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Comparaison européenne des salaires des profs

Publié le 08 septembre 2018 par Triton95

Je ne sais pas comment on a pu effectuer des comparaisons internationales des salaires des profs et ce qu’elles valent vraiment. A-t-on seulement comparé le revenu apparent, mais dans ce cas, que vaut cette étude ?

Il aurait fallu faire une étude comparant les coûts totaux employeurs, pour intégrer le salaire social (retraite et sécu) vraiment contenu dans le salaire versé. Si un pays rémunère mieux ses enseignants que la France, mais que ceux-ci doivent payer de leur poche les charges sociales liées à la retraite et à la santé, il n’est pas certain que la comparaison soit pertinente. Ainsi, en France, lorsque l’Etat verse 100 de rémunération brute à un enseignant (dont 80 de salaire net, et 20 de charges sociales salarié), l’Etat débourse 17 € en plus de charges sociales plus 75 € pour la retraite, dans un système où le régime des retraites est ainsi équilibré, les cotisations versées équilibrant le montant des pensions versées. Si l’on tient compte du salaire social, l’enseignant coût ainsi à l’Etat 100€ de salaire brut + 17 € de charges sociales + 75 € de cotisations patronales de retraite = 192 €. Quel chiffre a-t-on retenu pour l’étude : 80 € de net, 100 € de brut, ou 192 € avec le salaire social ?

Il est donc très possible que les résultats de cette comparaison internationale n’aient guère de sens.

Les profs sont moins payés que les autres fonctionnaires pour une raison syndicale. Les syndicats ont toujours refusé le système des primes, qui pourraient être modulées en fonction du poste ou de la manière de servir, par le refus de toute inégalité entre eux. Cette stratégie ancienne s’est avérée catastrophique, dans la fonction publique où, on a en quelque sorte un système de rémunération « à la suédoise » avec des grilles très cadrées, un éventail des rémunérations entre catégories limité, et un blocage du point de revalorisation de cette grille depuis 2010, pour réduire la masse salariale de l’Etat. En fait, l’Etat, face à ce dispositif très réglementé, n’a pu jouer que sur le système indemnitaire, dont l’importance s’est considérablement accrue en 40 ans. Pour les cadres, il représente 30% à 50 % du salaire en plus, et est modulé selon l’importance du poste, et la manière de servir.

Plutôt qu’un système de grille + primes, où les variations de rémunérations entre enseignants auraient pu être de quelques %, mais avec un bénéfice majeur pour tous en termes de rémunération, les syndicats se sont battus pour que les statuts et les rémunérations soient identiques de la maternelle à la terminale, à travers l’institution d’un statut unifié. Se battant pour l’égalité totale, ils ont ainsi refusé une amélioration globale des rémunérations qu’il aurait fallu défendre et faire vivre sur le long terme, qui aurait entrainé des inégalités de rémunération, mais qui aurait été très profitable à la profession.


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