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Général Electric : une banqueroute nommée Macron !

Publié le 04 juin 2019 par Albert @albertRicchi
Turbines à gazQuarante-huit heures seulement après les élections européennes, l’américain Général Electric, qui a repris Alstom en 2015, annonçait la suppression de 1 044 emplois en France, ce qui risque de conduire à la fermeture du site de production de turbines à gaz de Belfort.
Une rapidité comme s’il y avait urgence à ne plus différer ce qui se préparait de longue date et qui avait été reporté après les élections afin de ne pas nuire au résultat de la liste « Renaissance » initiée par le président de la République…
Ce n’est pas la première fois que des groupes industriels annoncent des plans de licenciement après des élections : le groupe PSA avait ainsi expressément prévu de fermer l’usine Citroën d’Aulnay après l’élection présidentielle de 2012.

Et aujourd’hui, comment croire que le gouvernement n’était pas au courant du dossier Alstom alors que c’est Emmanuel Macron qui s’est occupé de ce dossier depuis l’automne 2012, lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Élysée. C’est lui qui a négocié à l’époque dans le dos du gouvernement la reprise par GE, puis s’est évertué à mettre en pièces les rares mesures de protection que voulait imposer Arnaud Montebourg, son prédécesseur au ministère de l’économie, pour protéger un peu les activités de la branche énergie d’Alstom, dans le cadre de la reprise, pour justement éviter la disparition programmée de l’activité en France.

Les productions de Belfort sont d’ailleurs si inintéressantes qu’elles ont été rapatriées pour l’essentiel aux États-Unis. Un scénario que redoutaient les salariés et les experts dès l’annonce initiale du rachat d’Alstom par GE.

La seule préoccupation du gouvernement, après ces annonces, a été de se dédouaner, se défendant notamment d’avoir été informé des projets du groupe américain. « On n’était pas plus au courant que les personnes concernées », a juré sur France Info la secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher. Une dénégation reprise également par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui évoque Belfort comme un dégât collatéral de la transition écologique.

Le champ de ruines de l’industrie en France
Au lendemain de l’annonce de ces licenciements en rafale, le gouvernement ne s’est pas interrogé sur les moyens à mettre en œuvre pour inverser cette tendance. Sa politique de l’offre, fondée sur une réduction du coût du travail et de l’abaissement des droits sociaux, était censée répondre à la désindustrialisation, au déséquilibre interne créé par l’euro, au manque d’innovation et de créativité de l’industrie française et à la financiarisation démesurée :
  • Le repreneur de Whirlpool à Amiens, dossier emblématique suivi personnellement par Emmanuel Macron comme il l’affirmait en 2017, a placé l’usine en redressement judiciaire, faute d’activité suffisante. 
  • Les anciens salariés de la branche exploration-production gazière de GDF, reprise par Neptune Energy qui compte parmi ses partenaires financiers les fonds d’investissements Carlyle Group, CVC Capita et le fonds souverain chinois (China Investment Corporation) ont appris toujours le 28 mai l’agonie de leur travail en France. En deux ans, tout a été délocalisé à Londres et le licenciement des 113 salariés restants vient d’être annoncé.
  • Les salariés de l’aciérie d’Ascoval à Saint-Saulve se demandent ce qui les attend : le jour même où la reprise du site par British Steel, conçue avec le soutien des pouvoirs publics, devait être officialisée, le repreneur du sidérurgiste britannique, le fonds Greybull Capital, annonçait la mise en redressement judiciaire du groupe anglais. 
  • La fermeture de l’usine Ford de Bordeaux, que les salariés contestent devant les tribunaux. 
  • Le papetier Arjowiggins faute d’être suffisamment rentable ferme le site de la Sarthe  qui compte environ 600 salariés.
  • Deux entreprises de pièces automobiles, Saint-Jean Industries Alu et les Fonderies du Poitou, sont reprises par un investisseur britannique, Liberty House.
  • etc.
La France, à l’exception du Luxembourg, de Chypre, de la Grèce et de Malte est aujourd’hui le pays européen dont le secteur industriel est le plus atrophié de l’Union européenne. Il représente à peine 11 % de l’activité économique, contre 23 % en Allemagne et 15 % en Italie. La France a un outil productif sous-dimensionné par rapport à son économie, ce qui la condamne à un déficit permanent et à un appauvrissement, dans l’indifférence du gouvernement.

Emmanuel Macron a appris depuis longtemps à manier des éléments de langage contradictoires, illustrant au passage la haute estime qu'il porte à l’opinion publique. Il ajoute aujourd’hui au cynisme l’injure de prendre tous les citoyens pour des imbéciles…

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