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Le Tourisme Rural en question.

Publié le 06 septembre 2019 par Fouzi53 @fouzi53

Le Tourisme Rural en question.

Nous avons été interpelés à deux reprises lors du discours Royal du 20 aout dernier, à l’occasion du 66eme anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple et c’est en soi un bon signe qui démontre que le Tourisme est et restera un formidable levier économique et social et plus que jamais pourvoyeur d’emplois.

Extraits du Discours

« Dans le même ordre d’idées, Nous appelons à une valorisation des opportunités et des potentialités que recèlent les autres filières non-agricoles, comme le tourisme rural, le commerce, les industries du terroir. »…….

« Enfin, la formation de compétences nationales dans les secteurs du tourisme, des services et dans les nouveaux métiers du Maroc comme l’industrie automobile, l’aéronautique, les nouvelles technologies. »

Le post d’aujourd’hui, j’aimerai le consacrer au tourisme rural, car il y a effectivement des potentialités à mettre en avant, pour une clientèle à la recherche d’expériences réelles et atypiques voire uniques.

Par définition, le tourisme rural concerne en premier lieu les agriculteurs et tire toute sa légitimité du terroir, il est aussi appelé agrotourisme avec pour objet de faire découvrir le savoir faire agricole. Certains terroirs sont connus pour la culture de l’olivier, d’autres pour l’arganier, d’autres pour le palmier dattier et d’autres encore pour la vigne…. Chaque culture est une histoire à raconter, à vivre et à déguster pour des palais avides de sensations.

Les produits des terroirs sont l’huile d’Olive, l’huile d’argan et leurs dérivés, l’amande, le fromage de chèvre, le vin, la fleur d’oranger, le miel, le safran, la rose etc.… Il y a une implication du Ministère de l’agriculture pour la promotion de ces produits, le plus grand évènement étant le Salon de l’Agriculture de Meknès.

Depuis quelques années déjà, un petit nombre de coopératives se sont mises en place à l’occasion des actions enclenchées par l’INDH, mais insuffisant si on veut vraiment faire vivre des expériences aux touristes. Ces points de ventes, souvent en bord de route, ne sont pas crédibles à mon humble avis et il serait plus judicieux que la découverte de ces produits soit faite in situ de manière à permettre aux petits producteurs de profiter au mieux de leur savoir faire.

La mise en tourisme de nos arrières pays requiert l’implication des populations locales dans la confection du produit et dans sa commercialisation. Le tourisme rural impose la valorisation du terroir et la mise en place de circuits courts.

D’autant plus que les tendances actuelles s’orientent vers un tourisme équitable où consommateurs et producteurs se retrouvent. La mise en tourisme nécessite donc une bonne connaissance des territoires, car il ne s’agit pas de greffer une expérience venue d’ailleurs, mais de mettre en valeur l’existant avec de l’innovation sans pour autant dénaturer le produit.

Nous avons la chance d’avoir des territoires très différents de par le relief, la végétation, le climat, la population, le folklore et qui font la richesse de notre offre touristique. C’est aussi autant de destinations à faire découvrir par un marketing intelligent et ciblé.

Pour que cette offre soit accessible, il y des pré requis :

  • Désenclaver nos arrières pays en sécurisant et aménageant les chemins et routes qui y mènent. La même énergie qui a été mise pour l’aménagement du territoire, doit également bénéficier au monde rural tout en restant dans des constructions qui ne dénotent pas avec l’environnement.
  • Mettre en place des hôpitaux de campagne qui bénéficieront en premier lieu aux populations locales, mais rassureront les touristes. On ne parle pas de CHU, mais de dispensaires et d’ambulances pour évacuer les personnes en cas de besoin et surtout un personnel médical pour les premiers soins. Tout ceci existe déjà, dans certaines communes, mais il faudra le généraliser dans tous les territoires à vocation touristique.
  • Utiliser autant que faire ce peut les énergies renouvelables telles que l’énergie solaire avec des facilités pour les agriculteurs dans leur acquisition. Un minimum de confort est requis pour une prestation de qualité.
  • Enfin, former nos fellahs aux bonnes pratiques pour recevoir et honorer nos visiteurs selon les us et coutumes de la région, car ce qui est recherché avant tout, c’est l’authenticité.

Il existe déjà des territoires qui se sont investis dans le tourisme rural, je citerai la province d’El Haouz prés de Marrakech, Agadir Ida ou Tanane , Fès-Meknès et la Région de Zagora pour ne citer que les plus connus, néanmoins il reste encore beaucoup de possibilités pour impliquer ceux qui en ont le plus besoin.

La meilleure expérience que j‘ai pu vivre personnellement, c’est avec un groupe de touristes internationaux, où nous avons pu visiter une exploitation prés de Meknès spécialisée dans l’olivier et la vigne avec la découverte des différents cépages, la mise en fûts puis en bouteille des différents crus, la dégustation des vins, de l’huile d’olive et du fromage. Un pur moment de convivialité et d’immersion dans le terroir marocain, mais cela reste un grand investissement de départ et la prestation touristique n’est que la cerise sur le gâteau.

Si on pouvait mettre en place des circuits dédiés au terroir marocain, avec l’implication des petits producteurs qui auront été formés pour accueillir des touristes et leur faire apprécier les richesses de la région, nous auront tenu nos promesses en matière d’expérience à vivre et gagné la bataille de la lutte contre la précarité pour nos fellahs qui peinent pour joindre les deux bouts. Cette prise de conscience ne concerne pas seulement les professionnels du tourisme, mais également les élus et le gouvernement.

Les projets existent mais pour la plus part, ils peinent à voir le jour. Le dernier en date étant la création d’un cluster intitulé « Art de Vivre Marocain » , annoncé en grande pompes en juillet 2018 par le Ministre du Tourisme , de l’Artisanat et de l’économie Sociale. Un bon concept avec la coopération de l’OCDE dont l’objectif de créer une véritable synergie entre les secteurs du Tourisme, de l’artisanat, de l’agriculture et de l’économie sociale et solidaire. Ce projet doit se faire dans la région de Marrakech-Safi, comme territoire pilote, puis dupliqué vers d’autres régions. La finalité d’un tel concept est la création d’emplois par l’implication de tous les acteurs dans la production de valeurs.


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