Magazine Culture

The End of the F***ing World (Saison 1 et 2) : métaphore d'une jeunesse perdue

Publié le 18 novembre 2019 par Delromainzika @cabreakingnews

L’an dernier, je vous avais parlé du premier épisode de The End of the Fucking World et j’avais complètement oublié de vous parler de la suite. Je reviens donc cette année sur la première ET la seconde saison de la série britannique phénomène proposée chez nous sur Netflix. L’originalité de cette série sort du propos de départ et je dois avouer que grâce à des personnages amusants, elle n’a de cesse de me surprendre. Elle fait partie de ces créations étonnantes qui sortent du lot car elles savent comment faire pour nous accrocher. Adaptée d’un roman graphique de Charles S. Forsman par Charlie Covell (Kaos, Banana), la série nous plonge dans un road trip déjanté aux les aventures sont toutes plus rocambolesques qu’amusantes les unes que les autres.

Un ado psychopathe en herbe et une rebelle en quête d'aventure embarquent pour un road trip d'enfer.

Saison 1 : Bonnie & Clyde des temps moderne
Cette comédie noire parvient dans sa première saison à définir le caractère des deux personnalités fortes. D’un côté un ado psychopathe, de l’autre une rebelle qui se moque du monde qui l’entoure. Il y a dans le fond de la série un propos résolument critique envers notre société qui est très réussi. Le caractère des deux personnages fait aussi l’intérêt de cette comédie, autour d’ados paumés au milieu du monde qui l’entoure et qui ne leur correspond pas. Le point de départ c’est Alyssa, qui pense qu’elle pourrait être le point de départ des homicides de James, notre psychopathe. Le côté rock et punk de la série permet aussi de faire ressortir ses racines de comics de façon soigné, tant dans l’écriture que dans la mise en scène ultra pop et colorée.

The End of the Fucking World c’est donc un peu Bonnie & Clyde mais de façon moderne et surtout avec un angle différent que celui des braquages. Car il y a une femme, un homme, un road trip, de l’amour et des drames, alors forcément cela peut ne faire que penser à ce duo infernal de braqueurs. Etant donné que cette série est une production britannique et que ces derniers sont reconnus dans le monde entier pour leur humour souvent sombre, The End of the Fucking World colle parfaitement aussi avec ce que l’on peut avoir envie de voir parfois. C’est différent des séries uniformes de Netflix chez nous et la série de Channel 4 a le mérite de critiquer le monde de façon drôle et acerbe à sa façon.

Il y a quelque chose aussi de très contemplatif dans cette première saison dans la mise en scène. Les ralentis, la façon de jouer avec le regard des personnages, et des dialogues ciselés pour accompagner le tout font de cette première aventure une aventure que l’on n’a pas envie de voir s’achever. Au fur et à mesure que l’on avance dans la saison, on part à la rencontre de personnages saugrenus mais qui ne font que renforcer la personnalité des deux héros et surtout leurs liens indéniables.

Ce qui ajoute un côté attachant aux fortes personnalités de James et Alyssa c’est le fait qu’ils s’aiment. Bien qu’au départ le but est que James tue Alyssa, la série transforme cette aventure en un vrai conte de fée moderne. Les deux vont apprendre de l’un et de l’autre afin de former ce duo étonnant. Alors que les héros auraient tout pour être antipathique au départ, ils deviennent de plus en plus attachants et l’envie de partager leurs aventures est d’autant plus intéressant. Le reflet que propose cette saison 1 c’est celui de notre société où The End of the Fucking World dépeint une jeunesse en perdition. La fin de la saison est de son côté inattendue, notamment car elle parvient à créer de l’émotion où l’on aurait difficilement imaginé cela possible.

Note : 7.5/10. En bref, la surprise venue d’outre Manche

Saison 2 : La triste fin du monde selon James et Alyssa
C’était un dilemme. Après la saison 1, difficile de voir où une suite pouvait nous emmener (d’ailleurs, il n’y aura pas de saison 3). En cherchant à nous plonger plus dans l’émotion, cette saison 2 offre une perspective différente au personnage et une vraie fin qui au fond est satisfaisante (bien que pas nécessaire de prime à bord). La saison 1 se suffisait à elle-même, pas besoin d’en rajouter une couche dirons nous. Pourtant, la saison 1 laissait la porte ouverte à son issue où James était semble t-il tué par des policiers sous les yeux d’Alyssa. Avec cette fin, je dois avouer que j’aurais été satisfait. Mais dans un monde où l’on aime faire durer les choses, une saison 2 a vu le jour.

La saison 2 s’avère donc plus triste et plus touchante que la première. L’humour noir est moins présent et la série cherche à juger les conséquences de la fugue développée dans la première saison. La fin était à l’image de Bonnie & Clyde, comme ce que reprenait plus ou moins la série au départ en guise de précepte. The End of the Fucking World reprend alors deux ans après les évènements de la fin de la saison 1 et les deux personnages sont vivants, et James a failli rester handicapé à vie. Après la rééducation (heureusement finalement que l’on ne reprend pas directement après la saison 1), James semble guéri des blessures de la fin. Mais pas psychologiquement. James est orphelin alors que son père est décédé, ce qui rend ses pulsions d’autant plus intéressantes à creuser. Mais c’est là que la série tente un développement impérial de ses personnages sous couvert des émotions qu’ils peuvent nous faire partager.

L’arrivée de Bonnie n’est peut-être pas ce que cette saison 2 fait de plus nécessaire. Elle veut se venger de nos deux héros, et est amoureuse de Clive. Je dirais que là, The End of the Fucking World tente plus ou moins de s’amuser du mythe de Bonnie & Clyde transformé en Bonnie & Clive. Le twist autour de Clive et Bonnie est donc là pour servir le propos de cette saison 2. Alyssa est certainement le personnage le plus intéressant de cette saison 2, traumatisée et laissée dans une émotion étonnante. Si les personnages sont toujours confrontés aux petits ennuis et tracas de la vie, The End of the Fucking World décide aussi de développer des flashbacks afin de comprendre ce qui se passe dans la tête d’Alyssa. C’est sympathique et réussi, car la série propose ici une réflexion différente de la première saison. Ici on parle de traumatisme, de choc et de désespoir. Au final, mises bout à bout, les deux saisons ont une certaine raison d’exister car elles se complètent et proposent différents pans de la personnalité de chacun, tout en parlant toujours de la perdition de la jeunesse actuelle.

Note : 7/10. En bref, saison 2 réussie pour The End of the Fucking World.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Delromainzika 18158 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte