Analyse de Ebara Jitsugyo Co Ltd (6328:TYO)

Publié le 08 novembre 2019 par Chroom

EBARA JITSUGYO CO.,LTD. est une toute petite entreprise manufacturière japonaise de 460 employés. Elle est active depuis 1946 dans trois secteurs d'activité. Le secteur Environnement fabrique et vend des densitomètres à ozone, du matériel d'application d'ozone, du matériel de désodorisation, des mesures de lutte contre les maladies infectieuses, du matériel d'aquaculture et du matériel de tri des déchets. Le secteur Traitement de l'eau s'occupe de la conception et de la construction d'installations d'approvisionnement en eau et d'égouts, ainsi que de la prestation de services de traitement des eaux usées industrielles. Le secteur Équipements éoliens et hydrauliques et équipements thermiques fournit des équipements éoliens et hydrauliques, ainsi que la vente, la construction et la maintenance d'équipements thermiques.

Valorisation & dividende

La PME de Tokyo s'échange à un prix défiant toute concurrence :

  • P/E récurrent courant : 8.88
  • P/E récurrent moyen : 12.25
  • P/B  et P/TGBV 1.14 fois
  • P/S : 0.49 fois
  • P/FCF courant : 5.23
  • P/FCF moyen : 11.44
  • EV/FCF courant : 3.36
  • EV/FCF moyen : 7.35
  • EBIT/EV & EBITDA/EV : 23.42%

Le dividende est généreux, avec un rendement de 3%, progressant sur un rythme annuel moyen de 6% par an, alors même qu'il ne représente qu'une toute petite partie des résultats, soit :

  • 24.7 % du bénéfice courant
  • 34% du bénéfice moyen
  • 14.56% du FCF courant
  • 31.83% du FCF moyen

Il y a donc de la marge pour que l'entreprise continue non seulement à le payer, mais surtout à le faire croître.

Bilan & résultat

Tout comme le dividende, les bénéfices, la valeur des actifs et les réserves de liquidités progressent sur le long terme, ce qui prouve la solidité du modèle d'affaire de la PME japonaise. Ebara parvient très clairement à créer de la valeur pour ses actionnaires et ceci se ressent sur le prix qui a presque doublé ces trois dernières années.

Les réserves de liquidités sont adéquates, avec un current ratio en hausse, à 1.4, et un quick ratio de 1.26. Bien qu'en petite baisse, la marge brute est correcte, avec près de 26%. Elle se traduit en une marge nette certes un peu décevante, à 5.47%, mais en une marge de FCF bien meilleure, à 9.27%. La rentabilité est bonne et en progression, avec un ROA de 6%, un CFROA de 11% et un ROE de 12.8%.

La dette à long terme est quasi nulle et l'endettement total ne représente que 0.09 fois les fonds propres ! L'entreprise serait capable de l'essuyer en moins d'une année grâce à son FCF. Ces cinq dernières années elle a d'ailleurs diminué sa dette nette, provoquant un retour pour l'actionnaire de 3.45% par an en moyenne. Dans le même genre, elle a racheté ses actions, engendrant également un retour pour l'actionnaire de 0.15% par an.

Conclusion

Entre le dividende généreux, les rachats d'action, le remboursement de la dette, le rendement annuel moyen total pour l'actionnaire durant ces cinq dernières années a été de 5.87%, ce qui est remarquable. C'est d'autant plus impressionnant que ceci s'est fait dans le cadre de ses moyens, grâce à son FCF (utilisé pour ceci à hauteur de 67% seulement).

Une des forces de cette petite entreprise, c'est son faible besoin de dépenses en capital (21.6% du bénéfice), ce qui lui permet de facilement générer du free cash flow. Pas étonnant dès lors qu'elle ait les moyens de s'auto-financer de la sorte.

Notons encore que l'entreprise est solide financièrement, ce qui est confirmé par un F-Score (Piotroski) impressionnant de 8 sur 9 et un Z-Score (Altman) de 2.75 (zone grise). Ce dernier n'assure certes pas de sécurité absolue, mais n'évoque pas non plus de risque imminent. Rappelons qu'Altman nous donne une vue statique alors que Piotroski nous donne surtout une tendance, ce qui fait penser qu'Ebara est plutôt en train se diriger vers les "sommets" que l'inverse.

Attention néanmoins, pour les investisseurs cardiaques, la volatilité du titre est élevée, avec près de 37%. Heureusement que le beta n'est que de 0.85.

J'ai acquis cette pépite il y a 6 mois, réalisant déjà une petite plus-value de 8%. J'estime qu'elle devrait encore très facilement prendre un tiers de sa valeur actuelle et que le dividende devrait faire au moins aussi bien.