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UBS : pas de grounding bis ?

Publié le 15 juillet 2008 par Kalvin Whiteoak

ubs grounding

Sous ce titre l’honorable Marian Stepczynski, chroniqueur économiste  affirme dans la Tribune de Genève que la situation de l’UBS n’a rien à voir avec le fameux grounding de la non moins fameuse SAir Group.

Grounding bis? Non, bien sûr. Il y a, entre la fin brutale de son ex-compagnie nationale et la décapitalisation progressive de ses fleurons bancaires, une différence presque de nature, sinon de circonstances” écrit le commentateur.

On n’est pas tout à fait sûr de partager son point de vue. C’est bien pire en effet.

Avec un grounding, on reste à terre, certes les bras ballants mais au moins encore à peu près vivant. Avec ce qui se passe actuellement au sein de l’établissement aux trois clés, on assiste en direct à un enterrement progressif de première classe.

A choisir entre vivre sur terre avec de l’air et mourir d’asphixie sous terre, on choisirait quand même la première “solution”. Sans recapitalisation massive, UBS SA est morte. Or qui va aujourd’hui se lancer dans une opération recapitalisation supplémentaire en dizaines de milliards ? Hans-Rudolf le bienheureux  ? sans doute pas. Les petits porteurs floués ? sans doute pas non plus. Les caisses de pension ? il faudrait déjà qu’elles assurent un minimum de rentabilité à peu près décent.

Oui l’UBS représente “la moitié de la Suisse ou presque” et c’est bien ça qu’on lui reproche ou plutôt que l’on est en droit de mettre au passif de son équipe de direction. Non contente d’avoir considérablement aidé au grounding de SAirGroup, elle est en train de démontrer comment on fait supporter aux finances publiques et donc au contribuable et maltraité petit client bancaire le poids d’errements absurdes. L’actuel manque à gagner fiscal est déjà considérable.  Mais les futures conséquences sur les finances publiques ne le sont pas moins.

Quand l’ogre aura repris la souris diaphane qu’est devenue l’UBS, il fera en sorte à n’en pas douter de délocaliser les profits, les impôts, les places de travail et les systèmes informatiques. Et pendant ce temps, les grands sages de l’ère ospelienne se doreront la pilule en dégustant du bourbon millésimé au bord des piscines de paradis exotiques.

Pour le chroniqueur de la TdG, “de même que le prix du kérosène et une trésorerie à sec avaient cloué au sol les avions de la première, de même la hausse des taux d’intérêt et la crise immobilière qui s’en est suivie sont en train de ruiner les actifs financiers de la seconde“. C’est faire peu de cas du fait que les errements de l’UBS ont pesé sur la bourse et non l’inverse. Eternelle et lancinante question de chou et de chèvre …

Small est toujours beautiful quand il s’accompagne d’esprit novateur et qualitativement au dessus de la moyenne. Quant à Big, il faut avoir les moyens financiers et intellectuels de le devenir ou de le rester.

Mais pour ça il faut avant tout savoir garder du recul et ne pas se prendre pour dieu. Or Ospel est son équipe avaient un ego qui dépasse celui d’un titulaire de l’infaillibilité pontificale. Avec un peu moins de spirituel et un peu plus de rouerie.


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