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The Society (Saison 1, 10 épisodes) : mais oui mais oui, l'école est finie

Publié le 21 mai 2019 par Delromainzika @cabreakingnews

Sans adultes le monde peut rapidement devenir le chaos. C’est en tout cas l’expérience qui doivent vivre une bande d’adolescents qui se retrouvent livrés à eux mêmes, sans possibilité de sortir de leur riche ville de la Nouvelle Angleterre. C’est donc un peu une sorte de Under the Dome pour adolescents avec du survival en carton où le but clair est de mettre en scène des ados qui doivent construire une société avec des règles… eux-mêmes. Créée par Christopher Keyser (Tyrant, La vie à cinq), la série avait sur le papier tout pour séduire. Et le premier épisode était suffisamment correct pour donner l’envie au téléspectateur de poursuivre l’aventure. S’en suit cependant une ribambelle d’épisodes assez mous où les amourettes de chacun deviennent l’élément narratif le plus important et cassent un peu le délire. Mais dans son survival pour ados, The Society n’arrivent pas à rendre l’histoire suffisamment crédible tant les comportements de chacun sont totalement déconnectés de la survie. Notamment sur le rationnement de la nourriture qui aurait pu être un élément narratif à creuser et qui est plus ou moins jeté dans une sous intrigue pour mieux soulever le problème des relations que les uns entretiennent avec les autres. C’est comme la morsure de serpent qui va tuer l’une des jeunes adolescentes du groupe dans les premiers épisodes. Si cela aurait pu donner un coup de pouce à l’histoire et proposer de vraies réflexions (notamment sur le comportement auto-destructeur de certains) alors The Society aurait été sauvée.

Des adolescents sont mystérieusement transportés, sans laisser de traces, vers un fac-similé de leur riche ville de la Nouvelle-Angleterre. Afin de revenir dans leur "vraie" ville mais aussi pour survivre, des alliances vont devoir s'établir au plus vite.

Mais non, la série préfère largement se concentrer sur des intrigues ennuyeuses et des personnages mal développés. Par chance cependant, il y a quelque chose de paradoxal là dedans. Le faut que le côté fantastique de la série ne soit pas vraiment traité permet de se concentrer plus sur les personnages (et c’est le coeur de la série). Sauf que beaucoup de personnages sont stéréotypés et manquent alors de relief. C’est dommage car avec un casting légèrement moins uniformisé, je suis sûr et certain que cela aurait pu donner quelque chose de formidable. Le premier épisode, certes poussif, pose plutôt bien les bases de la série sans faire de chichis. C’est la suite qui a du mal à décoller, préférant laisser ses personnages navigué de scènes en scènes. Librement adapté du roman Sa Majesté des Mouches de William Golding (que je n’ai jamais lu), la série se concentre donc sur les liens interpersonnels des personnages plutôt que d’éluder la grande question autour de cet isolement étrange. Il y a quelques fois des références faites à pourquoi ils se retrouvent enfermés dans cette ville sans lien avec l’extérieur (alors que leurs téléphones fonctionnent). Le manque d’implication des scénaristes dans les dialogues n’aident pas non plus à se prendre au jeu. On a souvent l’impression que tout a été simplifié au maximum pour éviter de trop en faire et c’est bien dommage.

La série prend par moment le pari de faire des choix qui payent mais qui payent seulement quelques épisodes ou quelques minutes pour mieux revenir à ses travers. Si l’enchainement des épisodes permet parfois de trouver des qualités au produit (notamment dans la seconde partie de la saison), globalement il manque un vrai truc à l’ensemble qui aurait réellement pu devenir fascinant. Notamment quand ces jeunes décident de créer un système juridique, le fonctionnement démocratique de la nouvelle « société », la mise en place d’une autorité ou bien de la contribution individuelle, etc. Si The Society ne promet jamais de grandes raisonnances philosophiques, je trouve qu’il est dommage de ne jamais suffisamment bien exploité certains filons qui auraient peut-être mérité d’être réellement mis en avant. Sans parler de la mise en scène dont pâti là aussi la série. Cela manque cruellement de personnalité et l’on a l’impression que Netflix a mis son grain de sel pour rendre la série uniforme avec toutes ses productions du genre. Le dernier virage, celui pris dans le dernier épisode, a le mérite de rendre curieux à l’idée de voir une potentielle saison 2.

Note : 4/10. En bref, des efforts faits ne permettent pas toujours de faire du postulat de départ quelque chose de grandiose, ruiné par des choix narratifs douteux et une errance des personnages légèrement ennuyeuse.


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