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Roger Nimier, masculin, singulier, pluriel, d'Alain Cresciucci

Publié le 08 août 2018 par Francisrichard
Roger Nimier, masculin, singulier, pluriel, d'Alain Cresciucci

Pendant mes années adolescentes, peu après sa mort, j'ai lu tous les romans et essais déjà parus de Roger Nimier. En 1968, ces lectures se sont terminées avec L'Étrangère, le premier des romans qu'il écrivit, juste avant que de partir en exil en Suisse...

(pour être honnête j'ai lu un peu plus tard D'Artagnan amoureux et, plus récemment, Bal chez le gouverneur, édité pour le cinquantenaire de la disparition du hussard)

Ces lectures me permettaient à l'époque de respirer un autre air que celui confiné aux incontournables Sartre, Camus ou Breton, un air convenant davantage à ma nature rétive à toutes formes d'hypocrisies, de conformismes et d'engagements.

Aussi, après la lecture de son Jacques Laurent à l'oeuvre, celle de Roger Nimier, masculin, singulier, pluriel d'Alain Cresciucci, s'est-elle imposée, comme s'imposera bientôt celle de son Monde (imaginaire) d'Antoine Blondin, paru entre deux. 


Masculin, Nimier l'est: ce misogyne aime les femmes mais se défie de leur mécanique compliquée. Pour lui, a contrario, l'amitié, c'est beaucoup plus que l'amitié, comme il le dit à Jacques Chardonne, en le parodiant, dans une lettre qu'il lui adresse.

Singulier, il l'est parce qu'il ne prend pas les choses trop au sérieux et se veut désinvolte, qu'il manie l'ironie, l'insolence et l'ellipse comme personne, qu'il écrit classique se refusant à être ennuyeux, qu'il pratique la provoc et l'indifférence à bon escient.

Pluriel, il l'est parce qu'il mène plusieurs vies - il les croque à pleines dents: successivement, ou simultanément, il est romancier, essayiste, journaliste, scénariste, critique littéraire, préfacier, éditeur, mondain; et qu'il est le héros de plusieurs livres inspirés de lui.

Ces trois qualificatifs du titre sont développés savamment et lucidement par l'auteur, lequel donne fortement envie de lire, ou de relire, Nimier, dont la notoriété posthume n'égale évidemment pas l'anthume. Ce qui s'explique très simplement: 

Roger Nimier n'exhale guère l'air du temps. Inactuel? Intempestif? S'il a, auprès de quelques-uns, une influence, elle est contre ce temps et, on peut en rêver, au profit de l'avenir.

Nous en reparlerons dans un siècle ou deux...

Francis Richard

Roger Nimier, masculin, singulier, pluriel, d'Alain Cresciucci, 312 pages, Pierre Guillaume de Roux

Livre précédent:

Jacques Laurent à l'oeuvre (2014)


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