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Huge in France (Saison 1, 8 épisodes) : Small on Netflix

Publié le 15 avril 2019 par Delromainzika @cabreakingnews

Gad Elmaleh est « Huge in France », mais aux Etats-Unis, le « Ray Romano français » ou « Seinfield français » est un illustre inconnu. Pour sa 4ème incursion en France, Netflix nous propose donc une comédie dramatique de Gad Elmaleh lui-même (aidé de Jarrad Paul - The Grinder - et Andrew Mogel - The Grinder -)  et avec Gad Elmaleh dans un double fictif de lui-même. Si Larry David a très bien réussi à le faire avec la brillante Curb Your Enthusiasm, Gad Elmaleh tombe ici sur un os. Un gros os. Du coup, Gad ressort à toutes les sauces ses tirades de Caliméro accusé de plagiat au milieu d’une intrigue qui ronronne du début à la fin : celle d’un père qui veut retrouver son fils et la mère de ce dernier alors que le père adoptif est obsédé par un rôle pour une série sur FOX. J’aime bien les séries qui racontent ce genre d’aventures mais ce chemin de croix que Gad fait à Los Angeles afin de se racheter une image ne fonctionne jamais. Si Gad est très drôle quand il le veut bien sur scène (chacun ses goûts), il n’est pas drôle ici et d’ailleurs, une réplique de la série vient même à dire qu’il aurait peut-être jamais été drôle. Si l’autodérision donne par moment quelques bonnes répliques (il faut reconnaitre aussi de bonnes choses à Huge in France), la série manque de pas mal d’ingrédients qui font le succès et la richesse de Curb Your Enthusiasm.

Gad est un artiste célèbre... en France. A un tournant de sa vie, il décide de tout plaquer et s’installe à Los Angeles  dans l’espoir de renouer des liens avec son fils de 16 ans dont il a été séparé, aujourd’hui devenu mannequin, et qui déteste la comédie. Il devra y arriver sans pouvoir faire appel aux avantages de la célébrité.

Je ne peux m’empêcher de comparer les deux séries car elles ont des points communs. Mais Huge in France a du mal à péter un bon coup pour se donner à fond. Il aurait été intéressant de voir Gad s’amuser comme il peut le faire quand il fait le pitre sur le plateau de TPMP (et Huge in France compare TPMP au Tonight Show… ce qui est un peu étrange). Mais non. Son visage de dépressif qui a tout perdu s’imprime dans l’esprit du téléspectateur et du coup, l’histoire en pâti complètement. Et les personnages qui l’entourent sont de sombres idiots. Le fils, mannequin en herbe, incarné par la plante verte Jordan Ver Hoeve, est sûrement l’un des personnages les moins bien écrits. Sans parler de son ex compagne, incarnée par Erinn Hayes, qui devient très rapidement irritante. Tout au long de cette première saison, Huge in France mange aussi à tous les râteliers en imaginant que quelque chose va prendre à un moment et donner à cette sauce une saveur intéressante. Puis la série tombe alors dans le piège du choc des cultures entre la France et les Etats-Unis (et la blague redondante de Chris d’Elia sur la forme des pénis suivant leur origine est vraiment lourde).

Mais voilà, « Baba » n’arrive jamais à faire décoller son personnage, ni dans l’humour ni dans l’émotion. Pourquoi ne pas passer le soi-disant passer catastrophique de Gad/Gary lors du stand-up qu’il fait en illustre inconnu à côté de ce bowling ? On pourrait alors croire que Gad ne veut pas égratigner son image. Sans parler de ces flashs constants qui le montrent sur scène avec des milliers de personnes en face de lui. Si Gad Elmaleh peut profiter de Huge in France pour faire la promotion de ses spectateurs disponibles sur Netflix, je trouve que le récit que l’on nous offre ici est bien loin d’être passionnant. Peut-être est-ce le manque d’implication dans les différences culturelles, dans être célèbre en France et inconnu aux Etats-Unis, dans cette aventure familiale capillotractée qui n’a jamais de sens ou d’intérêt. Je ne sais pas trop pourquoi Huge in France n’aura jamais fonctionné si ce n’est un manque cruel d’écriture de la part des scénaristes. Gad Elmaleh devrait donc continuer d’écrire des sketchs pour ses spectateurs et arrêter de faire des séries pour Netflix car celle-ci fût un vrai calvaire.

Note : 2/10. En bref, Huge in France aurait pu être le Curb Your Enthusiasm français et finit par rater tout ce qu’il entreprend. Dommage.


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