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Critique Ciné : Sale Temps à l'hôtel El Royale (2018)

Publié le 12 novembre 2018 par Delromainzika @cabreakingnews

Sale Temps à l’Hôtel El Royale // De Drew Goddard. Avec Jeff Bridges, Cynthia Erivo et Chris Hemsworth.


L’histoire de Sale Temps à l’Hôtel El Royale est intéressante sur bien des points et notamment le découpage original du film permettant de comprendre le point de vue de chacun qui les a conduit à s’échouer dans cet hôtel (qui détient tout de même un film - et si l’on est suffisamment intelligent, on peut déduire ce qu’il y a dessus - sur JFK et Marilyn Monroe, prouvant au monde entier leur relation). Peu importe, bien que plein de défauts, le film nous plonge durant 2h30 dans cette aventure finalement bien plus palpitante que je n’aurais cru au départ. En jouant énormément sur les faux semblants, l’histoire nous révèle petit à petit le destin de chacun des personnages et Drew Goddard (La Cabane dans les Bois) utilise alors tous les ressorts narratifs possibles pour nous offrir un spectacle vivant. Sale Temps à l’Hôtel El Royale c’est aussi un portrait de l’Amérique de l’époque, où les rêves brisés sont bel et bien là et qui ne sont pas sans faire écho à ce qui se passe aux Etats-Unis de nos jours. On pourrait alors imaginer que ce film est le pire brûlot que Donald Trump ait connu depuis qu’il est devenu Président des Etats-Unis. Mais le film est loin d’être parfait, et c’est ce qu’il y a de plus dommage là dedans car la mise en scène de Drew Goddard fait des efforts pour rendre cet hôtel autrefois vivant, en lieu macabre et lugubre.

Janvier 1969. Alors que Richard Nixon entame son mandat comme 37e président des États-Unis, une nouvelle décennie se profile. À l’hôtel l’El Royale, un établissement autrefois luxueux désormais aussi fatigué que ses clients, sept âmes aussi perdues les unes que les autres débarquent.
Situé sur la frontière entre la Californie et le Nevada, l’El Royale promet la chaleur et la lumière du soleil à l’ouest, et l’espoir et les opportunités à l’est. Il incarne parfaitement le choc entre passé et présent. Autrefois, célébrités et personnalités politiques influentes s’y côtoyaient, au casino, au bar, à la piscine ou dans les suites somptueuses. Mais l’âge d’or du Royale est bel et bien révolu.

Le film s’installe petit à petit, avec quelques twists (dont la plupart sont prévisibles) qui permettent justement de nous conduire petit à petit vers la conclusion inévitable de cette histoire. Ce récit choral aurait probablement brillé différemment entre les mains d’un Quentin Tarantino (dont on ressent l’inspiration du début à la fin du film), mais ce polar pulp n’a rien de honteux et saura satisfaire les fans de genre. D’autant plus que le casting est plutôt sympathique. A commencer par Jeff Bridges en faux prêtre qui semble s’amuser comme un petit fou ou bien Jon Hamm en faux vendeur d’aspirateurs (qui finalement se trouve être un agent secret qui enquête sur les manigances de cet hôtel). La comédie n’est pas en reste elle non plus dans cet univers, et le personnage de Chris Hemsworth (qui doit probablement être inspiré de Charles Manson) apporte lui aussi un petit truc en plus. Si Sale Temps à l’Hôtel El Royale donne par moment l’impression d’être du rafistolage, il sait plutôt bien maîtriser son aventure pour que pendant deux heures et demie on passe un moment sympathique, sans trop réfléchir et se prendre la tête.

Note : 6.5/10. En bref, un polar pulp sur fond de brûlot du désenchantement des années Nixon (à transposer aux années Trump).


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