Magazine Amérique latine

Jour 290 - Hualcayan - S 08.99793º W 77.80135º

Publié le 27 juin 2007 par Fabrice Rimlinger
Pendant que le matériel sèche sur 50m2, je prends mon café en regardant les nuages s'élever dans la vallée et le Milluacocha s'illuminer lentement. Ce matin, il reste 200m à gravir por franchir le paso Toro Pishta, puis ce devrait être de la descente non-stop jusqu'à Hualcayan ! Easy !
Il est permis de rêver non ?
La première étape est conforme aux attentes, parsemée de cristaux de glace étrange (taille réelle sur la photo agrandie). Le col est en fait une mini vallée d'altitude, désertique et sympa qui débouche sur une vue bluffante une fois de plus.
Au fil de la descente vers la laguna Collicocha, les sommets du Santa Cruz se dévoilent... impossible de ne pas s'arrêter pour contempler longuement ce spectacle. Je passe une heure à scruter chaque détail de ces parois dans un silence parfait. Rares sont les moments comme celui ci ou, pour quelques instant je me sens en harmonie parfaite (Lui-même, par lui-même, avec lui-même, homogène éternel. - Platon - Le banquet).

Plus bas la lagune s'étale cristalline devant les cimes... no comment !
J'aperçois le chemin qui descend le long du canal. Conseil à ceux qui voudraient tenter l'expérience de suivre le canal... c'est une très mauvaise idée, sauf si vous voulez vraiment vous mettre une petite dose d'adrénaline ... j'explique.

Le rebord étroit du canal (50cm) est gelé sur certaines portions à l'ombre. Ça glisse vachement bien et j'ai eu le choix entre plouf à gauche et flapflap à droite ( 200m de gaz!). Finalement j'ai choisi "serre les fesses et glisse tout droit". Un mètre plus tard je retrouvais de l'adhérence et des jambes flageolantes.
Plus loin dans un recoin serré, il faut ramper sur le muret (sac au dos) à côté du vide puis passer 2 plaques de granite dont l'arrête fait 5 cm de large (cf photo) : le sac frotte la paroi et les pieds sont 200m au dessus de la petite lagune... pas fier le tondu!
Il est donc préférable de suivre gentiment le chemin qui monte sur 25m.
Une fois cette petite émotion distillée, plus rien ne me retient.... let's go down Baby !
Persuadé d'en avoir pour 1h30, je commence à m'impatienter au bout de 2 heures.
Le village de Hualcayan est en vue depuis un bout de temps mais ne semble pas de rapprocher. En fait, le sentier s'étale sur des kilomètres en pente douce, de façon à ce que les trekkeurs peu acclimatés ne souffrent pas trop. J'ai beau rendre tous les raccourcis casse cou possible je n'atteindrais le village qu'à 13h, mentalement épuisé !
Coup de bol, je trouve un taxi. Samedi après midi les campesinos descendent à Caraz toucher leur paye hebdomadaire, il me faut donc attendre 15h avant que l'on ai fait le plein de passagers. 2 heures à discuter avec Enrique de la vie au village, de cette gringa qui parle Quechua et qui revient chaque année (Doris Walter, rencontrée à Paris chez Allibert), de son fils qu'il a baptisé "Bill Clinton" et plein d'autres choses sous un cagnard brûlant.
18h. Back to l'hôtel Churup. Paulino incrédule se retourne spontanément vers le calendrier en me voyant. Hé oui mon pote ! 4 jours de marche et 2 demies journée de transport pour ce trek généralement vendu pour 7 à 9 jours.
Une balade unique qui se termine. J'en ai pris plein les yeux, plein le dos, plein les pattes et laissé quelques kg sur les cols. Par curiosité je passe à la pharmacie. Verdict 76kg ! Ay pucha ! Ça en fait 22 de moins qu'au mois de juillet dernier.
Bon je reconnais, le régime est carrément extême et la fonte musculaire est notable, mais... les copains, ça va dépoter grave en vélo !
Bonus : ma carte maison et les coordonnées GPS, seuls repères pour cette mini-aventure.

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