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« Ecrivain public, j’exerce un métier en voie de disparition »

Publié le 31 juillet 2018 par Lespulpeuses

Ecrivain public… ça te dit quelque chose ? Et pourtant, c’était l’un des métiers les plus connus back in the days, quand Molière et ses compères étaient au sommet ! Trêve de plaisanterie. En fait, c’est un métier qui a beaucoup de sens et d’utilité. C’est aussi le métier que notre lectrice Emilie a choisi d’exercer. Elle partage avec toi cette profession méconnue…

La petite fille qui ne savait pas tenir un crayon

Coucou les Pulpeuses ! Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous faire découvrir un métier qui, pendant un certain temps, est un peu tombé dans les oubliettes et qui connaît de nos jours un nouvel essor : écrivain public. Oubliez l’image du scribe de l’Antiquité Égyptienne ou celle de l’écrivain public du Moyen-Âge, installant son pupitre sur la place du marché pour offrir ses services ! Le métier a évolué et s’est adapté à l’air du temps.

Quand j’étais petite, rien ne me destinait à devenir écrivain public. En effet, je suis atteinte d’une cardiopathie congénitale complexe. Et à ce titre, j’ai passé les premières années de ma vie à l’hôpital. Au moment d’apprendre les fondamentaux, à savoir lire, écrire et compter, ma mère (qui s’est chargée de ces apprentissages, car mon état de santé m’empêchait d’aller à l’école) s’est aperçue que j’avais une particularité peu encourageante. J’étais incapable de tenir un crayon correctement et, a fortiori, d’écrire. Un comble pour quelqu’un qui deviendra plus tard écrivain public et auteure ! Mais à force de persévérance (de la part de ma mère et de moi-même), je suis parvenue à tenir cet objet correctement, et depuis je ne le quitte plus.

Petite, j’étais incapable de tenir un crayon correctement et d’écrire. Un comble pour un écrivain public !

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« Ecrivain public, j’exerce un métier en voie de disparition »

Du contentieux judiciaire à l’écriture de biographies

Avec le temps, ma santé s’est stabilisée pendant plusieurs années. Ce qui m’a permis de poursuivre une scolarité plus ou moins normale, jusqu’à l’obtention du bac. Passionnée par l’écriture et la lecture, mais aussi par le dessin et la peinture, (quand vous vous essoufflez en faisant un pas, vous devez oublier l’inscription au foot, au karaté et autres sports et vous vous rabattez sur des activités moins physiques), au lycée, j’ai envisagé de devenir écrivain public, sans trop savoir ce que c’était.

Je me suis renseignée auprès d’une consœur située à Douai qui m’a conseillé de poursuivre mes études (plutôt juridiques que littéraires) et d’ouvrir un cabinet après avoir eu une certaine expérience professionnelle. J’ai écouté son conseil et me suis inscrite à la fac de Droit. J’ai obtenu un master en procédures et droit des contentieux (avec mention bien), ce qui cumulé avec des jobs d’été en banque, m’a ouvert les portes du recouvrement de créances. Après huit années en tant que chargée de contentieux judiciaire dans un établissement de crédits, une nouvelle opération à cœur ouvert, suivie d’un licenciement pour inaptitude médicale m’ont permis de concrétiser mon rêve de lycéenne : devenir écrivain public. Eh oui, il faut savoir faire de ses faibles des forces !

Après 8 ans en tant que chargée de contentieux, une opération à cœur ouvert, suivie d’un licenciement, je suis devenue écrivain public.

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C’est quoi un écrivain public ?

En avril 2016, j’ai ouvert mon cabinet, EML-Écriture. Je vous disais en introduction que le métier avait évolué ces dernières années. En effet, auparavant, il consistait « uniquement » à écrire à la place de celles et ceux qui ne savaient ni lire ni écrire. De nos jours, l’écrivain public n’écrit plus « à la place de », mais accompagne ses clients (particuliers, professionnels, collectivités publiques ou associations) dans la rédaction de leurs documents, et ce, quelle qu’en soit la nature (courriers administratifs ou personnels, biographies, manuscrits littéraires, travaux universitaires, discours, supports publicitaires, pages web, supports de formations, etc.). La liste est longue et varie en fonction des spécialités du praticien, ou plutôt de la demande de ses clients. Le travail peut aller de la rédaction d’un document à sa simple saisie en informatique, en passant par la relecture, révision, correction et mise en page de textes.

