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Pesticides : des personnes hospitalisées suite à des épandages dans le Maine-et-Loire

Publié le 18 octobre 2018 par Bioaddict @bioaddict
Une série d'intoxications suite à des épandages de métham sodium en Maine-et-Loire a justifié un plan d'urgence sanitaire du CHU d'Angers. Le préfet du département a décidé de suspendre l'utilisation de ce pesticide toxique. Les ONG réclament le retrait du métham sodium, interdit en Europe, qui continue à bénéficier de dérogations en France. Pesticides : des personnes hospitalisées suite à des épandages dans le Maine-et-Loire ¤¤ L'épandage le 9 octobre, dans la région d'Angers en Maine-et-Loire, du pesticides métham sodium a intoxiqué de nombreuses personnes, essentiellement des ouvriers agricoles. 61 intoxications plus ou moins sévères ont été recensées dont 17 ont nécessité une hospitalisation. Pesticides : des personnes hospitalisées suite à des épandages dans le Maine-et-Loire Pesticides : les dangers pour la santé et l'environnement OK
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Le métham sodium n'est pas un pesticide connu du grand public, il est pourtant très utilisé en France surtout par les producteurs de mâche de l'Ouest de la France mais aussi par ceux de carottes, tomates, fraises et asperges. Il sert à détruire tout à la fois les herbes indésirables, les insectes et les champignons, en un mot " nettoyer " les sols. Cela permet d'enchainer trois à quatre rotations de culture de mâche chaque hiver par exemple.

Les mêmes intoxications dans trois lieux différents

Lors d'un épandage le 9 octobre dans la région d'Angers en Maine-et-Loire, il a intoxiqué de nombreuses personnes, essentiellement des ouvriers agricoles. 61 intoxications plus ou moins sévères ont été recensées dont 17 ont nécessité une hospitalisation. Le CHU d'Angers a décrété un plan blanc, un plan spécifique d'urgence sanitaire et de crise.

Ces intoxications n'étaient pas un cas isolé, rapporte le journal Le Monde du 14 octobre. Des signalements avaient eu lieu dix jours plus tôt dans la même région pour le même produit avec les mêmes symptômes. Et le 12 octobre à nouveau, toujours dans la même zone, une quinzaine de personnes, soit onze riverains et quatre pompiers venus leur porter secours, ont été intoxiquées. Quant aux riverains, ils ont dû restés calfeutrés chez eux.

Des effets immunotoxiques, reprotoxiques et possiblement cancérigènes

La triple efficacité du métam sodium -herbicide, insecticide et fongicide- suffit à dire qu'il n'est pas un produit anodin pour l'environnement. Il ne l'est pas non plus pour l'homme : " Le métam sodium et ses produits de dégradation sont toxiques pour le foie, immunotoxiques, reprotoxiques et des cancérigènes suspectés. Ils polluent également les eaux souterraines et tuent des organismes utiles du sol comme les vers de terre ", précise Générations Futures.

L'association ajoute : " L'opinion de l'EFSA sur cette substance montre bien que les adultes vivant sous le vent d'un lieu où a lieu une injection dans le sol dépassent leur limite de sécurité en 5 heures. Quant aux enfants, les plus vulnérables, ils dépassent la dose maximale en une seule heure ! De plus, ces calculs basés sur des données des industriels semblent sous-estimer le risque...Le gaz est relargué par le sol pendant de nombreux jours ".

Les intoxications recensées ne seraient donc que le sommet de l'iceberg.
Pour Générations futures, ce produit normalement interdit en Europe, bénéficie d'une dérogation scandaleuse.

Des émanations toxiques sur de larges zones autour des lieux d'épandage

Le métham sodium a provoqué des irritations des yeux et des voies respiratoires lors des intoxications. En temps normal, il ne pose pas de problèmes, se défendent les représentants des maraichers nantais. Mais cette année, le pesticide pulvérisé sur un sol exceptionnellement chaud en raison des températures estivales s'est évaporé rapidement sous forme de gaz, créant des émanations toxiques sur de larges zones autour des lieux d'épandage.

Le préfet a décidé de suspendre l'utilisation du pesticide pour 15 jours. Cette mesure pourrait être reconduite, en fonction de la météo notamment. Mais il n'est pas pour l'instant question de l'interdire en France, malgré les demandes des associations citoyennes Pan Europe, Générations Futures, France nature environnement et La sauvegarde de l'Anjou, pour ne citer qu'elles.

Anne-Françoise Roger


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