Magazine Culture

Tom Clancy’s Jack Ryan (Saison 1, 8 épisodes) : l'agence tout risques

Publié le 20 juin 2019 par Delromainzika @cabreakingnews

J’ai découvert récemment que je n’étais pas encore allé au bout de la première saison de Jack Ryan. Alors que la saison 2 est actuellement en tournage (et qu’une saison 3 a déjà été commandée en février dernier), je me suis donc replongé la tête la première dans les aventures de Jack Ryan. Adaptée par Carlton Cuse et Graham Roland, deux anciens noms de Lost, cette version de Jack Ryan est suffisamment sympathique pour nous permettre de passer un agréable moment (même si faire passer le Québec pour la France n’est pas vraiment une bonne idée à mes yeux). Jack Ryan est en tout cas l’une des séries les plus pensées et attachantes dans le genre thriller politique post 11 septembre. Il y a des personnages nuancés par un scénario solide, quelques jolis décors sympathiques (malgré la France au Québec) et tente également de gérer les conséquences de la politique internationale des Etats-Unis. Pour ce qui est de notre héros, Jack Ryan, ce dernier se retrouve avec une crise identitaire, pas toujours aussi juste que l’on aurait probablement pu l’espérer (notamment quand on se souvient des précédentes adaptations de Jack Ryan faites au cinéma).

Cependant, Cuse et Roland ont de la chance car ils ont suffisamment de matière pour faire de Jack Ryan une bonne série. Les livres dont la série est adaptée sont bons et leur transposition aux temps d’aujourd’hui fonctionne. Le but de Jack Ryan est de ramener le héros à ses débuts en tant qu’analyste de la CIA (donc bien avant les évènements vu dans les films). L’association avec Jim Greer n’est pas mauvaise non plus mais ajoute un élément narratif simpliste qui par moment n’est pas ce que je préfère dans ce genre de séries. La saison se concentre sur un terroriste du nom de Sheikh Suleiman qui compte construire le meilleur Empire islamique jamais connu. Suleiman est à la base un français qui s’est radicalisé en prison (c’est au détour de flash-backs que l’on va découvrir comment la vie ne l’a jamais aidé). Je trouve finalement que Jack Ryan est différente des autres séries du genre car elle cherche aussi à humaniser son vilain, en montrant que c’est la société qui a créé le monstre qu’il est aujourd’hui et pas lui seul. Son frère, sur qui il a pu compter pendant des années va quant à lui mourir en Auvergne - même si passer de l’Auvergne à Chamonix est étrange - dans l’épisode 1.04.

L’autre valeur ajoutée de Jack Ryan c’est bien évidemment la langue. La série prend le pari de tourner les scènes dans la langue que les personnages sont sensés parler. Nous avons donc du français, de l’anglais, de l’arabe à tous els coins de rue. Cette décision permet alors de différentier Jack Ryan d’une série comme 24 (et ses spin off), bien que cette dernière a aussi connu des lieux différents par moment. Mais le respect de la langue sensée être parler par les personnages est un point important à mes yeux et symbole d’une réussite en quelque sorte. Jack Ryan prouve aussi souvent que ce n’est pas l’action qui fait le succès ou l’intérêt d’une série. La mise en scène est alors suffisamment soignée pour donner quelques bons frissons d’action, mais Jack Ryan préfère aussi rendre tout ce qu’elle met en place solide, que l’intrigue tienne donc debout.

D’une certaine façon, Jack Ryan est donc ici une sorte de réflexion sur le travail de Tom Clancy, avec des convictions fortes mais aussi une vraie empathie qui se créée à l’égard de la série. Cependant, si la prestation de John Krasinski est convaincante, il est difficile pour lui de marier homme de bureau et homme de terrain. Jack Ryan a de toute façon toujours été une sorte de boy scout plutôt qu’un homme de mystères façon James Bond. En jouant la carte de la série sur les « origines » de Jack Ryan (étant donné que l’on suit le personnage seulement 4 ans après son entrée à la CIA), elle permet de donner un coup de frais au personnage et ses histoires. Ce n’est donc pas une série qui compte refaire tout de suite les intrigues vues précédemment dans les films et étant donné que les livres sont particulièrement riches, Cuse et Roland semblent savoir comment s’y prendre et c’est réussi. J’ai hâte de voir ce que la saison 2 a en stock pour moi. Et petite mention pour Mena Massoud (Aladin dans Aladin récemment) qui mérite une place plus importante dans la prochaine saison.

Note : 6/10. En bref, un thriller efficace.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Delromainzika 18158 partages Voir son profil
Voir son blog