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la répression du journalisme, ce cache sexe du macronisme sur la misère sociale #violencespolicieres

Publié le 20 novembre 2019 par Mister Gdec
la répression du journalisme, ce cache sexe du macronisme sur la misère sociale #violencespolicieres

C'est l'histoire d'un simple journaliste (de média25/radio Bip Est) qui est envoyé par son patron au front, ce samedi, comme beaucoup d'autres en France, pour aller à la rencontre des gilets jaunes. Lors d'une charge policière sur le rond point de la piscine Mallarmé à Besançon, alors qu'il filme les susdits, il est brutalement interpelé pour " port de masque à gaz ", ce qui serait prohibé (malgré les contraintes de sa profession en pareille circonstance ?) et convoqué au commissariat hier, à 11 heures.

... Détails banals d'une réalité banalisée, celle de la répression permanente des journalistes par les forces de l'ordre, plus particulièrement pendant ce phénomène des gilets jaunes, qui gêne en haut lieu. Les journalistes ont été empêchés un peu trop systématiquement de faire leur métier alors qu'il s'agit, quoi qu'on en pense par ailleurs, de l'un des épisodes historiques d'opposition au gouvernement parmi les plus importants depuis des décennies, qu'il s'agissait donc de documenter, d'en assurer l'information publique.

Cette réalité de cacher à dessein les potentielles exactions des forces de l'ordre, compte-tenu des innombrables violences policières, qui font l'objet d'un véritable déni des autorités, alors que ce phénomène préoccupant est extrêmement bien documenté, a été dénoncé par de nombreux syndicats de journalistes.

Mais le travail des journalistes indépendants, bénévoles ou " citoyens " (en effet, c'est important, " soyons notre propre média" ) fait l'objet d'un traitement encore plus spécifique je pense des forces de l'ordre. Là où celles-ci peuvent éventuellement encore prendre -un peu - des gants avec les reporters de grandes chaînes, elles sont beaucoup moins regardantes quand il s'agit d'indépendants, même quand ils sont plutôt connus, comme Nnoman, Kraland ou Glanz, qui ont eu à subir leurs incivilités. On connait le harcèlement policier et les vexations endurées par ces derniers, en permanence, pour les décourager. Leur travail gêne, puisqu'il montre un trou noir de l'information qui ne plait pas au gouvernement, celui des éventuelles exactions policières, des nombreux éborgnés pour l'exemple, et des actes de sauvagerie de certains ripoux qui s'en donnent à cœur joie, ces derniers temps, assurés qu'ils sont de leur totale impunité, l'intervention de l'iGPN tournant à la farce populaire, objet de dérision national.

Ce trou noir de l'information, celui des violences des forces de l'ordre, qui vont jusqu'à tenter d'intimider les juges en cas de procès de l'un des leurs, est d'autant plus évident et inévitable qu'il s'agit pour certains de casser du contestataire, du gauchiste, du jeune de banlieue, du " racisé... On sait en effet ces corps de fonctionnaires sécuritaires là pénétrés en masse par une idéologie extrêmement droitière, avec laquelle il est à présent démontré que certains collaborent y compris dans l'exercice de leurs fonctions, ce qui est particulièrement préoccupant pour l'exercice démocratique sensé les diriger...

Pourtant, malgré ces évidences, et ces lieux communs pour toute personne préoccupée par la répression inédite de nos libertés fondamentales, plus aigüe que jamais sous Macron, et dénoncée par plusieurs rapports y compris internationaux, le gouvernement choisit de maintenir ce cap dangereux là tout en se prévalant de valeurs démocratiques. Bel exercice d'équilibriste marqué d'une hypocrisie totale, quand on sait ce que l'on sait, et que l'o voit ce que l'on voit tous les jours... Pourtant, par exemple, le droit à l'information n'est-il pas l'un de nos derniers remparts contre la tyrannie ? Nous sommes de plus en plus nombreux à le penser, et à en défendre la possibilité. Et si le complotisme - contre lequel je lutte pourtant frontalement, tant c'est un poison pour notre société - a si terriblement infiltré le mouvement pourtant si hétéroclite des gilets jaunes, c'est bien parce que notre système d'information national est terriblement faussé, et que même à notre petite place, chacun.e peut en constater - surtout à l'heure de l'immédiateté des réseaux sociaux - tous les jours à la fois les méfaits et les illustrations dans notre paysage médiatique perverti. Lequel ne rend plus compte de nos réalités quotidiennes, que les classes dominantes peuvent donc choisir tranquillement d'ignorer, alors que la pauvreté et la précarité s'installent dans ce pays, que près de 60 % de la population renonce à des soins, que 7 français sur 10 ne se chauffent plus, et que la part des dépenses pour le logement est beaucoup plus importante dans les familles les plus modestes.

Cette réalité sociale qu'il est nécessaire de la combattre, et dont la colère froide est en train de couver dangereusement, est rendue encore plus explosive par l'aigreur et l'amertume même laissée dans le sillage de la déliquescence des gilets jaunes, qu'il s'agit de contenir par tous les moyens, y compris en foulant aux pieds ce qu'il nous restait de démocratie. Y compris en niant la réalité, et en promenant le chef de l'Etat dans des décors Potemkine, où toute trace du moindre risque de la plus petite contestation qui soit est désormais bannie. Et c'est ainsi que nait l'idée de classes oisives et dangereuses, qu'il s'agirait de réprimer, elles et ceux qui constituent leurs yeux et leurs oreilles, que d'aucuns choisissent poutrant de vilipender ... malgré sa fonction essentielle, vitale à mes yeux :

les journalistes.

Et après, lire le storytelling grotesque des communicants de l'Elysée selon lequel Macron est allé voir Les Misérables pour se rendre compte de cette réalité sociale là... comme s'il avait vu la Vierge... De qui se moque-t-on ? Ce type serait-il un extra-terrestre ? Rendez-vous à l'évidence : nous ne vous croyons plus. Alors, oui, soyons nos propres médias. Et contribuons ensemble à construire une autre réalité que celle qu'on nous impose....

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