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Ludwig Karl Heinrich von der Pfordten, le "Pfo" de Wagner.

Publié le 11 août 2018 par Luc Roger @munichandco

Dessin de Louis von der Pfordten 
en première page du Nouvel Illustré du 3 août 1866


Ludwig Karl Heinrich von der Pfordten, né le 11 septembre 1811 à Ried im Innkreis (Haute-Autriche) et mort le 18 août 1880 à Munich est un avocat et homme politique saxonet bavarois.
Il étudie le droit dans les Universités à l'Université de Heidelberg et à Erlangen. En 1833, il reçoit l'habilitation et devient, en 1834, professeur extraordinaire à l'Université de Wurtzbourg et en 1866 de droit romain. En 1843, il part à l'Université de Leipzig. À partir de 1845 devient le leader du Parti libéral saxon. En mars 1848, il est nommé ministre de l'Intérieur de Saxe, ministre de la culture (et aussi brièvement ministre des Affaires étrangères) dans le cabinet du premier ministre Karl Braun. Quand celui-ci démissionne en février 1849, von der Pfordten retourne en Bavière où il est d'abord nommé ministre des Affaires étrangères puis, en décembre, Ministre-président. Son projet, en 1859, d'unir les régions allemandes de taille moyenne à la Bavière contre la Prusse et l'Autriche échoue. Il démissionne. Il revient au premier plan en 1864, quand Louis II accède au trône.
1864. La nomination de M. von der Pfordten aux fonctions de Ministre de la Maison du Roi Louis II de Bavière
"Après de longues et laborieuses négociations, le ministère bavarois s'est enfin complété par la nomination de M. Von der Pfordten aux fonctions de ministre de la maison du roi et des affaires étrangères, laquelle est annoncée dans la Gazette officielle de Bavière.
Il y a deux mois environ que le baron de Shrenck a donné sa démission, motivée surtout par la position anormale faite aux membres du ministère à la cour de Munich. Le roi Maximilien, qui vient de mourir, y avait introduit une étiquette presque aussi rigoureuse que celle de la cour de France du temps de Louis XIV. Il ne travaillait presque jamais avec ses ministres, ni ne présidait leurs conférences; ce n'était qu'indirectement et qu'irrégulièrement qu'il avait des entretiens avec eux; lorsqu'il les invitait à dîner, après le repas, il les prenait à part dans l'embrasure d'une fenêtre et conversait alors avec chacun d'eux des affaires de leurs départements respectifs. D'ordinaire, tous les travaux des ministres n'arrivaient jusqu'au Souverain qu'en passant par son cabinet particulier, dont M. Fiestermeister [sic, pour Pfistermeister] était le chef.
Les ministres avaient bien pu accepter une pareille situation d'un homme de capacité et d'expérience comme le roi Maximilien ; mais il ne saurait en être de même depuis que le trône est échu à un jeune prince qui vient d'atteindre à peine sa majorité. Certaines influences de cour pourraient peser trop lourdement dans l'administration des affaires publiques et entraver la marche d'un ministère dont la responsabilité ne se trouverait plus suffisamment à couvert. C'est. ce qui avait engagé M. de Shrenck à abandonner son portefeuille. On l'offrit d'abord à M. Von der Pfordten, qui le déclina également pour les raisons que nous venons d'exposer. Il fut ensuite question du baron de Wydenbruck. Les négociations avec ce dernier ayant échoué, on revint à M. Von der Pfordten, qui, à ce qu'il paraît, s'est réservé la faculté de traiter les affaires directement avec son souverain. On conçoit, en effet, qu'un homme de la valeur de M. Von der Pfordten ne veuille pas abandonner à des influences occultes la responsabilité de sa politique, surtout en présence des graves événements qui se préparent en Allemagne."
in Le Mémorial diplomatique, Paris, 11 décembre 1864 (p.9)
Il est farouchement apposé à Richard Wagner qui essaye de s'imposer comme « favori » de Louis II. C'est sans doute lui qui, le 19 octobre 1865, lorsque Cosima Wagner vient chercher 40 000 florins alloués par le roi au compositeur, lui donne la moitié de la somme en menue monnaie, au point que Cosima doit commander deux voitures pour transporter les sacs. Von der Pfordten est en grande partie responsable de l'expulsion de Wagner de Munich en décembre 1866. 
La revue socialiste hebdomadaire Le Populaire évoque dans son édition du 22 janvier 1928 (p.2) le conflit qui eut lieu en 1865 entre van der Pfordten et Louis II:
"Wagner et Louis de Bavière
Un hasard a voulu qu'un lot de vieux papiers récemment vendus aux enchères contint de précieux renseignements sur les causes qui déterminèrent en 1865 le roi de Bavière, Louis II, à consentir  à l'expulsion de Munich du compositeur des Nibelungen.
Ces archives contiennent une correspondance du roi avec son premier ministre, M. von Pfordten, et un copieux mémoire de ce dernier, écrit entièrement de sa main.
On sait que Louis II résista durant, toute une année à la pression de la société bavaroise qui en voulait à Wagner de sa prodigalité et de l'âpreté avec laquelle il tirait des sommes énormes de la cassette privée du roi ; en outre, le « particularisme bavarois » ne faisait pas grâce à l'Allemand « étranger au pays ». On trouve dans les archives la trace d'une humiliation du roi. mélomane obligé de marchander auprès de ses ministres une augmentation de sa liste civile pour faire face aux largesses de Wagner."
Louis II essaie de parler en roi et insiste pour que von Pfordten « combatte la calomnie » qui circule dans les salons de Munich ; il se dit blessé de la médisance qui l'accuse de « négliger les affaires de l'Etat et de n'avoir d'yeux que pour l'art de Wagner » qui absorbe tout. Von Pfordten lui répond avec dureté : « Que Votre Majesté choisisse entre l'amitié de Wagner et l'attachement de ses sujets... »
Finalement, force lui fut de plier et de signer tout ce que son inflexible chancelier exigeait de lui."
Louis ne lui pardonnera jamais. Il profite de la défaite dans le conflit austro-prussien pour le congédier et le remplacer par le prince Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst, après la défaite de Sadowa.
Ludwig von der Pfordten meurt à Munich le 18 août 1880 à l'âge de 68 ans. Sa sépulture se trouve dans l'Ancien cimetière du Sud.


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