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Ne t'inquiètes pas pour moi

Publié le 02 juin 2008 par Lael69

Alice Kuipers
Editions Albin Michel Jeunesse
Existe en édition pour adultes
Traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec

Quand l'épistolaire rencontre le cancer au détour d'un frigo...


Présentation de l'éditeur: Maman, je suis allée au supermarché. Regarde dans le frigo. J'ai arrosé les plantes. J'ai nettoyé la cage de Jeannot Lapin. J'ai rangé le salon. Et la cuisine. Et j'ai fait la vaisselle aussi. Je vais me coucher. Ton esclave à domicile, Claire. Une correspondance par Post-it sur le frigo entre une mère et sa fille. Lorsque la mère tombe malade, le temps presse mais l'espoir demeure. Un livre comme un trésor qui chuchote à l'oreille l'importance de ceux qu'on aime...
Une mère et sa fille correspondent par le biais de Post-it laissés sur le frigo. Une relation d'amour, d'amitié à distance se crée par ces messages quotidiens,des problèmes anodins de tous les jours, où s'interposent des attentions, des déclarations plus importantes entre une mère et sa fille. La mère est obstétricienne et son travail lui prend énormément de temps et d'investissement. Elle n'est pas toujours présente quand sa fille a besoin d'elle et cette dernière lui fait souvent remarquer. Claire a 15 ans et traverse les aléas de l'adolescence: le lycée, les exposés, les amours contrariés, l'argent de poche... Puis sa maman se fait de plus en plus pressante, elle veut lui parler d'un problème de santé: une boule au sein. Claire s'inquiète et se pose des questions, alors que sa mère est tiraillée entre sa propre anxiété: doit-elle lui avouer que c'est plus grave qu'elle ne l'avait pensé? Comment lui dire la maladie sans que celle ci fasse plonger la jeune ado dans une réalité destructrice?
Mais cela est inévitable: face à la maladie du cancer, le patient comme la famille et l'entourage souffrent.
Ce livre est d'une saisissante réalité: la relation mère-fille empreinte de normalité est attachante. Les personnages sont touchants dans leur émotivité, leur culpabilité, leur condition d'humanité. Une notion importante apparaît à travers la forme du roman. L'épistolaire démontre qu'il est plus facile d'exprimer ses sentiments à l'écrit plutôt qu'à l'oral. Les correspondances écrites, ce moyen de communiquer propre à cette relation intense sont le coeur du roman. C'est original. C'est le fil conducteur qui nous amène à appréhender la maladie lorsqu'elle surgit de nulle part et détruit le train train d'une vie quotidienne paisible, qui avait son propre rythme.
La maladie, le cancer est abordé sobrement, modestement: l'inquiètude, la peur, la souffrance, les disputes, la culpabilité. C'est le combat de la mère et de sa fille aussi. Puis survient la perte du parent, la sensation étrange d'être perdue, de lui en vouloir comme si on se sentait abandonné.
Ce livre est poignant car les émotions sont vraies et pour l'avoir vécu au même âge, cette lecture m'a fait remonter beaucoup de souvenirs, des détails qui avec le temps m'ont échappé. Cette lecture m'a fait revivre la manière dont j'ai été confrontée à la maladie et à la perte d'un proche. Et je peux vous dire que ce roman est authentique.
Je l'ai lu en une heure, les dernières pages m'ont littéralement déprimées, replongée dans mon passé douloureux et mon adolescence difficile. Certes j'ai pleuré aux dernières pages, à la fin et pour cette lettre qui exprime ce que j'ai ressenti également. Mais c'est un coup de coeur. Ce livre sera déchirant pour ceux qui ont connu le cancer mais j'aime le message qu'il véhicule: la force de deux êtres unis, malgré la maladie et la dureté de la vie, ces liens sont éternels, intemporels. Car si la maladie tue, elle ne tuera jamais l'amour entre un parent et son enfant.
Ce livre est un accomplissement de soi: j'aurais voulu le lire quand j'ai traversé cette période. Mais étrangement il m'a fait un bien fou: maintenant je sais que j'ai fait mon deuil...
Les avis de Clarabel, Marie, Book'in, Gaëlle La libraire et Cathulu.
Un ps pour Clarabel qui m'a fait connaître ce titre: Merci!

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