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On reparle des classes populaires, des péri-urbains, partis politiques... (billet de Mai 2011 )

Publié le 17 décembre 2018 par Marc Vasseur
L'actualité aidant, une personne sur twitter a exhumé un vieux billet que j'avais écrit en Mai 2011. A l'époque, je parlais du Parti Socialiste... sans fausse modestie, j'avais vu plutôt juste... Aujourd'hui, on peut déjà parler d'un autre "parti" mais tous sont concernés... Ce billet n'a malheureusement pas vieilli, classes populaires, péri-urbain. Il suffit de changer le nom du parti et son obédience partisanne.

Extraordinaire note de la fondation proche du PS, Terra Nova, quant à la stratégie que le Parti socialiste doit adopter pour les prochaines échéances électorales. En clair, les auteurs préconisent d'abandonner les classes populaires.

Je n'invente rien, c'est écrit noir sur blanc: "Il n'est pas possible aujourd'hui pour la gauche de chercher à restaurer sa coalition historique de classe : la classe ouvrière n'est plus le cœur du vote de gauche, elle n'est plus en phase avec l'ensemble de ses valeurs, elle ne peut plus être comme elle l'a été le moteur entraînant la constitution de la majorité électorale de la gauche. La volonté pour la gauche de mettre en œuvre une stratégie de classe autour de la classe ouvrière, et plus globalement des classes populaires, nécessiterait de renoncer à ses valeurs culturelles, c'est-à-dire de rompre avec la social-démocratie."

Si on peut effectivement penser que cet électorat a, depuis de nombreuses années, délaissé le Parti socialiste (à la notable exception de 2007) pour se réfugier massivement dans l'abstention (je vous renvoie à ma petite analyse sur le vote dans les grandes villes aux dernières cantonales) ou pour se rapprocher du Front national, il me semble que justement l'un des enjeux de cette présidentielle est de réussir à raccrocher les classes populaires pour le PS, mais plus encore pour l'ensemble des gauches (je deviens allergique à cette définition binaire et obsolète sur un certain nombre de sujets).

Aussi, je ne sais que penser de ce quarteron de têtes bien faites, si ce n'est que leur cynisme est à la lisière du mépris envers ces classes populaires durement touchées au cours des 30 dernières années, tant dans leur difficulté à vivre au quotidien que dans les perspectives offertes à leurs enfants.

Ce qui est reproché à celles-ci : leur difficulté à accepter la mondialisation joyeuse. Elles osent revendiquer davantage de protection, et en forçant un peu le trait, il ne doit pas être trop difficile d'y trouver cette thématique qui reste un tabou pour la gauche... la sécurité.

Sans me lancer dans une définition de la social-démocratie (je n'en ai pas les compétences), je crois néanmoins pouvoir dire que si les grands partis sociaux-démocrates se lancent dans cette voie, elle mourra sans fleurs, ni couronne - peut-être l'est elle déjà d'ailleurs ?

Au passage, je note qu'à ce train d'enfer de la désintellectualisation de la social-démocratie, on peut s'interroger : vers qui va-t-elle pouvoir s'adresser, puisqu'on assiste aussi à des pertes sensibles pour le PS dans les zones péri-urbaines ? La gauche n'aurait donc plus comme seul horizon électoral que les centres urbains aisés ou culturellement très actifs ?

Si par malheur, le candidat socialiste mais également ses partenaires potentiels allaient dans cette voie, la seule victoire qui pourra être commémorée dans les prochaines années sera celle de Marine Le Pen qui mord dangereusement sur ces deux électorats.


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