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Les Nouvelles Aventures de Sabrina / Chilling Adventures of Sabrina (Saison 1, 10 épisodes) : le petit Chaperon Rouge

Publié le 13 novembre 2018 par Delromainzika @cabreakingnews

Cette année, Netflix a décidé de lancer sa nouvelle version de Sabrina l’apprentie sorcière, adaptée des Archie Comics (que The CW a déjà adaptée une partie de l’univers avec Riverdale, également proposée sur Netflix à l’international). Les Nouvelles Aventures de Sabrina tente alors de surfer sur la vague du teen-show un brin horrifique avec des aventures de sorcellerie. Si Les Nouvelles Aventures de Sabrina était au départ destinée à être diffusée sur The CW, c’est finalement Netflix qui a racheté les droits et a commandé deux saisons de dix épisodes chacune. Dans la structure de la saison 1, on sent que la suite est elle aussi importante et que la saison 1 n’a pas été faite sans penser à la suite. Cette série n’est pas la gentille sitcom des années 90, mais bel et bien une relecture gothique de l’histoire de Sabrina, probablement plus proche des comics et surtout de l’univers déjà construit de Riverdale. Mais l’on ne peut pas vraiment comparer la série de notre enfance à cette nouvelle version, puisque nous sommes ici dans une adaptation de comics plus glauque, proche d’un monde horrifique. Créée par Roberto Aguirre-Sacasa (Riverdale), la série nous plonge alors dans les aventures de Sabrina, qui s’apprête à fêter ses seize printemps. Et c’est à ce moment qu’elle doit faire un choix : être baptisée pour devenir membre de l’Eglise de la Nuit ou bien renoncer à ses pouvoirs et vivre une vie de mortelle (puisqu’elle est née d’un père warlock et d’une mère mortelle).

Sans trop de difficultés, la série parvient à nous plonger dans ses aventures où l’esthétique apporte forcément son petit truc en plus. On n’est pas sans penser à Guillermo Del Toro quand on regarde cette première saison de Les Nouvelles Aventures de Sabrina, même si la lisibilité de certaines scènes, trop sombres, laisse parfois un arrière goût amer. La série veut en parallèle développer des sujets de société forts, de façon assez intelligente et notamment au travers du lycée dans lequel Sabrina fait ses études. Des questions très adolescentes sont posées tout en ajoutant également quelques éléments plus adultes. Le but est clairement de séduire l’ensemble de la famille afin de ne pas laisser certains téléspectateurs inintéressés par le projet. Le Dark Lord (aka Satan) devient alors une vraie métaphore intéressante, à laquelle s’ajoute forcément l’Eglise de la Nuit, dont les rites sont coincés dans une autre époque (et le procès de Sabrina dans la première partie de la saison est un symbole percutant que le scénario balaye à sa façon, sans fausses notes). La série décide aussi de parler de la place de la femme (tout en faisant de Sabrina une femme libre, dans l’ère du temps) face à des hommes qui n’ont pas évolués et qui sont coincés dans un autre temps.

Grâce à des personnages très différents les uns des autres, Les Nouvelles Aventures de Sabrina permet de représenter tout un tas de minorités (un peu comme Riverdale a déjà pu le faire). Et le créateur parvient alors à faire de ses personnages, pour certains un peu « misfits », des forces pour développer un récit plus large. Kiernan Shipka est quant à elle à l’aise dans le rôle de Sabrina et parvient alors rapidement à devenir la figure de proue du navire. Elle maîtrise les scènes de façon suffisamment intéressante pour ne pas donner envie au téléspectateur de décrocher. Même si certains épisodes sont parfois un brin plus faibles que d’autres à cause du sentiment de répétition de certaines intrigues qui piétinent, les tantes de Sabrina, Hilda (incarnée par Lucy Davis) et Zelda (incarnée par Miranda Otto) sont alors là pour équilibrer le tout et apporter un ton totalement différent et peut-être moins adolescent à Les Nouvelles Aventures de Sabrina. Hilda et Zelda sont d’ailleurs des personnages importants qui permettent eux aussi l’évolution intelligente de la saison alors que leurs personnages prennent petit à petit racine dans l’univers de Sabrina, sans pour autant effacer les autres. L’épaisseur des personnages se gagne donc au fil des épisodes.

C’est probablement pour cela que Les Nouvelles Aventures de Sabrina a été construite sur les deux saisons que Netflix a commandé de la série et pas en découpant les deux saisons comme indépendantes l’une de l’autre. Reste à voir maintenant si la série va parvenir à garder un vrai équilibre entre les intrigues de chacun épisode et la mythologie assez riche qu’elle a encore à développer. Le rythme n’est pas toujours suffisamment soutenu mais le téléspectateur patient est alors récompensé par moment grâce à quelques agréables surprises. Reste donc à savoir si la seconde saison va confirmer ou non que cette nouvelle adaptation des aventures de Sabrina va dans le bon sens ou bien si elle reste encore fragilisée par quelques idées ennuyeuses développées en parallèle de la mythologie.

Note : 7/10. En bref, une relecture gothique des aventures de Sabrina, loin de la sitcom de mon enfance, mais assez passionnante pour nous donner envie de nous plonger dans une seconde fournée.


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