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En souvenir des pionnières du football féminin

Publié le 07 juin 2019 par Philostrate

     La médiatisation du football féminin est un phénomène récent mais sa pratique, elle, ne date pas d'hier. Contrairement à ce qu'a pu laisser croire récemment le film "Comme des garçons", qui s'inspirait de l'histoire des joueuses de Reims à la fin des années 1960, c'est bien quatre décennies plus tôt qu'il faut aller chercher les vraies pionnières du ballon rond.

Equipe de France, avril 1920, http://gallica.bnf.fr/

Equipe de France, avril 1920, http://gallica.bnf.fr/

     A partir de 1920, le football féminin connaît un véritable essor. Conséquence de la première guerre mondiale, l'émancipation des femmes trouve avec le sport un nouveau terrain d'expression. Dans les années folles, parfois coiffées à "la garçonne" façon Mademoiselle Chanel ou Kiki de Montparnasse, les joueuses s'organisent et les clubs fleurissent, notamment en région parisienne. Sans doute la plus connue, car représentante d'un club omnisports né dès 1912, la section football de Fémina Sport multiplie les rencontres sur les terrains de Paris et sa banlieue pour populariser sa discipline.

Fémina Sport, avril 1927, http://gallica.bnf.fr/

Fémina Sport, avril 1927, http://gallica.bnf.fr/

     Ses adversaire ont pour nom La Ruche Sportive, L'Olympique, L'En Avant, L'Académia, Les Sportives de Reims, Les Hirondelles ou les Cadettes de Gascogne. L'équipe de France, elle, joue contre la Belgique et traverse la Manche pour défier l'Angleterre, berceau du football féminin avec ses premiers clubs nés à la fin du XIXe siècle. Avec leurs bérets vissés sur la tête, à la mode de l'époque, les joueuses font preuve d'un engagement qui n'a rien à envier à celui de leurs homologues masculins. Sous le regard vaguement ironique de certains journalistes, voire franchement hostile du Baron Pierre de Coubertin qui, pour avoir rénové les Jeux Olympiques, n'était guère visionnaire en matière de sport féminin. Pour ne pas dire réactionnaire : "S'il y a des femmes qui veulent joueur au football ou boxer, libre à elles, pourvu que cela se passe sans spectateurs, car les spectateurs qui se regroupent autour de telles compétitions n'y viennent point pour voir du sport". N'en déplaise au Baron, les téléspectateurs qui assisteront cette année à la coupe du monde de football féminine en France se compteront par millions et pas pour se rincer l'œil, mais bien pour suivre une compétition où les Bleues auront à cœur de rendre hommage à leurs aïeules, qui pour taper dans un ballon ont dû défier tous les préjugés. A commencer par ceux du père de l'olympisme moderne.

Pantin, 1925, http://gallica.bnf.fr/

Pantin, 1925, http://gallica.bnf.fr/


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