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Fuite du Tricastin : une prise de conscience tardive incompatible avec un nouveau programme nucléaire

Publié le 17 juillet 2008 par Greenpeacefrance

Paris, le 17 juillet - Suite à la découverte au Tricastin d’une contamination plus ancienne d’une nappe phréatique et à la polémique qui en découle, Greenpeace s’étonne qu’on ne redécouvre qu’aujourd’hui la dangerosité liée à l’industrie du nucléaire et sa capacité à polluer l’environnement. Quant à la déclaration du ministre Borloo de faire vérifier les nappes phréatiques près de toutes les centrales, Greenpeace ne peut que soutenir cette volonté de faire un bilan des problèmes de pollution que pose le nucléaire.

« Toutefois », souligne Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France, « cette analyse ne doit pas s’arrêter aux sites des seules centrales mais être élargi à tous les sites nucléaires : aux sites de traitement des matières (ex : Cadarache, Marcoule ou la Hague), aux anciennes mines d’uranium (ex : Bessines), aux sites militaires (ex : Valduc), et aux centres de stockage des déchets, notamment dans la Manche et à Soulaines. »

De manière générale, Greenpeace s’étonne de cette soudaine et tardive préoccupation au sujet des problèmes de pollution posés par le nucléaire. Cela fait en effet des années que l’organisation environnementale dénonce ces pollutions et les met en évidence, qu’elles soient accidentelles ou liées à un fonctionnement normal. L’usine de retraitement de La Hague (Manche) par exemple, est autorisée à rejeter en moyenne, chaque jour, plus de 11 000 fois ce qui a fui à Tricastin, et la dizaine de centres de stockage français fuient en permanence. La nappe phréatique située sous le centre de stockage de la Manche est donc affectée par une pollution permanente. Les mesures effectuées par Greenpeace en 2006 montrent une concentration de 18 000 becquerels/litre, soit 180 fois la norme sanitaire européenne.

« Messieurs Borloo et Sarkozy aurait du penser à ce problème avant d’annoncer la construction d’un deuxième EPR », poursuit Frédéric Marillier. « Il est inconcevable de prendre une décision de relancer du nucléaire alors qu’on se rend compte aujourd’hui qu’on ne maîtrise pas cette technologie et qu’on redécouvre qu’elle pollue ». Greenpeace demande donc que le programme EPR soit stoppé en attendant qu’un vrai bilan de la filière nucléaire soit effectué.

D’autre part, concernant le recours de Jean-Louis Borloo au Haut Comité à la Transparence pour faire ce bilan, Greenpeace souligne qu’il n’y a pas de transparence sans une pluri expertise. « Nous demandons que des experts et des laboratoires indépendants comme la CRIRAD soient absolument impliqués dans ce bilan », conclut Frédéric Marillier.


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