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Le frigo qui n'émet (n'aimait) pas le froid

Publié le 15 août 2018 par Desfraises

C'est un jour de début août que notre frigo décide de décéder. L'opératrice du constructeur Machin nous signale la bouche en cœur que ni le déplacement, ni la main d'oeuvre, ne seront pris en charge, malgré la garantie. Elle nous propose une intervention le 4 octobre. Nous lui suggérons à notre tour d'aller se faire cuire un œuf au plat sur le dos d'un varan de Komodo sur le Mont Satalibo. Sur Twitter, on nous conseille de faire valoir la garantie de conformité auprès du vendeur. Le vendeur quant à lui, appelons-le Chose, leader français du commerce en ligne, fidèle à sa mauvaise réputation, nous dit d'aller voir ailleurs si nous y sommes.
Fatigués d'avance de nous lancer dans des procédures aussi chronophages que décourageantes (lettres en recommandé AR, relances et appels dans le Désert de Gobie) et parce que nous roulons sur l'or (ironie), nous optons pour l'achat d'un nouvel appareil. Nous conservons à la cave l'appareil moribond et le ferons diagnostiquer par un ami frigoriste, le jour où nous sympathiserons avec un frigoriste. Soupir.
En attendant, promis juré craché croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer, nous scellons la fin de nos gros achats sur la Toile. Car pour payer, tout est facilité, mais dès qu'on décèle une *ouille dans le potage, dès qu'on requiert de l'aide, il n'y a plus personne. Seulement des tapez 1 ou pianotez 2 ou faites l'étoile sur le clavier, des phrases toutes faites et des procédures abracadabrantes.
Armés de patience, nous partons en quête d'un magasin physique où nous pouvons tâter la marchandise et tailler une bavette avec l'expert-vendeur.
Au détour d'une allée de réfrigérateurs-congélateurs, nous faisons la rencontre de Lisa. Elle nous dit tout sur les modèles A, B, C et Z, nous fait l'article mais courtoisement, techniquement, professionnellement. Nous plaisantons à propos de la climatisation qui fait aujourd'hui défaut, elle nous nargue avec sa bouteille d'eau fraîche et ses petites gourdes de compotes cachées dans le seul frigo branché du magasin, appareil jouxtant son petit bureau donnant sur un univers électroménager. Nous frayons avec la spécialiste du fréon, ou plutôt des fluides frigorigènes l'ayant remplacé. Elle nous confie même son numéro de téléphone portable personnel.
Nous quittons l'enseigne époustouflés par tant de gentillesse, d'humour, de professionnalisme et de dynamisme concentrés en une seule et même personne. Je fais vite le rapprochement avec Amélia dont j'ai brossé le portrait ici il y a quelques mois. J'envoie d'ailleurs l'article paru dans Ebdo à Lisa qui se trouve de troublants points communs avec Amélia.
Deux semaines de SMS plus tard, nous rendons visite à notre conseillère préférée. Joignant l'utile à l'agréable, nous décidons de faire 2 emplettes et de lui offrir un lot de compotes emballées dans du papier kraft orné de ruban décoratif. Sans savoir que nous le lui remettions pile le jour de son anniversaire, nous confie-t-elle, émue. Nous restons comme trois ronds de flan devant l'incroyable coïncidence et nous promettons de boire le verre de l'amitié, chez elle ou chez nous.
La morale de cette histoire, c'est qu'il vaut mieux chercher la chaleur humaine auprès d'une experte en frigos qu'auprès de sites marchands et d'opérateurs aussi serviables qu'une valise sans roulettes ni poignée.

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