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Le Dr Bernard de Gudden : une nécrologie et l'avis d'un confrère

Publié le 08 novembre 2018 par Luc Roger @munichandco
Le Dr Bernard de Gudden : une nécrologie et l'avis d'un confrère

L'Encéphale : journal des maladies mentales et nerveuses / sous la direction de MM. B. Ball, J. Luys, Paris, G. Masson, 1886.
" Nécrologie
     Le Dr BERNARD DE GUDDEN est mort au mois de juin dernier, au château de Berg, victime du devoir professionnel On sait qu'il fut précipité dans une pièce d'eau par le roi de Bavière, auquel il donnait des soins.      Le Dr Gudden était né à Clèves en 1824. Il fit ses études médicales à Berne, à Berlin et à Halle ; reçu docteur en 1848, il devint l'aide de Jacobi et, plus tard, celui de Roller. Successivement directeur de l'asile d'aliénés de Werneck (1855), professeur de psychiatrie à l'Université de Zurich (1869), il fut nommé en 1872 à la direction de l'important asile de Munich.      Le Dr Gudden a publié de nombreux travaux, entre autres un mémoire traduit en français par le Dr Forel : Recherches expérimentales sur le développement du crâne. "
 Dr Ernest Monin (1856-1928), Misères nerveuses, Paris, Ollendorf, 1890.  Deux extraits.
" Tout persécuté est, effectivement, un candidat à l'homicide ou au suicide, selon qu'il prend activement ou passivement son propre délire. Malheureusement, le persécuté actif est, de beaucoup, le plus commun. Les exemples, hélas! sont loin d'être rares : rappelons les histoires de Verger, le prêtre assassin de Mgr Sibour; de Labouche, le meurtrier célèbre de son ami, patron de l'hôtel du Grand-Monarque, à Melun; de Louis II de Bavière, qui noya le docteur von Gudden dans les eaux du Starnbergsee... Un grand nombre de médecins ont d'ailleurs été, à l'instar de von Gudden, les victimes de fous persécutés devenus persécuteurs. Il serait long, si nous voulions l'écrire ici, le martyrologe do la médecine mentale ; — et de nature à justifier amplement le mot d'un aliéné célèbre, Gérard de Nerval : « S'il y a un enfer, ce seront les fous qui y traiteront les médecins ! »
" Les mélancoliques sont des malades dangereux, surtout pour eux mêmes, et d'autant plus dangereux qu'ils passent sans préparation aux actes. Gudden avait coutume de dire : « Défiez-vous toujours d'un mélancolique ». Il fut victime de l'inobservation de cette règle de sage clinique. Le roi Louis Il de Bavière l'entraîna avec lui dans le lac de Starnberg. "


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