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Endiguer la braderie des barrages hydroélectriques : une vraie réforme que ne fera pas Emmanuel Macron...

Publié le 15 septembre 2018 par Albert @AlbertRicchi
Electricité d’origine hydrauliqueLes barrages hydroélectriques français constituent la deuxième source d'électricité après le nucléaire, produisent chaque année 12.5 % de l’électricité et rapportent 1,25 milliard d’euros par an. EDF reste le premier producteur d’électricité d’origine hydraulique de l’Union européenne, avec plus de 20 000 MW de puissance installée.   Construits pour l’essentiel par nos aînés et financés par les impôts de nos parents et grands-parents, la privatisation des barrages est malheureusement en marche…  
 
 La France compte 399 barrages sous concession. 80 % des barrages sont exploités par EDF, 12 % par Suez via ses filiales Société Hydro Electrique du Midi (SHEM) et Compagnie Nationale du Rhône (CNR), le reste étant aux mains de petits exploitants. 
L'énergie hydraulique, 100% renouvelable, est produite grâce à des chutes d'eau qui entraînent des turbines produisant, sur le modèle de la dynamo, de l’électricité. En résumé tant qu’il y a de l’eau (dans le réservoir ou le long de la rivière) il y a de l’électricité. Cette énergie ne participe ni à l’augmentation de l’effet de serre ni à la pollution de l’air, n’émettant pas de CO2 et de gaz polluants.

Un peu d’histoire

Le Conseil national de la Résistance (CNR), créé par Jean Moulin le 27 mai 1943 à Paris, réunissait dans le même combat de libération nationale les communistes et les gaullistes avec une volonté de recouvrer la souveraineté nationale et populaire. C’est dans ce cadre que les barrages hydrauliques furent construits et cette volonté a permis un essor économique sans précédent, la France se hissant au rang de 4e puissance économique mondiale. Mais avec la transformation d’EDF en société anonyme en 2004 et le vote en 2006 (à la demande de la Commission européenne) d’un amendement abrogeant le droit de préférence, le renouvellement des concessions a été ouvert à la concurrence « libre et non faussée ».En juillet 2008, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, signait le décret de mise en concurrence des concessions des barrages hydroélectriques français.  Les premiers appels d’offres pour le renouvellement des concessions devaient être ouverts fin 2010 mais ce dossier est resté bloqué par la France au grand dam des commissaires européens. En août 2015, la loi de transition énergétique a fixé un nouveau dispositif d’ouverture des concessions et a prévu le regroupement des barrages par grandes vallées (barycentres) et la création de sociétés d’économie mixte. Mais si cette tentative d’essayer de limiter les effets de la privatisation des ouvrages est louable, elle n’a pas mis fin à l’escroquerie qui consiste à transférer les gains d’une infrastructure, financée par les impôts des citoyens français, à des sociétés privées qui vont vite faire de la rapine légalisée.

Mise en demeure de la commission européenne

La Commission européenne, au nom du principe de “ concurrence libre et non faussée ”, entend s’attaquer à l’ensemble des monopoles publics. Dans le cas de la France, après avoir remis en question les monopoles de France Télécom, de Gaz de France, d’Air France, de La Poste et de la SNCF, elle entend “ouvrir à la concurrence” le marché de la production d’électricité hydraulique. La Commission agit au titre de l’article 106 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) : « En vertu de l’article 106 du TFUE, les Etats membres sont tenus de veiller, en ce qui concerne les entreprises publiques et celles auxquelles ils accordent des droits spéciaux ou exclusifs, à n’édicter et à ne maintenir aucune mesure contraire aux règles des traités, et notamment aux règles de concurrence ».Cette demande vise particulièrement EDF. EDF, entreprise publique. Pour la Commission, il est impensable qu’une entreprise publique contrôle une si grande part d’un marché rentable comme la production d’hydroélectricité.Ainsi, en octobre 2015, la Commission émet une mise en demeure officielle ordonnant à la France d’ouvrir à la concurrence ce marché ou, à défaut, de justifier le quasi-monopole public d’EDF sur ce marché. Cette mise en demeure, qui n’est pas censée être publique (ce qui est, en soit, scandaleux), a été révélée par Mediapart. Si la France ne fait rien pour régulariser sa situation, la Commission Européenne peut infliger une amende importante au gouvernement français. Cette mise en demeure, renouvelée en 2017, est l’argument utilisé par le gouvernement pour justifier la privatisation inéluctable des barrages. Ainsi, dans les rails de son tuteur François Hollande,Emmanuel Macron continue la vente à la découpe de la France conformément aux diktats de la Commission européenne et des lobbys investisseurs. Alors que l'Allemagne ou la Slovénie par exemple ont refusé le diktat de l'UE, Emmanuel Macron accepte et se soumet. 
Comme pour les autoroutes en son temps, les barrages hydro-électriques sont une nouvelle poule aux œufs d'or pour les entreprises privées…
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