a brisé mon cœur, il a brisé mes brins d’espoir, il m’a fait dire des choses que je ne voulais plus dire, mon plafond me semblait plus beau que ma république, CHACONA m’a brisée, la République a gagné encore une fois.
Par où commencerais-je ? Un article ? Des explications ? Chercher les familles pour leur écrire des poésies ? Essuyer les larmes ? Prendre chaque mère dans mes bras ? Pour lui expliquer la barbarie de ce que je vois ?
Prendre chaque père et lui demander d’être fort ? Prendre chaque sœur et lui dire que désormais c’est elle qui s’occupera du reste de la fratrie ? Parce que cette fois ci même les mots n’arrivent pas à me guérir, mes mots ont l’effet d’un anesthésiant. Le mal vient souvent de loin, il est souvent encré depuis la racine, mais ce matin CHACONA est proche, le mal est tellement proche de ma porte, dans ma ville dans mon pays que je ne trouve pas de bouc émissaire,

je ne sais pas où ces écrits s’arrêteront, mais suivez, lisez, pansons ensemble nos blessures dans ce texte que j’écris pour vous, pour moi, pour les 13 âmes, pour les parents, pour vous, mes amis.
Pourquoi vous nous avez fait ça ? J’ai dernièrement suivi un documentaire sur le Congo ancien, j’ai aimé, il n’était pas parfait mais il était assez digne, j’en ai été fière sans y avoir vécu, mais les années passent et emportent malheureusement avec elles un Congo meilleur, fort et digne nous laissant les débris d’une République incomprise de tous. Je perds espoir, je perds patience, je perds mes repères, je perds mes mots, papa n’avait-il pas raison ? Quand il me disait que le système me broyera ? N’avait-il pas raison de me demander de focaliser mes énergies et ma plume sur d’autres choses ? CHACONA est une réalité lointainement proche, j’aurai pu me retrouver dans ce commissariat pour être interrogée, mon frère aurait pu y être, avec ma tête crépue et mes styles vestimentaires « bizarres » j’aurai pu être l’une de ces 13 âmes.
Comment fermer ses yeux ? Comment être heureuse ? Comment aimer ? Comment rester fidèle à son pays ? Comment défendre les valeurs de la Républiques (lesquelles d’ailleurs ?) après ça ? Voici CHACONA qui brise toute une vie. 13 personnes c’est vraiment beaucoup vous savez.
S’il vous plait, mettez notre vert jaune rouge en berne, prenons ces familles dans nos bras, essuyons les larmes des joues de ces monsieur, attachons les pagnes de ces dames, fermons les yeux de ces pettis frères et sœurs, emmenons les loin de toute cette ******** qu’est devenue notre chère République, rendez leur leur dignité, purée ce pays !

On m’a demandé plus d’une fois pourquoi je n’écrivais plus sur mon pays ? Pourquoi mes articles étaient de plus en plus orientés « Vie » « Poésie » et «Art » eh ben la réponse est : CHACONA. 

Et notre Congo resplendit
Proclamons l’union de notre nation
Soyons plus unis que jamais.
Un seul peuple une seule âme
Et dans le moindre village
Chantons sous nos trois couleurs. 

CongoCarteDrapeau

Ces extraits de phrases sont la patrie que j’aurai aimé avoir, ne l’ayant pas, je me console sur ces mots de Jacques Tondra et Georges Kibanghi

Dave , Citoyenne du monde

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