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Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Publié le 14 septembre 2018 par Aicasc @aica_sc

Représenter le mouvement en peinture a toujours été un défi que relève Monica Dower. L’artiste explique ici ses objectifs et sa démarche. Monica Dower vit et travaille au Mexique.

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Vue d’une exposition

Il s´agit d´une série qui cherche à établir des dialogues entre l´image filmée et la peinture, tout en insérant des réflexions philosophiques  ayant trait à la durée, à l´image affection et à la sensation.

Je peins avec des aquarelles sur papier des séquences et des moments du cinéma ainsi que des vidéos d´artistes contemporains. J´inclus mes propres vidéos pour ainsi les déplacer vers  l ´espace de la peinture.

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

The Station Square Series” de Pipilotti Rist, 120 x 200 cm acrylique sur toile.

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Détail _The Station Square Series”

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Ever is over all. de Pipilotti Rist, 2min, 10seg, aquarelle sur papier 25 x30 cm,

Par exemple, j´ai peint une série de séquences du film Les rêveurs de Bertolluci où les protagonistes  traversent en courant durant 9 minutes la Grande Galerie du Louvre, pour évoquer la même action dans le film Bande à part de Jean Luc Godard.

Ce que l´on obtient lorsque l`on peint des fragments, de scènes et de séquences de films, ce sont des coupures fixes ou immobiles qui en se déployant en un seul ou en plusieurs plans, créent une lecture continue où sont clairement représentés un avant, un présent  et un après. C´est ce qui m´intéresse : rompre avec l´instant unique et privilégié qui a toujours été le fondement de la peinture et donc présenter deux ou trois instants qui forment une séquence et créent en quelque sorte une temporalité.

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Oriana face à la vidéo Sédution de Joel Bartolomeo, acrylique sur toile 120 x 180

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Oriana contemplando el video Pájaros en la cabeza de Mónica Dower, aquarelle sur papier, 97 x 120 cm, 2010

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Still, Vidéo, Pájaros en la cabeza, 2´. 2002

Parfois les séquences que je peins sont consécutives et parfois non, souvent je préfère faire de petits sauts dans le temps pour privilégier certaines scènes qui me paraissent plus fortes.

La peinture à l’aquarelle me convient parfaitement car les effets et les résultats me renvoient vers les sensations. L’eau permet la fluidité, la mobilité et la possibilité d´obtenir un ample registre de qualités descriptives. C’est de cette façon que j´arrive à alterner des définitions linéaires précises avec d´autres qui sont plus fluides et indéterminées. Pour moi la liquidité reflète la sensation, le mystère, tandis que les descriptions linéaires sont plus du ressort de l´esprit.

Dans la vidéo Vital, que j´ai réalisé spécifiquement pour être traduite en peinture, une danseuse court de façon obsessive et absurde autour d´une piscine. Mon idée et d´enregistrer les différentes sensations qu´ elle expérimente, tout en insistant sur les nuances de couleurs, de formes et de lumière.

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Stills de ma vidéo Vital, Modèle à peindre

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Stills de ma vidéo Vital, Modèle à peindre

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

Registre photographique de la deuxième salle de mon exposition The Swimming pool series au Laboratorio de Arte Alameda., 2016. Vidéo La colère de Saturne.

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

La ira de Saturno, aquarelle sur papier, 100 x156 cm

Monica Dower : peindre l’image – mouvement

The Swimming pool series La ira de Saturno, aquarelle sur papier, deuxième séquence, 100 x156 cm. 2016.

La série Peindre l’image-mouvement s’entrelace avec  ma série de femmes qui lévitent. Ici mon intention consiste à  travailler à partir de registres ou de films que j´ai moi même réalisés ou bien avec des images où j’interviens avec des collages ou avec des dessins. J´insiste sur l´idée de déplacer  les images fixes de mes vidéos et ces interventions vers l’espace de la peinture. Avec la représentation du corps féminin, soit avec des nus, soit avec mes femmes qui flottent ou en état de suspension, je cherche une relation avec la mémoire et les désirs individuels; Une poétique qui cherche à reconfigurer dans l’imagination du spectateur la possibilité d’ habiter des mondes oubliés.

La flottation ici essaye d´être une représentation du sublime, elle va plus loin que la séduction féminine , elle a une intention plus subtile , elle se connecte avec un état de suspension  et de grâce,  qui évoque l’infini  au milieu de la finitude des ruines…

Ces femmes  invitent a reconstruire avec  l’imagination,  en suivant les réflexions de G. Bachelard, ce qui a été construit pour les dieux et univers déjà éteints.  J´aimerai suivre les mots du philosophe : « Si une image présente  ne fait pas penser à une image absente… Il n´y a pas d´action imaginante… »

Pour voir la bio de Monica Dower


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