Personnellement, durant ces deux années d’activité, je me suis spécialisée dans la rédaction de biographies de particuliers et de livres d’entreprises. Ainsi que dans la relecture, révision, correction et mise en page de documents dits volumineux (principalement des romans et des travaux universitaires). L’intérêt du métier résidant dans la possibilité de s’ouvrir à d’autres horizons, j’ai eu le plaisir de coorganiser et coanimer un atelier d’écriture destiné à des enfants sur le thème « Les chats en bande dessinée » ou encore de rédiger des supports E-learning pour un centre de formations. En deux ans, j’ai rédigé trois biographies (toutes publiées chez Abysses éditions et Hypérion Avenue), un livre à caractère professionnel et un livre d’entreprise (autoédition), et révisé et corrigé quatre romans et une thèse, sans compter les autres rédactions.

Je me suis spécialisée dans la rédaction de biographies de particuliers et de livres d’entreprises.

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« Ecrivain public, j’exerce un métier en voie de disparition »

Le métier n’est pas réglementé, ce qui signifie que n’importe qui peut s’autoproclamer écrivain public. C’est pourquoi vous trouverez des écrivains publics non déclarés et pas très sérieux. Pour ma part, j’ai fait le choix d’intégrer le Groupement des Écrivains Conseils® (GREC), ainsi que le Syndicat National des Prestataires de Conseils en Écriture (SNPCE).

Ces associations professionnelles ont vocation notamment à fixer certaines règles et conditions d’exercice de la profession (comme être déclaré, souscrire une assurance professionnelle, signer une charte déontologique ou encore suivre une formation initiale avant de s’immatriculer). Comme la profession n’est pas réglementée, elle n’est pas soumise à l’obtention d’un diplôme particulier.

Toutefois, il existe plusieurs formations au métier d’écrivain public, quelle soit universitaire, privée ou à distance. Pour ma part, j’ai suivi la formation à distance dispensée par le CNED et une autre à la création et la gestion d’entreprise auprès de la BGE des Hauts-de-France. Pour information, un écrivain conseil® est un écrivain public ayant adhéré au GREC.

Comme la profession n’est pas réglementée, elle n’est pas soumise à l’obtention d’un diplôme particulier.

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Écrire pour autrui c’est plus qu’un métier, c’est une vocation

C’est une phrase que je dis souvent. Comme je l’expliquais plus haut, désormais, l’écrivain public ne se contente plus d’écrire à la place de son client, il l’accompagne dans sa communication écrite. Cet accompagnement passe nécessairement par l’empathie et une écoute attentive qui représentent 90% du travail. Quand vous avez consacré le temps nécessaire à écouter votre client, sa demande, ses besoins, ses exigences, mais aussi que vous avez pris en compte ses silences, et s’il est en face de vous sa gestuelle, le travail de rédaction, relecture, réécriture ou correction se fera tout seul.

Bien sûr, il faut avoir de bonnes compétences rédactionnelles et des qualités techniques (telles que la maîtrise des outils informatiques) pour obtenir un écrit d’une grande qualité. Mais l’essentiel du travail se fait à travers les échanges avec le client. Ce que j’apprécie le plus dans mon métier, c’est le contact avec les autres. Je voyage beaucoup, tout en restant à mon domicile ! Je m’explique. Chaque client apporte un univers qui lui est propre, et entrer dans chaque univers permet de découvrir des professions inconnues, des concepts ignorés ou des modes de vie atypique. Je voyage également géographiquement via Skype.

Par exemple, pour la rédaction du livre d’entreprise, j’ai eu la chance d’interviewer en anglais, un Allemand, un Polonais, et même un Australien ! Et bien sûr, je voyage dans le temps avec les biographies. Ce métier est complet car il demande à la fois de bonnes qualités techniques et humaines. Mais c’est un métier mal connu qui souffre de la concurrence d’âmes charitables offrant leurs services bénévolement, et d’autres âmes moins charitables dont le manque de sérieux ternie l’image de la profession. Il est également difficile d’en vivre, mais c’est un métier riche en rencontres. Si c’était à refaire, je ne changerais rien, sauf une chose : je me lancerais plus tôt !

Si c’était à refaire, je ne changerais rien, sauf une chose : je me lancerais plus tôt !

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