Magazine Amérique latine

Jour 288 - Huillca - S 8.81481º W 77.62811º

Publié le 27 juin 2007 par Fabrice Rimlinger
Arghhh ! Je vais les arracher ces maudites "toiles à pourrir". J'avais ajouté ces "jupes" qui bordent la tente en prevision de nuits ventées sur la neige, mais ici elle ne font que limiter la ventilation et la condensation est suffisante pour tremper le sac de couchage.
6h30. Un des gamins est de retour et me regarde, apathique, impassible, pendant que je remballe le matos et prend mon "mini" déj'. Il se décide à ovrir la bouche lorsque j'endile le sac : " me regalas chocolate ? "... le chocolate il est au fond du sac depuis 20 minutes Nestor !
Ça commence par un détour de 10 minutes vers le fond de la vallée, ou se situe l'unique pont.... sommaire.
Quelques ruisseaux à enjamber au milieu des chevaux. Le soleil illumine maintenant la vallée alors que je commence la montée au bord de la cascade vers le col à 4850m.
1300m à avaler ce matin et ça commence raide dans une végétation dense. Au bout d'une demie-heure une splendide prairie se découvre, bordée d'imposantes falaises. C'es sympa les prairies avec quelques chevaux et un belle cascade, mais le chemin y disparait irrémédiablement au milieu des petis ruisseaux et autres traces des animaux.
Je perdrais plus d'une heure à crapahuter.
Vers la droite de la vallée, dans la continuité du pont que je viens de franchir... nada !
Tout droit, à côté de la cascade. Tant qu'à faire ! Un peu d'escalade vers le point le plus haut et certainement un lagune de l'autre côté. Certainement pas le plus reposant mais interssant. Avant d'aller faire le fada, je tente un exploration vers la gauche du vallon, chemin a mon avis le plus logique car la pente y est plus douce. Alors que je bataille depuis 20 minutes et commence à prendre de la hauteur, je me retourne et... ça y est je le tiens ! Maudit chemin ! A l'opposé de ma position, les herbes imperceptiblement jaunies le trahissent. Retour vers la rivière, en route vers le second plateau.
8h30. J'ai l'impression de me traîner. Le soleil commence à me chauffer les neurones et mine de rien, on est à plus de 4000m. Au détour d'un petit lac, la suite du programme se dévoile et immédiatement une pause... s'impose.
Un talus glaciaire de 500m au bout duquel j'entrevois le col... cette matinée va être longue, trés longue ! Le temps de me faire un sandwich, la tente séche sous l'oeil hagard des vaches curieuses. 10h. C'est parti et le col est franchi à bon rythme juste avant 11h. A 4830m, encaissé entre 2 parois verticales, il ne fait que 25m de large et la pente de chaque côté de l'arrête est plutôt impressionnante.
Huillca, au bout de cette nouvelle vallée. Un hameau de quelques maisons, des alpacas et un morceau de route qui vient de nulle part, intégralement recouverte d'herbe rase.
Arrivé au plus bas de la vallé, je profite des eaux claires d'un rivière qui descend du glacier pour faire un brin de toilette et... oublier mes lunettes en repartant ! C'est promis mon prochain investissement est un cerveau digne de ce nom avec augmentation de la mémoire !
Je me rends compte de cette connerie alors que je monte le camp, passablement crevé par cette journée.
A mi-pente, sur une improbable surface plate, je pose la tente face à un panorama grandiose : le même Pucajirca que je quittais ce matin, mais c'est la face Est que je contemple maintenant. Sur la droite, le Jancarurish et l'Alpamayo.
Le soleil se cache, la température chute rapidement et réfugié dans mon abri minuscule, je me régale de l'imperceptible transition de couleurs sur les sommets et de quesques pâtes... Comme dirait le compère Baloo : " il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux... "

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