Magazine Environnement

Repérer les signaux faibles, élargir son champ perceptif et faire ce qui est à faire, à son échelle.

Publié le 30 décembre 2018 par Valabregue

Eu égards aux immenses défis que nous avons à résoudre et qui nécessitent une plus grande intelligence partagée, de meilleurs dialogues sur tous les sujets sensibles de notre planète, le matraquage du sensationnel du quotidien  est une des formes de toxicités les plus redoutables de nos temps modernes. 

La tendance à vouloir commenter l’actualité de façon pressante, sans avoir véritablement les tenants et les aboutissants de ce qui est décrit, pèse d’une façon non négligeable sur notre capacité à affronter les problèmes du monde.
Je suis fortement étonné que de nombreuses personnes, avec qui j’estime partager des fondamentaux, s’expriment dans une précipitation  et une frénésie préoccupante. Comment, en publiant 10 post par jour  au minimum, peut-on  laisser la place à la confrontation des points de vue et à l’élaboration de propositions ?

A l’opposé de la fureur qui cherche à  nous endormir par le sensationnel, nous pensons qu’il est essentiel de pister les signaux faibles qui feront le monde de  demain. A la manière dont JB Morizot apprend de la traque des animaux sauvages, nous pourrions plus apprendre de l’attention portée aux débuts de quelque chose (ce que faisaient les traditions séculaires chinoises). Ne pas croire que les choses les plus importantes soient figées dans des certitudes  gravées dans le marbre.  Ne pas croire que ce qui est notifié comme important par les médias du monde entier, le soit. 

Regardons l’année 2018, en nous situant 60 ans après, ou plus. Que retiendrions nous ?  Pas grand chose qui est notifié dans les principaux média que nous avons lus.

  • Peut-être la libération d’une  certaine parole, qui peut devenir nauséabonde, au demeurant ? N’oublions  jamais que les moments de forte irruption finissent toujours pas retomber et que se coltiner les dossiers lourds que sont l’éducation, la justice, l’équité sociale, la limitation des toxicités multiples… ne se fait pas à grand coup de gueule.  
  • Probablement 2018 marquera le début de la fin de l’intégrisme musulman (cela va prendre 50 ans au bas mot) par la concession faite aux femmes d’Arabie saoudite de pouvoir conduire ? On commence par libérer la femme et on ne peut plus rien arrêter. En attendant il continue a faire souci, puisque même l’Europe essaye de trouver des biais pour laisser une place à la Charia, comme l’Angleterre au demeurant. D’un point de vue plus restreint l’instauration d’un Etat National Juif, marque la fin des  véritables rêves sionistes. Je retiendrais de cette année le prix  Nobel de la paix attribué à  Denis Mukwege,  pour son inlassable soutien aux femmes violentées, salué par des milliers de norvégiens une bougie à la main.
  • Au plan intérieur, la révolte des gilets jaunes( qui a pointé un vrai mépris des délaissés) va permettre à Macron de rebondir et risque de montrer les faiblesses de l’opposition. La fin de l’interprétation de ce qui se passe à travers un seul filtre, semble acquise, même l’on constate encore de forts soubresauts, dus à a difficulté de regarder le monde  de façon non binaire. Distinguer les bons côtés d’entreprendre, de stocker, de nettoyer les écuries, de renouveler les choses, doit être conservé pour réduire de façon  notable la croyance en la régulation par le seul marché. Le fait que l’année passée ait été la plus chaude du siècle ne signifie pas que nous ayons trouvé les moyens d’y remédier. Tant il est vrai que l’attention est trop focalisée sur une cause principale : le CO2.
  • Plus vraisemblablement  l’histoire retiendra un premier frisson d’alerte de la communauté scientifique sur les élucubrations eugénistes d’un médecin chinois qui, pour des raisons bidon (la non transmission du virus H.I.V), a contribué à la naissance du premier humain avec un code génétique modifié. Cela aura permis au genre humain d’apprendre à mieux considérer l’importance de ce qui l’entoure au cours de sa vie.  Non ! nous ne sommes absolument pas déterminés par nos gènes ! Les premiers succès de greffes de poumons (issus de la bio-ingenérie) chez les cochons  marquent certainement le début de quelque chose qui va progresser. De même que la fabrication de viande à  partir de cellules souches annonce la décroissance de l’élevage multimillénaire (Bill Gates a investi 14 milliards dans une start up). L’importance des vaisseaux lymphatiques méningés comme dispositif de drainage des toxines du cerveau est établi et aura des conséquences dans le soin des maladies neurovégétatives. La restauration de la marche de personnes paralysées des membres inférieurs  par une stimulation de la moelle épinière, sera considérée comme une grande première. Les découvertes, récompensées par le Nobel,  de James Allison et  Tasuku Honjo sur l’immunothérapie du cancer sont peut-être le début d’une nouvelle voie pour la médecine.

Que tout ceci soit l’occasion pour plaider un dossier toujours aussi inaudible : observer, même chez les plus opposés à nos valeurs comme les Salvini, Bolsonaro, Trump, Erdogan, Orban, Dutertre,  et autres Strache, ce qu’ils sont obligés de faire et que nous croyons juste.

C’est un exercice hautement important qui relève de la traque de l’universel  qui se déploie, à un moment donné chez tout être vivant. Incapable d’en faire une liste, je peux  néanmoins détecter des traces d’intelligences partageables (un début de respect de l’Amazonie au Brésil,  pointage de la santé mentale déficiente  aux USA, non destruction de l’Obama Care, …) qui nous révèle les points d’ancrages forts de l’humanité dans les prochaines décennies. Par ailleurs cette idée de chercher chez notre pire ennemi ce que nous partageons est hautement signifiant, car il nous recentre sur ce qui pourrait opérer des bascules. Je me souviens, à ce sujet de Gitta Sereny, une amie de ma mère, me parlant des traces d’humanité  du dernier commandant vivant des camps de concentration à Treblinka qu’elle avait interviewé.

Le repli identitaire nationaliste, comme remède à la mondialisation incontrôlée ne pourra se réduire que si l’on met sur la table des sujets qui fâchent et ne semblent pas trouver de solutions. Les réseaux de drogue, les industries d’armement,  les quartiers mal desservis,  la vraie pauvreté, les robots comme remède à presque tout,  les lourdeurs administratives, l’absence de lieux de rencontre entre humains d’un même quartier, le manque total de plans au long terme, la mauvaise formation des élites,  la toute puissance des egos, la persistance des désespérances,  le dopage médiatique… et autres broutilles qui devraient nous obliger à faire en premier lieu un travail de reformulation de ce que nous pensons pourvoir partager massivement associé à un programme résolutoire associé.

Puisse chacun identifier deux ou trois priorités maximum, s’y tenir, s’exercer à élargir son champ d’observation et évaluer son action. 

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