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BEAT (Saison 1, 7 épisodes) : du riffifi en rave berlinoise

Publié le 21 août 2019 par Delromainzika @cabreakingnews

Proposée l’an dernier sur Amazon Prime, BEAT est une série allemande dont j’avais un peu oublié d’aller voir les épisodes suivants. J’ai alors profité de l’été pour me rattraper. Grâce à une scénario solide et des personnages charismatiques, la saison s’avale d’une traite, sans temps morts où l’on mélange l’univers de la nuit berlinois avec des affaires de drogue, meurtre et musique. Ce thriller macabre se rythme alors à la techno berlinoise, un mélange savoureux qui nous plonge dans des soirées illégales où la drogue règne en maître. BEAT parvient à rendre le tout suffisamment réaliste pour que l’on croit à ce que la série nous conte du début à la fin, sans parler de la mise en scène et du casting, qui aident le scénario à porter cette histoire. Créée par Marco Kreuzpaintner, BEAT mélange donc la faune du clubbing techno de Berlin avec une intrigue policière plutôt soignée.

BEAT a aussi l’avantage par rapport à d’autres fictions allemandes de se dérouler de nos jours, ce qui permet de nous rapprocher au plus près de ce que les personnages vivent dans chaque épisode. Tout commence dans une soirée, où à Kreuzberg, le quartier le plus branché de Berlin, se dévoile un club qui n’est pas sans rappeler le mythique Berghain (connu pour être le temple ultime des soirées berlinoises). La techno est là, elle enivre les corps des personnages et la mise en scène joue alors beaucoup là dessus. Rapidement, BEAT introduit son histoire et notamment le cadavre de deux adolescents pendus au plafond du club qui vont par la suite démarrer l’intrigue policière de la série.

C’est sur Robert Schlag, aka BEAT que la série porte son regard. C’est notre entrée dans ce monde et lui qui nous permet d’aller de scènes en scènes et d’intrigues en intrigues durant toute cette saison. Le personnage arrive rapidement à devenir attachant et hypnotique. La série parvient alors à mélanger le côté série policière avec des éléments plus ancrés dans l’univers de la musique et surtout des soirées techno berlinoises. Si vous êtes plutôt en quête de polar, BEAT est séduisante par sa façon de mettre en scène la nuit à Berlin (et pas seulement dans les clubs). C’est d’ailleurs plutôt bien écrit et l’intrigue évolue de façon efficace, sans jamais laisser ses personnages de côté. Bien au contraire, BEAT compte bien aussi nous plonger dans les angoisses du héros, où la drogue a forcément joué un rôle. Son enfance fait alors partie de ses démons exacerbés au fur et à mesure des épisodes. A cela s’ajoute une histoire de trafic d’organes et d’espionnage transnational qui fait froid dans le dos, mais participe aussi à créer l’ambiance macabre de BEAT.

Je regrette cependant que BEAT cherche constamment à rappeler les méfaits de la nuit, de l'alcool et de la drogue. Après tout, sans en faire l'apologie, la série aurait pu aussi montrer le côté plus joyeux de ces fêtes qui n'impliquent pas toujours le pire de chacun. On a donc ici une sorte d'éxutoire pour les scénaristes qui transforment malheureusement (ou maladroitement) une idée de génie en série policière plutôt classique. La forme garde tous les attraits de la série policière bien ficelée, mais l’intrigue de la nuit berlinoise se perd au fil des épisodes pour ne garde finalement que l’enquête et tous les à côté (notamment le trafic d’organes là aussi traité de façon parfois trop superficiel). Pour autant, BEAT est une série efficace qui ravira les raveurs qui ont envie d’un peu d’évasion au pays de la techno pendant leurs vacances d’été.

Note : 6.5/10. En bref, une série simple et efficace dont le décor (la nuit berlinoise) permet de casser certains codes de la série policière classique.


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