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Critique Ciné : Parasite (2019)

Publié le 11 juin 2019 par Delromainzika @cabreakingnews

Parasite // De Bong Joon Ho. Avec Song Kang-Ho et Lee Sun-kyun.


Derrière le cinéma de Bong Joon Ho se cache toujours une certaine forme de cynisme social, que l’on retrouve encore une fois ici après l’excellent Snowpiercer puis le très bon Okja (présenté sur Netflix). En proposant ici une réinvention du film de home invasion à sa façon, Bong John Ho insère alors des critiques de la société coréenne, notamment en démontrant les clivages sociaux. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que Parasite ait gagné la Palme d’or lors du Festival de Cannes 2019 tant je trouve qu’elle est méritée. Bien que Parasite ne soit pas un chef d’oeuvre à propre parler, il insufflé un vent de nouveauté dans un genre éculé avec de l’humour et de l’auto-dérision qui fait toujours mouche. Tout cela dans le seul but de démontrer la bêtise humaine (comme il a déjà pu le faire précédemment dans sa filmographie). Durant plus de deux heures, le film nous plonge dans l’humour d’une famille pauvre qui petit à petit va s’incruster chez une famille aisée, celle des Park. Le film explore alors tout un tas de thématiques qui forgent aussi le caractère intéressant de son cinéma et son engagement social. Notamment la différence de classe (vu dans Snowpiercer) qui pousse parfois les gens à faire des choses radicales pour s’en sortir (vu aussi dans Mother d’une certaine façon).

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne...

Petit à petit, la tension se fait ressentir et Bong John Ho ne peut s’empêcher d’insérer des éléments amusants à droite et à gauche pour mieux nous divertir. Grâce à une mise en scène soignée et une tension palpable, le film nous laisse alors au fond de notre fauteuil avec l’envie presque malsaine de voir ce que la suite peut nous réserver pour chacun des personnages. Tout en construisant une histoire assez simple, le film penche aussi son regard sur la société sud-coréenne sans en perdre une miette. En étant un film d’angoisse, Parasite se devait aussi d’être imprévisible et la plupart des rebondissements le sont. C’est aussi pour cela que chaque moment important donne envie de voir le suite et que la fin peut parfois devenir assez frustrante. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que l’on aimerait presque en voir un peu plus. Une scène en particulier m’a réellement marqué et je pense que c’est celle sous la pluie battante. A la fois pour cette façon cynique encore qu’il a d’en fabriquer les conséquences (pour les riches ils sont sains et saufs, pour les pauvres ils perdent tout ce qu’ils avaient). Je pense donc qu’après avoir autant apporté au cinéma, le réalisateur sud-coréen méritait bien sa récompense pour ce film synthétisant parfois tout ce que j’aime chez lui.  

Note : 9.5/10. En bref, Parasite mérite bien sa Palme d’or.


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