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Sex Education (Saison 1, 8 épisodes) : Maman, dessine moi le sexe

Publié le 30 janvier 2019 par Delromainzika @cabreakingnews

Ce que je peux aimer Gillian Anderson. Cette actrice me fascine toujours et la retrouver dans Sex Education, l’une des dernières créations made in Netflix, me rendait forcément curieux. Mais derrière ce titre parfois un brin racoleur se cache une série britannique étonnante, avec un humour soigné, des personnages attachants et un environnement par moment absurde qui colle parfaitement à l’esprit britannique des comédies. Créée par Laurie Nunn (The Summer House), cette série sait donc être drôle, étrange mais aussi assez réaliste dans sa façon de dépeindre les choses. Nous sommes alors plongés dans l’adolescence, un sujet fétiche pour les séries du genre, qui permet de passer au peigne fin non sans pudeur un moment de son existence où la sexualité s’éveille. Mais ne vous y méprenez pas, ce n’est pas une série sensée éduquer les ados sur le sexe, mais c’est simplement une astuce narrative afin de parler de l’adolescence et de la difficulté de passer cette période de son existence. Nous sommes alors placés face à deux lycéens puceaux qui ignorent tout de ce que le sexe peut représenter, mais qui vont alors aborder la sexualité au sens large grâce à leur petite cabinet de thérapie. Car la mère de Otis est sexologue, donc pourquoi ne pourraient-ils pas eux aussi en apprendre sur la sexualité…

La rebelle Maeve entraîne Otis, un ado vierge mais doté d'une mère sexologue, dans la création d'une cellule de thérapie sexuelle clandestine au sein de leur lycée...

Dès le premier épisode, le personnage d’Otis devient attachant. Si la série doit beaucoup au talent de Asa Butterfield dans son rôle de lycéen un peu en marge de tous les autres, avec une mère qui n’a pas sa langue dans sa poche quand il s’agit de parler de sexe. Le petit business qui nait rapidement dans cette histoire est fascinant, car la série s’amuse avec nous et avec ses personnages. Le sujet de départ est pourtant assez complexe mais Sex Education parvient à raconter la sexualité avec des images positives et variées, ce qui rend le tout assez passionnant. Il faut rappeler que les scénarios de la série ont été validés par un éducateur sexuel, ce qui permet de rendre le tout un brin plus réaliste malgré l’absurdité de pas mal de scènes. Mais tout cela colle parfaitement à l’humour décalé de la série qui est propre de la comédie britannique. Il y a toujours une partie d’éléments complètement farfelus, ce qui rend le tout assez intéressant dans son ensemble. Mais Sex Education n’est pas là pour éduquer des ados au sexe, car finalement l’éducation sexuelle n’est qu’une excuse pour raconter tout un tas d’histoires qui rodent dans le monde de l’adolescence (les premiers émois, les relations amoureuses, la difficulté d’être un « outsider » au lycée, la pression des gamins populaires, etc.).

Car Sex Education va aussi aborder l’amitié, celle de Maeve et Otis, qui rend la série fluide et assez détonnante parfois. La relation entre les deux personnages est tout simplement succulente et donne aussi son charme au récit. Si par moment on peut encore penser à Skins, elle n’a pas le même ton. Disons que Sex Education est assez sage et bienveillante dans ce qu’elle entreprend car le but est semble t-il de parler de l’adolescence avec humour sans vraiment faire de vague. Peut-être que le côté édulcoré de la chose rend la série finalement un brin moins excitante mais pour ma part j’ai trouvé que cela changeait un peu de tout ce que l’on a vu auparavant. Cette douceur amère qui plane au dessus des huit épisodes de la saison 1 est probablement ce qui m’a le plus charmé et permet aussi de s’attacher plus rapidement aux personnages que l’on ne pourrait l’imaginer au déjà. Sex Education est donc un divertissement qui, au delà de ses réflexions parfois un brin moralisatrice sur la vie, propose de véritables aventures étonnantes, sans parler de la mise en scène de la série, tout aussi réussie.

Note : 8/10. En bref, une agréable surprise qui mérite rapidement une saison 2.


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