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Critique Ciné : L'amour est une Fête (2018)

Publié le 24 septembre 2018 par Delromainzika @cabreakingnews

L’amour est une Fête // De Cédric Anger. Avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche et Michel Fau.


Le porno et l’industrie des peep show est un juteux business en France (et notamment à Pigalle où se situe L’amour est une Fête). Nous sommes dans les années 80 et le film tente alors de nous conter comment ce monde a évolué au fil des années. 4 ans après La Prochaine fois je viserai le coeur, Cédric Anger retrouve Guillaume Canet devant la caméra afin de nous compter ce qui pourrait être (ou en tout cas aurait pu être) le The Deuce français. Sauf que ce n’est pas de la qualité d’écriture de David Simon et surtout, L’amour est une Fête souffre de pas mal de longueurs qui ne permettent pas toujours de se laisser prendre au jeu. L’une des plus grandes erreurs de ce film est de vouloir rester fidèle à ce que la France sait faire de mieux : parler de cul. Mais ce n’est pas fait de façon originale et le film enchaîne alors tous les poncifs du genre. Malgré tout, Cédric Anger réussi une chose, parler du porno artisanal, fait avec peu de moyens mais qui avait aussi son public où l’on venait voir des pornos dans des cabines, bien avant l’apparition d’internet. Ici, le film est filmé par des réalisateurs de talent et racontent de vraies histoires (c’est en tout cas ce que veut faire ce film dans ce château avec tout ce que cela peut avoir de très mauvais par moment).

Paris, 1982. Patrons d’un peep show, Le Mirodrome, criblés de dettes, Franck et Serge ont l’idée de produire des petits films pornographiques avec leurs danseuses pour relancer leur établissement. Le succès est au rendez-vous et ne tarde pas à attirer l’attention de leurs concurrents. Un soir, des hommes cagoulés détruisent le Mirodrome. Ruinés, Franck et Serge sont contraints de faire affaire avec leurs rivaux. Mais ce que ces derniers ignorent, c’est que nos deux « entrepreneurs » sont des enquêteurs chargés de procéder à un coup de filet dans le business du « X » parisien. C’est le début d’une aventure dans le cinéma pornographique du début des années quatre-vingt qui va les entraîner loin. Très loin...

Puisque nous sommes dans le porno, les excès sont de partout. Le mot coke ou cocaïne revient tellement de fois dans le scénario qu’il en devient presque une sorte d’adjectif de la langue française. Mais L’amour est une Fête a du mal à rester un film droit dans ses baskets alors qu’il veut raconter tellement de choses à la fois. Tout part alors rapidement en sucette, les personnages se mélangent et même si le but semble être de raconter une histoire complètement débridée, cela n’a pas du tout l’aplomb que l’on aurait pu souhaiter au départ. Cédric Anger reste plutôt bon dans sa façon de mettre l’histoire en scène et la bande son du film est elle aussi séduisante, mais l’écriture du scénario manque cruellement de caractère, laissant les personnages en roue libre sans aucune véritable attache narrative. On a alors l’impression que L’amour est une Fête ne sait pas vraiment ce qu’il veut faire ou comment le faire, ce qui est forcément dommage. Reste alors probablement Xavier Beauvois, en réalisateur X excité par son métier qui s’inspire clairement de Henri Pachard et bien d’autres du domaine qui avaient fait du porno un art cinématographique à part entière.

Note : 5/10. En bref, un film qui manque de caractère dans sa narration mais qui a des idées de mise en scène et une bande son qui parviennent à camoufler certains défauts.


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