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D'Amman à Riad, via Washington et Tel-Aviv

Par Roger Garaudy A Contre-Nuit
D'Amman à Riad, via Washington et Tel-AvivLa résistance des palestiniens et leurs enfants n'ayant d'autres armes que des pierres contre les blindés et les armes automatiques de l'armée israélienne, est née après la dernière session de la Ligue Arabe à Amman. Pour la première fois depuis 40 ans l'oppression du peuple palestinien n'y était plus considérée comme le problème majeur. Le peuple palestinien, devant cet abandon, a pris conscience qu'il ne mettrait fin à l'occupation étrangère qu'en ne comptant que sur lui-même, fût-ce avec des pierres. Il importe que l'on sache sous quelle pression s'est produit le revirement d' Amman qui constitue un alignement total sur la politique américaine: ne condamner l'occupation israélienne qu'en paroles , et concentrer tous les efforts contre l'Iran. Le rôle déterminant est joué par le deuxième agent des Etats-Unis au Proche-Orient, après Israël: l'Arabie Saoudite. Les espoirs américains, après la chute du Shah, se sont reportés sur le roi Fahd pour accomplir les mêmes fonctions. L'analogie est saisissante: les "placements" saoudiens aux Etats-Unis, comme autrefois ceux du Shah, dépassent les 172 milliards de dollars, dont une grande partie en "Bons du Trésor" directement à la disposition de l’armement des Etats-Unis et d'Israël. Ces "placements" servent de "caution" pour assurer la docilité du vassal (comme autrefois le blocage des fonds du Shah lors de la révolution iranienne). La C.I.A veille sur l e secret de ces Investissements.
L'ancien dirigeant de la C.I.A., Casey, dans ses Mémoires, se vante d'avoir obtenu du roi Fahd 200 millions de dollars en 1984 et 240 millions en 1985.
Un exemple typique de cette vigilance de la CIA est la saisie, par ses agents, de tous les enregistrements des séances consacrées à 1'Arabie Saoudite par la sous-commission de la Chambre des représentants chargée d'investigations sur les investissements étrangers le 6 mai 1982. Le 17 février 1982 le Président Reagan avait adressé personnellement une lettre aux membres du Congrès leur expliquant la nécessité de ce secret. Cette connivence permet à des Compagnies américaines notamment la Bechtel Corporation, qui compte deux anciens dirigeants de la CIA dans son Etat-Major, d'être le bras des Etats-Unis au Moyen -Orient. Dans cette colonie, l' armée américaine a ses bases, et elle est assez assurée de sa soumission pour lui livrer les armes les plus sophistiquées: depuis les AWACS, qui ont coûté 8 milliards et demi (sans compter les "pots de vin") et qui permettent à l'armée américaine de contrôler tous les mouvements dans le Golfe, jusqu'aux "stingers" (missiles portatifs à bras). Le budget de l'armée de répression représente 30% du budget de 1'Arabie Saoudite(le deuxième pays au monde, après les Etats-Unis, pour les dépenses militaires par tête d'habitant).Bien entendu ces armements ne sont livrés qu'à la condition de ne servir que contre d'autres pays musulmans. (C'est pourquoi le gouvernement d' Israël ne proteste que pour la forme et laisse passer, bien qu'il ait le pouvoir, par son "lobby"f de bloquer tous les votes.) La force de répression saoudienne, la "Garde nationale", a été dressée par les instructeurs de la "Vinnel corporation" des Etats-Unis. En décembre 1979, furent appelés les gendarmes français du trop fameux capitaine Barril. Le 1er août 1987 le général allemand Ulrich Wegener (technicien de la répression) est désigné comme organisateur des forces de répression saoudiennes. Telles sont les causes profondes des décisions d' Amman, abandonnant les Palestiniens, et désignant l'Iran comme cible, et aussi des massacres de la Mecque d'août 1987. Le problème se pose pour le prochain pèlerinage en juillet 1988. L'Iman Khomeiny a déjà annoncé la venue de 170000 pèlerins iraniens, et une manifestation de "contestation des dieux païens" à la Mecque, où, en dehors de formes extérieures, le seul culte réel des dirigeants est celui du Veau d'Or. Nous l’avons dit, et nous le répétons: les dirigeants saoudiens, faisant appel aux maîtres de la répression des Etats-Unis, de France, ou d’Allemagne, pour faire régner leur "ordre" à  La Mecque, sont moralement indignes et politiquement incapables d'assurer la sécurité des Lieux Saints . En utilisant la foi sincère des multitudes pour des fins politiques, les rois protégés de Reagan peuvent créer une nouvelle barrière de sang entre musulmans. Dans le "Monde" du 4 février, le Prince Talal, avançait des paroles de sagesse: "le conflit isrélo-arabe est notre problème central" disait-il, et les arabes doivent encourager les israéliens partisans de la Paix, pour négocier un accord donnant à chacun une patrie. Il ajoutait: "Nous devons trouver un moyen de parler avec l'Iran." Il appartient à tous les musulmans d'empêcher de nouveaux massacres dont seuls peuvent se réjouir les dirigeants américains . Il leur appartient de montrer ce qu'est un Islam à visage humain et divin,- qui n'a rien à voir avec celui des vassaux saoudiens de Reagan-le visage qu'en révèle le Coran: celui d’ Abraham, de Moïse, de Jésus, et de Mohammed parachevant leur message. D'Amman à Riad, via Washington et Tel-Aviv
Roger Garaudy
Inédit, 1988

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