En 2012, 52,07% des foyers fiscaux payaient la totalité de l’impôt sur le revenu. En 2016, c’est seulement 43,68% des foyers fiscaux qui sont concernés par l’impôt avec une baisse de 13,45% des assujettis, soit 2,5 millions de foyers fiscaux devenus non imposables. Dans le même temps, le montant de l’impôt sur le revenu net perçu par l’État a progressé de 12,99% pour atteindre un total de 70,3 milliards € en 2016 au détriment du pouvoir d'achat des classes moyennes (revenu > 50k€) et aisées (revenu >100k€).
771 899 foyers fiscaux déclarant plus de 100 000 € en 2016, soit 2,04% du total des foyers fiscaux, ont payés 41,32% de l’impôt sur le revenu pour un total de 29 milliards d’euros en 2016 avec une augmentation de 19,77% de leur contribution à l’impôt sur 5 ans.
3 388 432 foyers fiscaux déclaraient entre 50 000 € et 100 000 € de revenus en 2016, soit 8,94% du total des foyers fiscaux, ont payés 30,23% de l’impôt sur le revenu pour un total de 21,26 milliards d’euros en 2016 avec une augmentation de 20,36% de leur contribution à l’impôt sur 5 ans. Il est communément admis que 10% des foyers fiscaux acquittent 70% de l’impôt sur le revenu en France, Pour être plus précis, le total des classes moyennes et classes aisées assujetties à l'impôt représentaient, en 2016, 10,98% des foyers fiscaux qui payaient 71,55% de l'impôt sur le revenu après avoir subi une augmentation d'environ 20% de leur contribution entre 2012 et 2016. Ce sont donc les classes moyennes et les classes les plus aisées, soit environ 4 millions de foyers fiscaux, qui acquittent leur impôt en silence et participent le plus activement au budget de l’État en permettant à plus de 21 millions de foyers fiscaux de ne pas payer d’impôt sur le revenu, sans aucune reconnaissance, ni des français exonérés d'impôt, ni de l'État.
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A une époque où il devient urgent de relancer notre économie, les niches fiscales sont des outils d'incitation particulièrement performants et certaines ont démontrés leur efficacité pour soutenir des secteurs clés de notre économie sous réserve que l'État en fasse la promotion.
Alors, Monsieur Darmanin, plutôt que de réduire les niches fiscales qui permettent à quelques-uns de diminuer légitimement l'impact de leur impôt sur le revenu, soyez ambitieux et incitez plutôt les français, quel que soit l'impôt payé, à participer à la croissance de notre économie nationale et bénéficier aussi de ces niches fiscales pour plus de justice face à l'impôt.
A propos de l'auteur : Charlotte Ladriere est directeur général de Dom Com Invest, opérateur en avantages fiscaux outremer, et fondateur de domcomagricole.fr, 1ère plateforme dédiée à la niche fiscale Girardin Agricole.
